Electrique !
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Le 12 novembre, à la faveur d’un déplacement professionnel au cœur de la capitale, je suis tombée sur un exemplaire du journal gratuit 20 minutes. On y découvrait le chiffre du jour “ 25 % ” suivi de la mention : “ de véhicules neufs électriques vendus d’ici à 2050 ”. Le quotidien reprenait un élément d’une étude réalisée par l’ONG Transports et environnement. Ainsi, – enfin diront beaucoup – la presse grand public prend un recul salutaire vis-à-vis du tout bio automobile. Même lapidaire, cette information montre que les médias généralistes cessent de céder aux sirènes excitantes de l’électrisation à tout va. Si la technologie est éminemment attractive, la déification est réellement agaçante. Mais ne vous méprenez pas ! Que de grands constructeurs comme Renault misent sur les véhicules zéro émission n’a rien de stratégiquement douteux. L’automobile est une industrie du pari. Et le losange est joueur. Avant Carlos Ghosn, Louis Schweitzer en avait déjà fait la démonstration. En 1992, ils n’étaient pas nombreux à donner cher du succès commercial de la Twingo (résultat : jackpot), ni, en 2001, de l’Avantime (résultat : banqueroute). Vouloir devenir le chef de file des fournisseurs officiels de – potentiellement – 4,5 millions* de propriétaires de véhicules électriques en Europe est donc une ambition louable. C’est juste que les observateurs qui déambulent dans les coulisses du théâtre automobile aspirent aussi à ce que l’arbre écologique arrête de cacher une forêt d’innovations émérites cristallisées, par exemple, par la technologie EfficientDynamics de BMW. Selon PwC Automotive Institute et Oliver Wyman, le véhicule électrique serait respectivement appelé à représenter 0,5 % du marché mondial de véhicules d’ici à 2015 (3,5 % d’ici à 2025). Ce sont donc, encore et pour longtemps, plus de 99 % d’automobiles équipées de moteurs thermiques qui seront vendues et rouleront sur nos routes. Autant de modèles dont les géniteurs comme les propriétaires n’ont, au passage, pas à rougir, en France, du taux moyen de CO2 qu’ils rejettent, évalué à 140 g/km en 2008. Et si on reparlait des vraies voitures ?
* Chiffre correspondant à 30 % du parc automobile européen qui n’est utilisé qu’à l’occasion de déplacements domicile/école/travail ou le week-end. Renault espère séduire 10 % de ce parc, donc commercialiser 1,5 million de modèles électriques.

