BCA Expertise rejoint l’ANEA

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Le marché de la réparation collision évolue et l’arrivée de BCA Expertise au sein de l’ANEA en est un exemple symbolique. Face à la digitalisation et l’automatisation de l’expertise automobile, les professionnels n’ont d’autre choix que de s’allier pour défendre une profession en danger de mort.

© Auto Infos
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L’arrivée de BCA Expertise au sein de l’ANEA (Alliance nationale des experts en automobile) peut surprendre au premier abord. Pourtant, les deux entités et leurs représentants sont sur la même longueur d’ondes. « Aujourd’hui, s’unir est d’une logique implacable », explique François Mondello, président de l’ANEA. « L’évolution du parc roulant et du marché dans son ensemble nécessitent de regrouper nos forces », complète Jean Prévost, président de BCA Expertise. Pourtant, ce constat évident ne l’a pas toujours été.

Pédagogie interne

BCA Expertise, par son actionnariat constitué des assureurs, a longtemps suscité la méfiance chez les experts libéraux. Deux parties qui se sont longtemps regardées en chiens de faïence, entre suspicion et chamailleries diverses. Une époque révolue pour les deux dirigeants, qui ont dû cependant faire preuve de pédagogie en interne pour expliquer ce rapprochement. « Je ne souhaitais pas être seul à l’origine de cette décision », poursuit François Mondello. « L’adhésion de BCA Expertise a donc été discutée et adoptée par le comité directeur puis par le conseil d’administration. De cette manière, tous les représentants de l’ANEA en région ont compris les raisons de cette arrivée », précise-t-il. « En fait, tout le monde était installé dans une certaine passivité. L’affaire des 5 000 VO illégaux nous a rapproché », raconte François Mondello. « Nous nous sommes retrouvés autour de la même table dans différents ministères et nous avons travaillé ensemble. Nous avons appris à nous connaître et nous avons constaté que nous faisions le même métier », remarque-t-il. « Chaque fois que nous avons travaillé ensemble, nous sommes allés plus loin et plus vite. Les choses se sont donc faites naturellement », ajoute Jean Prévost. « Jamais un assureur ne s’est mêlé de nos discussions », constate François Mondello. Une convergence de vues autour des grands enjeux de la profession, qui ne change rien à la concurrence qui s’exerce sur le terrain. « Chacun des 572 cabinets d’expertise membres de l’ANEA reste concurrent sur le terrain, et BCA Expertise en fait partie », assure François Mondello. BCA Expertise, avec un million de dossiers traités par an et 30 % du marché, reste cependant un acteur de poids. Une adhésion qui témoigne aussi d’un changement des mentalités, encouragé par un risque réel d’extinction de cette profession.

Danger de mort

Comme le remarque Jean Prévost, « la sinistralité baisse de 2 % par an de manière naturelle ». Une évolution globale du marché de la réparation collision qui n’est pas favorable aux experts. Cependant, ce contexte n’est pas le seul point négatif. « Je suis plus inquiet face à la digitalisation de notre métier », affirme François Mondello. « L’intelligence artificielle remplace l’expert. Sur neuf millions de déclarations de sinistres reçues chaque année par les assureurs, quatre millions arrivent jusqu’aux experts », souligne le président de l’ANEA. Le développement de solutions comme Tchek, ProovStation ou Seri s’ajoute aux logiciels de chiffrage automatique et fait planer un réel danger sur le métier d’expert. « Si les dossiers à faible valeur ajoutée vont disparaître, ceux à forte valeur ajoutée ne compenseront pas cette perte », constate François Mondello. « Rejoindre l’ANEA, c’est être plus fort collectivement pour représenter la profession », ajoute Jean Prévost. « L’adhésion de BCA Expertise va changer beaucoup de choses pour l’ANEA. Cela consolide notre représentativité économique et sociale », poursuit François Mondello. « Nous devons porter ensemble des sujets importants pour notre métier et le rendre plus attractif », confirme Jean Prévost. « Aujourd’hui, nous devons pérenniser notre métier, car le risque est qu’il n’y ait plus du tout de marché » constate François Mondello. Tout est dit.

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