Bruno Le Maire prône un déplafonnement du malus automobile

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Invité dimanche sur le plateau de BFM Politique, le ministre de l’Économie et des finances a proposé de déplafonner le malus automobile et préconisé que la publicité pour les voitures soit assortie d’une information sur leur impact environnemental.

Bruno Le Maire prône un déplafonnement du malus automobile

Le 17 novembre, lors de l’émission BFM Politique, Bruno Le Maire, ministre de l’Économie et des finances a émis trois propositions pour l’avenir de l’automobile qui risquent de faire couler beaucoup d’encre.

« Nous sommes en train de perdre la bataille du CO2 avec l’explosion des ventes des véhicules à grosse cylindrée », a-t-il déclaré à cette occasion.

Le ministre en a profité pour lancer trois propositions pour limiter l’impact de ces grosses cylindrées sur l’environnement. Il souhaite, en effet, déplafonner le malus automobile. Rappelant que le système actuel limite le malus à 12 500 euros pour les véhicules atteignant 173 grammes de CO2. « Au-dessus, (le malus) ne progresse plus » et « je propose qu’on le déplafonne », a-t-il ajouté.

Publicité automobile comparée à celle sur le tabac et l’alcool

Bruno Le Maire revient également sur un amendement déjà présenté dans le projet de loi de finances pour 2020, il y a quelques semaines : la publicité sur les véhicules. Ainsi, « comme pour le tabac ou l’alcool », le ministre souhaite « informer les citoyens de l’impact environnemental de ces véhicules dans les publicités ».

Le ministre souhaite enfin « réviser la règle européenne qui lie les émissions de CO2 au poids des véhicules ». Cette dernière proposition se jouera au niveau européen où l’Allemagne aura certainement son mot à dire pour défendre ses grosses cylindrées.

Il est fort possible que ces propositions soient finalement discutées dans le prochain projet de loi de finances pour 2020.

« Les guerres de mouvement de l’automobile ne se gagnent pas derrière les lignes Maginot des taxes », répond le CNPA

Sur son compte Linkedin, Xavier Horent, délégué général du CNPA a répondu aussitôt au ministre : « Un aveu parfaitement exact. Comment espérer remporter une bataille sans plan d’ensemble et en neutralisant ses forces de projection ? Les guerres de mouvement de l’automobile ne se gagnent pas derrière des lignes Maginot de taxes, qui esquivent les vraies batailles en cours : la compétitivité, l’innovation, et la formation », explique-t-il.

Et d’ajouter : « Armées du principe de la neutralité technologique, ce sont celles-ci qui permettront d’être au rendez-vous du CO2 et du climat, tout en maintenant sur le sol national et européen de la valeur ajoutée et des emplois qualifiés ».

Xavier Horent répond avec trois propositions + une à la déclaration du ministre de l’économie :

-  Rompre avec la logique du « toujours plus ». Ce déplafonnement risque d’avoir un rendement voisin de la taxe sur les bateaux de luxe. Il serait au contraire préférable de revoir à la baisse la totalité des montants des malus 2020 ainsi que les impôts de production.

-  Cesser de prendre les automobilistes pour des enfants ; la « dépendance » à l’automobile n’est pas comparable au tabac ou à l’alcool... Il faut une communication équilibrée entre les solutions technologiques et énergétiques, qui correspondent chacune à des besoins et à des territoires différents.

-  Le malus comportant déjà une composante poids, la règle européenne à réviser porte davantage sur la renégociation des pénalités financières qui pèsent sur toute la filière.

-  Faire confiance.

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