Bridgestone Béthune : Dominique Stempfel (SPP) pointe les discours contradictoires des politiques

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Suite à l’annonce par Bridgestone d’avoir définitivement choisi de fermer l’usine de Béthune, Dominique Stempfel, président du SPP (Syndicat des professionnels du pneu) a fait part de sa déception dans un post sur LinkedIn, assurant que le syndicat était déjà sur le pont pour aider au reclassement du personnel.

© Bridgestone
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Voici le post mis en ligne le jeudi 12 novembre 2020 par Dominique Stempfel suite à l’annonce de Bridgestone d’opter pour la fermeture pure et simple de l’usine de Béthune. Un brin fataliste, il a le mérite d’inciter à une réflexion de fond sur l’arbitrage des priorités. Une hygiène salutaire en ces temps de crises exacerbées et à moins de deux ans d’une élection présidentielle qui verra le site France et sa compétitivité rebrandis à tour de bras.

« Il restait quelques espoirs de sauver l’usine Bridgestone de Béthune. La ministre déléguée à l’Industrie vient d’annoncer que le manufacturier a fermé la porte à un éventuel plan de sauvetage.
La situation de toute l’industrie du pneumatique s’aggrave encore, près de 5 000 emplois auront été perdus en dix ans. Les discours contradictoires et irresponsables : "Il faut éradiquer les SUV de nos routes et taxer fortement les véhicules lourds" et "Il faut fabriquer des pneus plus gros pour rentabiliser les usines" n’aident pas les manufacturiers à définir une stratégie à long terme et à effectuer d’importants investissements.
Nous regrettons sincèrement cette situation, et nous avons une pensée pour les 863 personnes de Béthune et pour leur famille, dont l’avenir est incertain.
À leur attention, le Syndicat des professionnels du pneu a d’ores et déjà mis en œuvre des solutions de reclassement dans certains des 2 000 points de service au pneumatique qui recherchent des collaborateurs et a mis en place des solutions pour assurer leur formation »
.

Pro memoria, rappelons que le cabinet de conseil Accenture, à la demande du gouvernement, avait travaillé sur un plan alternatif qui explorait la possibilité de sauvegarder 460 à 560 emplois directs sur les 840 que compte l’usine. Ce plan reposait sur une montée en gamme de la production, une amélioration sensible de la productivité, et une enveloppe de 100 millions d’euros d’investissements dans de nouvelles machines. Une somme que l’État était prêt à prendre partiellement à sa charge. Las, Laurent Dartoux, directeur général de Bridgestone Europe, a fait savoir que le groupe ne trouvait pas ce plan réaliste, notamment par rapport au problème de surcapacité et de rentabilité. Des arguments qu’on ne peut pas balayer d’un revers de la main, soit dit en passant.

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