Bodemer ouvre une plateforme de distribution de pièces de rechange

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Il y a douze ans, l’entreprise bretonne a fait le choix de concentrer ses activités autour de la bannière du groupe Renault, devenant ainsi l’un des plus gros opérateurs de la marque au losange dans l’Hexagone.

Bodemer ouvre une plateforme de distribution de pièces de rechange

Le groupe Bodemer a vu le jour en 1926 lorsque Pierre Bodemer fonde une entreprise de transports qui développe l’un des tous premiers services spécialisés offerts aux constructeurs automobiles. Sous l’impulsion de son fils Claude - aujourd’hui président du Conseil de surveillance - le groupe opère un virage en 1988, date à laquelle la filière de transport est cédée et l’activité de concession développée. Dès lors, le groupe se consacre totalement au commerce automobile et ouvre son premier point de vente Fiat - Lancia - Alfa Romeo à Rennes (35).

Depuis, l’entreprise familiale s’est imposée dans le paysage breton. À la tête de 1 230 collaborateurs, elle dirige 32 concessions réparties sur six départements entre la Bretagne et la Normandie. En 2007, la direction fait le choix du monomarquisme en ne distribuant que les marques du groupe Renault (Nissan, Dacia et Alpine). Un pari gagnant puisqu’en 2018, l’entité a écoulé 34 493 voitures, dont 20 617 VN et 13 876 VO, réalisant un chiffre d’affaires annuel de 659 millions d’euros. Des performances en croissance, qui dépassent les prévisions initialement fixées en termes de ventes et de rentabilités. « L’année aurait pu être encore meilleure sans le mouvement des gilets jaunes, confesse Alain Daher, président du groupe et gendre de Claude Bodemer. Nous n’avons subi aucune agression directe, mais nous avons été fortement impacté en après-vente. Beaucoup de rendez-vous en atelier ont été annulés ou reportés. Cela a également joué sur le portefeuille de commandes. Pour autant, nous réalisons une année en VN et VO tout a fait convenable ».

Une stratégie pertinente

Fidèle à l’Alliance Renault-Nissan, le dirigeant n’a pas pour ambition de représenter une nouvelle marque, ni même de sortir de sa zone de chalandise : « C’est à la fois une particularité et une force. Si je cherche à faire des synergies, c’est plus simple d’en trouver sur un seul groupe, que sur plusieurs. Cela ne veut pas dire que j’ai raison ». Toujours est-il que, pour l’heure, sa stratégie est payante. Et les récents soubresauts qui agitent l’actualité des deux marques ces derniers mois ne semblent pas impacter de quelque manière que ce soit le concessionnaire breton : « Je n’ai pas d’inquiétude concernant l’affaire Carlos Ghosn, cela ne change rien dans la vie de tous les jours. Renault s’est doté d’une nouvelle gouvernance, il continue de fabriquer des voitures et de les livrer. Et puis c’est très loin de la préoccupation de nos clients ».

En 2019, le groupe breton compte avant tout consolider ses activités, renforcer son ancrage territorial, ainsi que sa présence dans le réseau de la marque au losange. Le 26 avril dernier, le groupe Bodemer a racheté auprès du groupe Court trois affaires, auparavant dirigées par Elizabeth Court. L’opération comprend les sites Renault de Carhaix-Plouguer (29) et Lorient (56), ainsi que la concession Nissan de Lorient. Une acquisition qui apporte au groupe familial un volume supplémentaire de 2 000 VN et 1200 VO. « Cette opération de croissance externe va représenter 10 % de notre volume actuel », précise Alain Daher. Elle sera la seule cette année ».

Ouverture d’une plateforme PR

Et pour cause. Tous les efforts ont été concentrés sur le lancement d’une plateforme de distribution de pièces de rechange, inaugurée le 23 avril dernier. Située à Saint-Caradec (22), en centre Bretagne, la structure de 8 000 m2 repose sur un terrain de 20 000 m2. Le premier coup de pioche a été donné en octobre 2018, pour un investissement total de 4,8 millions d’euros. Plus de 20 000 références de pièces y sont regroupées. « Pour Renault, ça sera une première en Europe », se félicite le président, qui œuvre sur ce projet depuis deux ans. Le centre automobile logistique est localisé au carrefour de la Bretagne, à 2h20 tout au plus des concessions et centralise l’espace de stockage des dix sites répartis entre les Côtes-d’Armor et le Morbihan. « Le commerce de distribution de pièces doit passer à la vitesse supérieure, explique-t-il. Nous devons industrialiser et professionnaliser nos process. Avec ce nouveau site, nous multiplions par trois le nombre de références disponibles. Nous avions un taux de service déjà très bon. Nous visons l’excellence. Par ailleurs, cela nous permet également de réaliser une économie de mètres carrés dans les concessions et de réutiliser cette surface à des fins commerciales ».

35 salariés, déjà présents au sein du groupe, ont été affectés sur le nouveau site. « Pour l’instant, nous allons travailler à effectifs égaux, puis nous embaucherons des personnes aux compétences nouvelles comme des responsables logistique, des responsables maintenance, des coordinateurs en approvisionnement etc. Les personnes qui ne nous suivent pas dans ce projet se verront proposer des formations vers de nouveaux métiers ». Grâce aux 200 mètres de convoyeurs automatisés, la plateforme aura la capacité d’approvisionner en pièces de rechange près de 600 clients sur les deux départements. Par la suite, Alain Daher n’exclut pas d’agrandir la structure afin d’élargir son champ d’intervention. Ce dernier prévoit un retour sur investissement d’ici 5 ans.

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