Audi suit VW

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Un scandale éclate chez Audi : en effet suite au « dieselgate » découvert chez Volkswagen en Californie, un autre évènement concernerait l’utilisation d’un logiciel limitant les émissions de CO2 dans certaines conditions d’utilisation. Compte tenu des incidences déjà sensibles, suite à l’affaire du dieselgate VW, avec l’amende record à payer et les futures suppressions de poste (23 000 !), on reste étonné que de telles dérives proviennent de constructeurs leaders.

Audi suit VW

Ces derniers souvent montrés en exemple pour leurs performances, et de surcroît allemands, chantres du respect des règles et autres procédures, font tout pourtant pour maîtriser d’éventuels risques encourus. Les Français souvent reconnus par les Allemands comme « filous », mot connu dans la langue allemande, peuvent profiter de cette rare occasion pour leur retourner la pareille. Cet état de fait, c’est-à-dire contourner la norme, vient à l’encontre de tout ce qui fait le socle de la culture allemande comme par exemple l’obtention d’un consensus avant une prise de décision importante ou le fait de ne pas s’engager plus avant en cas de détection d’un risque à encourir, ce qui a dû être le cas à un moment donné. La suppression des 23 000 postes sur plusieurs années a été entérinée avec les syndicats, avec en compensation la promesse d’embauche de près de 9 000 postes pour le développement de véhicules électriques ; ceci est un point révélateur, impensable dans notre pays et qui devrait nous faire réfléchir sur la nature des relations à avoir, en ces temps turbulents d’élection prochaine. En aurait-il été de même dans notre pays ? C’est-à-dire trouver un accord consensuel pour résoudre une telle situation ? En effet il s’agit pour la marque de retrouver une rentabilité certaine tout en mettant l’accent sur une nouvelle direction technologique.

L’Allemand craint par-dessus tout un environnement instable et pour cette raison essaie de tout prévoir, ce qui dans ce cas s’avère totalement controversé, car la tornade initiée par cette affaire n’a pas encore cessé. Elle a affecté l’entreprise au niveau de son image de marque et de ses ventes.
Qui aurait pensé qu’Audi, marque premium au demeurant, puisse se fourvoyer dans de telles histoires ? Contrairement à ce qu’on a entendu les ventes commencent à baisser et toute l’image de marque résultat d’un travail de dizaine d’années de marketing en pâtit. D’autres marques suivront peut-être ?

Ne sont-ce pas les normes drastiques imposées par Bruxelles à la base de ce méli-mélo ? Les responsables ne sont-ils pas tombés dans une schizophrénie leur imposant un rôle d’équilibriste permanent entre une stratégie industrielle et des objectifs de rentabilité ? On voit là toutes les limites de la gouvernance des entreprises. Toute la question sera de savoir si on tirera un enseignement de tout cela pour contribuer à améliorer l’entreprise dans son ensemble au niveau des relations humaines et se demander si notre modèle global sociétal ne doit pas être revu ? Qui en parlera et surtout le mettra en application ?

Stéphane Colin (colinstephane1@gmail.com ) est membre de Team Auto

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