Concentrons-nous sur ce qui va bien
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En France, le marché automobile commence à se redresser. Les clients redécouvrent le chemin des showrooms depuis quelques mois. Alors, bien sûr, nous ne vendons plus le même type de véhicules. Les véhicules des segments A, B, voire C sont désormais les préférés des Français. Et nous savons bien que cela conditionne le niveau de nos marges. Alors, bien sûr, les aspirations des consommateurs ont changées, et ceci dans tous les pays européens : nos clients veulent désormais des véhicules bien dessinés, respectueux de l’environnement, économiques, fiables et consommant toujours moins… au meilleur prix. Alors, bien sûr, nous sommes toujours en crise.
Etymologiquement le mot crise associe les sens de “ décision ” et de “ jugement ”. Une crise suppose donc une prise de décision, une action pour s’en sortir. La crise est une situation insolite caractérisée par son instabilité, qui oblige à adopter une gouvernance spécifique pour revenir au mode usuel et qui, généralement, crée de nouveaux concepts produits et services susceptibles d’améliorer la situation. Force est de constater que cette période trouble a été un vrai moteur à l’innovation et à la créativité dans le couple produit/ service. La crise est aussi un moteur à neurones et synapses très puissant. En fait, lorsque nous nous sommes tous retrouvés le dos au mur, nous avons dû dépasser le quotidien, nous avons dû survivre et dans ces conditions le traditionnel n’existait plus.
Jean-Baptiste de Lamarck disait il y a deux siècles déjà que “ la fonction crée l’organe ”, c’est tellement vrai. Il a fallu imaginer de nouveaux concepts, explorer des pistes que nous avions négligées quand tout allait bien ; le plus souvent “ faire ” ce que l’on avait refusé par paresse, par économie, par non conviction auparavant. Nous avons su faire taire les sirènes qui annonçaient, il n’y a pas si longtemps, la fin du règne de l’automobile. Désolé pour elles, mais nous sommes toujours là. La filière automobile a su se restructurer, s’adapter, en un mot : RÉAGIR ! Même si certaines mesures (je ne les citerai pas ici) n’ont pas arrangé les choses, nous sommes sur la bonne voie. Il n’est pas question de crier victoire. Le climat socioéconomique est toujours très fragile et 2010 sera encore une année de transition. Mais personnellement, je ne connais pas de métier plus passionnant et plus intéressant que le commerce de l’automobile. Nous avons la chance de vivre avec des produits qui évoluent sans cesse en technologie, en style, en performances, etc. Nous avons la chance de commercialiser des produits qui déclenchent encore la passion chez nos clients. Personne ne me fera croire que, dans le futur, nos clients achèteront des véhicules qui n’auront pour fonction que de les déplacer à faibles coûts. Le produit automobile fait partie intégrante de notre vie. Il déclenche des envies. C’est un vecteur et un reflet de notre propre personnalité. Nous avons vécu l’arrivée du diesel, de la climatisation, des tractions avant, l’ABS, l’ESP, etc. Demain, nous saurons aussi nous adapter à l’arrivée des motorisations hybrides, électriques, hydrogènes et à bien d’autres nouvelles technologies. Notre métier évolue sans cesse et nous avons la chance de pouvoir évoluer avec lui.
Je suis très honoré d’être aujourd’hui le rédacteur en chef “ temporaire ” d’Autos Infos. J’ai accepté d’autant plus facilement ce rôle que ce support est destiné principalement à tous les professionnels de l’automobile qui, je pense, partagent mon sentiment par rapport à notre métier.

