Bras de fer entre les agents Citroën et la marque

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Le Groupement national des agents Citroën (GNAC) remet en cause la politique commerciale de la marque, notamment les conditions de rémunération liées à la vente de VN. Il réclame une revalorisation de ses conditions et menace de blocage.

© tous droits réservés (Le Corre)
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Denis Baeza, président du Groupement national des agents Citroën et DS (GNAC ), prend officiellement la parole pour dénoncer « un constructeur qui n’a plus envie de rémunérer ses partenaires à la hauteur de leur travail ». Il indique que les concessionnaires ont été impactés, mais que c’est leur problème. Sous-entendu, il y a ceux qui ne veulent pas réagir et les autres, les agents, qui n’accepteront pas des rémunérations sans cesse rabotées.

Le groupement propose ses propres conditions

Dans les faits, un agent Citroën perçoit une commission moyenne de 200 euros sur la vente d’un VN, soit entre 0,95 et 1,6 % du prix de vente final ! À rapporter au volume de 65 000 véhicules neufs vendus en 2020 par les agents, au cours d’un exercice compliqué, naturellement. Et au fait que de nombreux agents (environ le trois quart) ne touchent pas les primes de volume, souvent corrélées à des conditions trop aléatoires.

Le groupement a donc demandé une revalorisation à la marque, mais il s’est vu accorder une aumône (entre 25 et 30 euros par véhicule) que Denis Baeza dénonce. Sans fermer la porte au dialogue, il demande aux membres du groupement de ne pas signer les annexes proposées par les DVN, les concessionnaires de rattachement. Le GNAC a rédigé ses propres annexes à faire signer aux partenaires. « Notre proposition reste dans l’enveloppe budgétaire prévue par le constructeur, mais elle intègre une répartition différente entre les commissions attribuées pour chaque voiture neuve vendue et les primes de volume », souligne-t-il.

Les coûts de distribution, objet de crispations

À ses yeux, le constructeur veut baisser ses coûts de distribution, une démarche globale au sein du groupe PSA, mais c’est aller un peu vite en besogne et oublier que les agents font face à des coûts croissants, par rapport à l’électrification, par exemple. Enclin à poursuivre l’activité de vente de VN, génératrice de flux à l’atelier, et à se diversifier vers le VO, le groupement ne veut pas céder sur une revalorisation de ses conditions commerciales. Il s’appuie sur une mobilisation générale des agents : dans l’enquête réalisée cet hiver par le groupement auprès du réseau des agents Citroën, 96 % des réparateurs agréés se disent prêts à un blocage avec la marque.

Ce nouvel épisode du pot de terre contre le pot de fer prend un relief particulier à l’heure où Stellantis est sous les feux de l’actualité, mais il ne faut pas non plus perdre de vue que l’histoire a plusieurs fois démontré que négliger la micro-économie n’était pas un bon calcul.

Pour consulter le message vidéo de Denis Baeza, président du GNAC, c’est ici

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Denis Baeza, président du GNAC.

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