Après-Covid : Francis Bartholomé, CNPA : "Une relance massive sur 5% du marché du véhicule électrifié serait un coup d’épée dans l’eau"

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A quelques jours de l’annonce du plan de relance automobile français, suite à la crise Covid-19, qui devrait être révélé lundi prochain, le CNPA rappelle dans le plan qu’il préconise qu’il est important de soutenir à la fois les véhicules thermiques en stock dans les réseaux et pas uniquement les 5% du marché des véhicules électrifiés.

© CNPA
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Lors d’une conférence de presse en ligne, à l’occasion de la présentation de son plan de relance R3 pour les services automobiles, Francis Bartholomé président du CNPA a rappelé que « la mobilité est un enjeu majeur pour tous en ce moment dans un contexte d’après-covid. Pour les petites entreprises, il y a vraiment un problème de trésorerie immédiate alors que pour les plus grosses, c’est la fin d’année qui se joue avec des pertes qui seront très importantes. Au niveau du plan de relance, il faut que celui-ci soit immédiat et centré sur la consommation ».

« Les premières mesures annoncées ont été centrées sur l’industrie, il faut soutenir aussi les entreprises de l’aval, notamment au niveau des aides à la modernisation et la digitalisation », explique Francis Bartholomé président du CNPA.

Prolonger les mesures d’aide jusqu’à septembre

Le CNPA demande, tout d’abord, une prolongation des mesures d’urgence et les aides au niveau du chômage partiel jusqu’à l’automne. Demande qui est soutenue par la filière amont. Des questions sont également posées sur les taxes locales sur les enseignes, dont la Tascom sur lesquelles il est demandé une exonération au moins sur les deux à trois mois de fermeture. Un plan qui concerne également des mesures de soutien à l’apprentissage pour la rentrée 2020 sans quoi il y aura une chute importante pour les plus petites entreprises.

Inclure les véhicules thermiques en stock

A travers la prime à la conversion, "il faut une relance massive et globale qui a l’avantage de détruire les véhicules les plus anciens tout en facilitant un renouvellement des voitures". Pour rappel, la PAC concernait déjà les véhicules thermiques en 2018 afin d’être réduite aux seuls véhicules électriques.

Certes, il faut une relance par les véhicules électrifiés mais il ne faut pas oublier les véhicules thermiques. A ce jour, le stock dans les réseaux serait composé à 90% de véhicules thermiques dans les stocks VN et à hauteur 51% dans les parcs VO dont une grande majorité de diesel.

« Il faut être pragmatique sans vouloir remettre en cause les stratégies des pouvoirs publics pour stopper le réchauffement climatique », rappelle Francis Bartholomé.

Dans son plan, le CNPA n’oublie pas que l’entretien du parc automobile joue un rôle majeur. Même s’il y a une reprise de l’après-vente aujourd’hui, des mesures de soutien sont nécessaires pour anticiper des baisses à venir en raison de la chute des ventes actuelles.

Une exception française sur l’environnement et les véhicules électrifiés

Au contraire des autres pays européens, qui soutiennent les véhicules thermiques également, la France, pour des raisons de politique intérieure, fait figure d’exception en privilégiant uniquement les véhicules électrifiés.

Au niveau européen, le Commissaire européen au marché intérieur Thierry Breton a suggéré, le vendredi 15 mai 2020 lors d’une conférence de presse en ligne, que les aides fiscales ne soient pas liées aux seuls critères verts à travers des subventions qui ne concerneraient que des véhicules électriques et hybrides rechargeables. Une position conforme à la réalité des différents marchés européens qui disposent aujourd’hui d’un grand nombre de véhicules thermiques neufs et d’occasion en stock. Des aides qui ne seraient pas incompatibles, selon le Commissaire européen, au maintient des objectifs CO2 en 2020 dans le cadre du Green Deal.

40% de la valeur ajoutée d’un VE pour la batterie

« Nous sommes persuadés qu’une relance massive sur 5% du marché est un coup d’épée dans l’eau », plaide pourtant Francis Bartholomé. Rappelons en effet que le véhicule électrifié ne représente que 5% du marché français et qu’il coûte de 20 à 30% plus cher qu’un véhicule thermique. Un prix qui est justifié par la batterie électrique qui représente 40% de la valeur ajoutée d’un véhicule électrique, batterie produite à 90% par la Chine.

Outre ce plan de relance dévoilé la semaine prochaine, un deuxième train de mesure pour l’automobile serait prévu en septembre prochain.

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