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mercredi 20 juin 2018

La fin de l’autopartage à Paris ?

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Ça charbonne dur entre le groupe Bolloré, la Mairie de Paris et la centaine de communes utilisatrices regroupées au sein du "Syndicat Autolib’ et Velib’ Métropole" (SAVM) au sujet d’Autolib’, le service de voitures électriques en libre-service lancé en 2011. Le groupe Bolloré, réclamerait 233 millions d’euros d’ici à 2023 pour éponger le manque à gagner estimé dans le service de voitures en autopartage proposé aux Parisiens et aux Franciliens de la petite couronne.

Le contrat signé en 2011 indiquait que le groupe Bolloré était tenu de prendre à sa charge le déficit final à hauteur de 60 millions d’euros. Au-delà, le montant devait être remboursé par les communes. Paris, avec la moitié des stations sur son territoire, serait tenu de verser plus de la moitié de la somme.

La majeure partie du déficit constaté serait la conséquence de l’optimisme des prévisions initiales en termes d’utilisation du service. Il faut dire que les véhicules en autopartage ne donnent pas vraiment envie aux utilisateurs, l’état des carrosseries est souvent déplorable et puis ce gris, quelle tristesse. Les intérieurs ne sont pas, non plus, attirants, les véhicules sont souvent sales, et les odeurs de cigarettes fréquentes. Il faudrait probablement une meilleure assistance à ces véhicules mais il faudrait surtout une meilleure attention de notre part, nous, les utilisateurs. Sous prétexte que ces véhicules ne nous appartiennent, nous n’en prenons pas soin et le prochain utilisateur se débrouillera s’il y a quelque chose qui ne va pas. L’état de ces véhicules n’est que le résultat de notre indiscipline et incivilité collective. Cette situation était la même avec le Velib’, souvenons-nous de tous ces vélos cassés, cannibalisés, vendalisés quand ils n’étaient pas, carrément, volés. Il n’y a qu’à regarder le nombre de Velib’ qui ont été "exportés" dans les pays Africains.

Combien de dizaines de millions d’euros ont été investis dans des installations et infrastructures pour ne servir que quelques années. La Marie de Paris a trouvé d’autres partenaires pour Velib’ pour remplacer JCDecaux, c’est pire encore…

Certaines municipalités ont décidé de suspendre leur adhésion au SAVM. C’est le cas de Fontenay-le-Fleury près de Versailles qui a jeté l’éponge en octobre 2016. La commune avait alors indiqué "étudier d’autres systèmes de covoiturage afin de fournir à ses administrés une alternative sans engager financièrement la commune dans une opération à l’économie incertaine". Une réunion a eu lieu récemment à la Mairie de Paris regroupant des constructeurs automobiles, comme Renault, PSA, Toyota, BMW, Volkswagen, Daimler ; des loueurs courte durée avec Hertz, Europcar ou Sixt ; des experts de l’autopartage (Drivy, Ubeeqo, Zipcar, etc) ; ou encore des acteurs du free floating non automobile, que ce soit vélo ou scooter. S’ils sont d’accord sur le principe d’un autopartage sur Paris, beaucoup sont plus frileux pour étendre leur activité à la couronne Parisienne.

Il est plus que temps de trouver une solution au litige actuel, car s’il faut monter un nouveau projet avec d’autres partenaires, n’oublions pas l’échéance du 26 juillet 2024 et rappelons-nous que le choix du C.I.O. avait aussi été basé sur le fait que l’écologie serait au cœur de l’événement. Ça semble mal parti.

Bernard Coste (bc@bernard-coste.com) est membre de Team Auto

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