BMW ouvre une nouvelle voie avec la mise à jour à distance

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L’automobile devient un appareil électronique mobile, à l’image d’un smartphone ou d’une tablette. Le contenu informatique des voitures et leur connectivité autorisent aujourd’hui des mises à jour à distance. BMW a lancé l’une des plus grandes opérations de ce type en 2020. Une intervention appelée à devenir récurrente et qui ouvre la voie à la vente de services et d’options tout au long de la vie du véhicule.

© BMW Group
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Les analogies entre l’automobile et les appareils mobiles connectés deviennent courantes. L’un des meilleurs exemples est peut-être le développement de la mise à jour des véhicules à distance. Une pratique encore à ses débuts, qui vient de franchir un cap grâce à deux opérations menées par BMW en 2020 au niveau international. Au total, près de 900 000 voitures ont été concernées par cette mise à jour à distance du système d’exploitation BMW Operating System 7.0. Deux campagnes qui ont concerné 26 000 clients français. Pour la première fois en effet, il ne s’agissait plus seulement de mettre à jour une cartographie GPS ou quelques fonctionnalités. L’opération touchait tous les éléments électroniques des véhicules, comme le souligne Olivier Dufieux, chef du service stratégie, planning et processus de BMW Group France. « Nous devions nous assurer que cette mise à jour fonctionne car elle concernait tous les boîtiers de gestion moteur, d’airbags et d’éléments de sécurité ». Ainsi, l’opération consistait à injecter 1 giga de données dans chaque voiture. Un processus qui nécessitait une vingtaine de minutes, afin de mettre à jour un ensemble beaucoup plus complexe qu’une tablette ou un smartphone.

Faire preuve de pédagogie

Le fait de mettre à jour son véhicule n’est pas encore un réflexe courant pour l’automobiliste. Un euphémisme lorsqu’on sait que ce dernier préfère parfois renoncer aux mises à jour de son smartphone ou de son matériel informatique. Les constructeurs doivent donc faire preuve de pédagogie pour encourager les conducteurs à franchir le pas. BMW a donc beaucoup communiqué auprès de ses clients. « La proposition de mise à jour s’affiche sur l’écran du véhicule et nous envoyons un rappel tous les deux jours. Si le client ne souhaite pas procéder à la mise à jour, nous mettons ces pop-ups en sourdine », souligne Olivier Dufieux. En effet, il n’est pas question de contraindre le conducteur à mettre à jour son système d’exploitation. Ce dernier fonctionnera toujours et aucun changement n’interviendra sur sa voiture. Le propriétaire du véhicule est aussi prévenu par l’intermédiaire de l’application My BMW, qui lui notifie la mise à jour. Dans cette campagne internationale, la France figure parmi les pays qui affichent les meilleurs taux de mise à jour. « Nous en sommes actuellement à 10 000 voitures, ce qui est un nombre important. Nous espérons atteindre les 50 % d’ici à la fin de la campagne », remarque le chef de service, qui souligne au passage que sur ce nombre, la marque n’a rencontré que cinq problèmes. Des soucis très vite réglés par BMW Assistance, puisque le constructeur suit en temps réel chaque téléchargement. Un résultat de haut niveau pour une opération d’un type nouveau et concernant plusieurs milliers de voitures dans toute la France. Cependant, pour laisser toute liberté à ses clients, la firme maintient disponible sa mise à jour au-delà de sa campagne de communication.

Nouveaux services à commercialiser

Toute mise à jour doit pouvoir être téléchargée à tout moment selon le désir du client. Un service qui reste accessible lors d’un changement de propriétaire notamment. « Le nouveau propriétaire peut consulter toutes les mises à jour disponibles et doit pouvoir installer ce qu’il veut », poursuit Olivier Dufieux. La marque pourrait même détecter un changement de propriétaire grâce aux informations remontées par le véhicule mais ce type d’action n’est pas encore autorisé. En revanche, ces mises à jour ouvrent un nouveau domaine de services : la vente d’options après la livraison d’un véhicule. « Nous pouvons donner la possibilité d’acheter des équipements qui n’étaient pas encore disponibles lors de l’acquisition du véhicule par exemple. Lorsque la voiture dispose des systèmes adéquats, nous pouvons activer une nouvelle fonctionnalité », explique le chef de service. La marque liste sur son site internet et sur son application toutes les options disponibles en téléchargement, avec leur tarif. « Nous allons bientôt personnaliser ces listes, en indiquant précisément à chaque client ce qu’il peut ajouter sur sa voiture », précise-t-il. La vente de ces options et services a posteriori ouvre un nouveau domaine pour la marque et pour son réseau. « Nous ne voulons pas laisser nos distributeurs au bord de cette route. Ils sont proactifs dans cette démarche en proposant ces services à leurs clients et nous allons les rémunérer pour ça », souligne Olivier Dufieux. Une nouvelle source de revenus s’ouvre ainsi aux constructeurs comme à leurs distributeurs. Une opportunité à saisir pour ne pas manquer le train des services connectés.

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