Automobile : toute l’Europe souffre sauf le Royaume-Uni

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D’après l’Observatoire des marchés des véhicules légers réalisé par le BIPE, les ventes VL se portent bien dans le monde sauf en Europe.

Automobile : toute l'Europe souffre sauf le Royaume-Uni

Dix-sept pays de l’ouest de l’Europe ont été analysés par le BIPE au niveau de leur marché respectif des véhicules particuliers et des utilitaires légers. D’un point de vue conjoncturel, les résultats de fin 2012 ont été décevants. Au dernier trimestre, la zone euro est en effet restée en récession, avec un recul du PIB de - 0,6 % après - 0,1 % au troisième trimestre. Au sein de cette zone, tous les pays ont connu une fin d’année difficile. Aux États-Unis, le PIB a augmenté de 0,1 % en variation trimestrielle, décrochant nettement par rapport aux trimestres précédents. Cependant, des forces temporaires (mouvement de stocks, négociations politiques sur les finances publiques, tempêtes) ont été à l’œuvre et ce mauvais résultat n’est pas annonciateur d’une tendance nouvelle mais plutôt un mouvement conjoncturel. Le BIPE table toutefois sur une reprise progressive dans les pays développés courant 2013, avec une sortie de récession de la zone euro à horizon mi-2013. Les pays émergents devraient quant à eux retrouver une croissance forte, mais les niveaux des années 2000 sont désormais inaccessibles. Au final, en zone euro, le BIPE prévoit un recul de - 0,3 % en 2013 : seul l’Allemagne resterait en positif parmi les grands pays de la zone, mais à bas niveaux (+ 0,6 %). En revanche, le PIB français reculerait de -0,1 % tandis que la contraction serait toujours forte en Italie (- 1,2 %) et en Espagne (- 1,8 %).

Automobile : l’Europe en panne

Au niveau mondial, le BIPE fait ressortir ce même paradoxe entre l’Europe et le reste du monde sur les différents marchés automobiles. Alors que la planète automobile se porte bien – les ventes mondiales de véhicules légers (véhicules particuliers + véhicules utilitaires légers) ont crû de près de 6 % entre 2011 et 2012 –, la vieille Europe souffre : en 2012, les immatriculations ont dévissé de près de - 9 % en Europe de l’Ouest et les perspectives 2013 ne sont guère plus réjouissantes. La correction attendue cette année devrait encore avoisiner - 4 %, portant ainsi le marché européen des véhicules légers à 12,6 millions de véhicules, soit une perte de plus de 4 millions de ventes par rapport à 2007, point haut historique. Trois pays sont particulièrement responsables de cette nouvelle dégradation des performances européennes : à eux seuls, la France, l’Allemagne et l’Italie expliquent les trois quarts de la décroissance anticipée.

France, Allemagne et Italie pèsent sur la décroissance

Toujours selon l’analyse du BIPE, en France, le marché des véhicules particuliers, qui a déjà reculé de - 13,9 % en 2012, n’a pas terminé sa correction. En 2013, les ventes devraient encore chuter de près de - 7 %, à 1,770 million de véhicules, soit le plus bas niveau enregistré depuis 1997, année du contrecoup des balladurettes et jupettes. De son côté, l’Allemagne a relativement bien résisté en 2012 par rapport à ses voisins, avec un repli des immatriculations de véhicules légers limité à - 3 % (vs - 8,7 % en moyenne Europe 17 pays). Mais la dégradation entamée au second semestre 2012 se poursuit et les immatriculations « tactiques » (véhicules de démonstration, 0 km) regagnent du terrain en ce début d’année. Dans ce contexte, les immatriculations de véhicules légers devraient encore décrocher en 2013, de l’ordre de - 4 % sur un an. En Italie, le temps où le marché des véhicules légers oscillait autour des 2,5 millions d’unités par an est bel et bien révolu. Aujourd’hui, en 2013, la réalité du marché se situe plutôt en dessous de la barre des 1,4 million d’unités et le bonus écologique mis en place pour 2013-2014 n’y changera rien. Si l’Espagne ne figure pas dans ce trio de tête, ce n’est pas tant qu’elle s’en sorte mieux que ses voisins, mais bien plutôt que la dégringolade des ventes enregistrée depuis 2007 ne lui permet plus de peser autant dans les performances du marché européen total. En six ans, le marché automobile espagnol aura été divisé par 2,5. Dans ce paysage automobile, seul le Royaume-Uni semble relativement bien tirer son épingle du jeu, même s’il faut, là aussi, remonter à 1996 pour retrouver les niveaux enregistrés en 2012-2013. Après une croissance de + 3,8 % en 2012, portée par le canal ménages, la croissance devrait ralentir en 2013, mais tout de même rester positive, de l’ordre de + 1,7 %.

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