CNPA - Vulog : quelles sont les transformations à venir chez les distributeurs ?

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Le business model des 5 000 concessionnaires français répartis à travers le pays est direct impacté par l’émergence de ces nouvelles mobilités.

CNPA - Vulog : quelles sont les transformations à venir chez les distributeurs ?

Face à l’arrivée de nouvelles solutions de mobilités - VTC, plateformes de covoiturage, services en free floating - et la baisse des candidats au permis de conduire, le secteur automobile est touché de plein fouet par une mutation sociale des usages de déplacement. Tous les acteurs du domaine sont impactés, en particulier les distributeurs automobiles, contraints d’évoluer s’ils veulent perdurer.

Pour cette raison, le CNPA et Vulog, leader des technologies de mobilité partagée, ont mené conjointement hier, mardi 26 mars, une conférence portant sur les nouvelles mobilités. L’objectif était de répondre aux interrogations des distributeurs, et plus largement à celles de tous les acteurs de la filière.

Devenir initiateur d’un mouvement

« Ce n’est pas un mouvement de fond, ni un accident de l’histoire, ni quelque chose de marginal, prévient Patrick Pelata, membre du board de Vulog et président de Meta Strategy Consulting. La multiplication des solutions de mobilité est une tendance à long terme ». Ce phénomène contemporain est de plus en plus encouragé par les municipalités qui font face à deux problématiques actuelles : la pollution et la congestion des routes. Pour Xavier Horent, délégué général du CNPA, l’auto-partage est l’une des réponses. « Cette tendance va s’accentuer dans le temps car les villes favorisent progressivement les mobilités douces, complète Grégory Ducongé, directeur général de Vulog. Je vois cela comme une opportunité pour les distributeurs de se réinventer et d’avoir un rôle majeur dans cette transformation. Un concessionnaire possède une connaissance de son marché local, c’est une force indispensable pour pouvoir attaquer de front ce nouveau challenge ».

Pour anticiper et réussir au mieux cette transformation, il est primordial de réunir les acteurs privés et publics appelés « écosystèmes » par Xavier Horent. Cette action permettra de favoriser les alliances sur le long terme et ainsi faire évoluer les métiers de la distribution. « La bonne nouvelle est que nos métiers évoluent mais ne vont pas disparaître, poursuit-il. Nous passons d’une période de crise vers un futur positif car avec ces nouvelles solutions de mobilités, le secteur aura besoin de compétences dans un tas de domaines : véhicules autonome, marketing, RGPD etc ».

Comment devenir rentable ?

Présent sur cinq continents, la société Vulog accompagne acteurs et nouveaux entrants dans leur transformation vers l’auto-partage. Son ambition est d’éliminer à terme l’usage du véhicule personnel dans le monde. Grégory Ducongé encourage les distributeurs présents dans la salle à se lancer dans l’aventure, mais ne manque pas de les mettre en garde face aux obstacles qu’ils rencontreront : « Pour réussir financièrement, il faut avoir des relations avec la ville, avoir une expérience clients solide et utiliser la bonne technologie adaptée aux usages actuels. Les concessionnaires ont plusieurs atouts considérables comme une infrastructure existante, un parc disponible et de la main d’œuvre. Ces trois éléments permettront de diminuer de façon importante le seuil de rentabilité ».

Témoignage et retour d’expérience

Axel Vilaseca, directeur général du groupe Chapat, et dirigeant d’une start-up nommée Troopy, témoigne de son expérience suite au lancement son offre de scooters partagés dans la capitale. Si en avril 2018, le service proposait une trentaine d’engins et réalise pour l’heure 600 locations mensuelles, Axel Vilaseca vise les 5 000 locations par mois d’ici septembre prochain, grâce à une flotte actuelle de 150 scooters qui devrait grossir à 250 d’ici l’été 2019. « Nous avons voulu être acteurs de la mobilité et anticiper les besoins des clients. L’avantage du free floating est qu’au démarrage de l’activité, on peut limiter notre périmètre de location à un arrondissement et non nécessaire à celui d’une ville, puis monter en puissance progressivement ». Fort de son succès, la direction de Troopy envisage désormais de se développer sur le marché européen via le réseau Yamaha.

Suite à cette illustration, signe de réussite, l’un des professionnels présent dans l’assemblée l’interpelle : « Les distributeurs sont perçus comme des garagistes et non comme des fournisseurs de nouvelles mobilités. Comment changer cette image ? ». Ce à quoi Axel Vilaseca répond : « Il faut rapidement démarcher vos communes sur les aides mises en place, tant que les constructeurs n’ont pas de solutions clé en main à proposer. L’avenir des distributeurs en centre-ville aujourd’hui ne tient qu’à un fil. Tout ce qu’on peut prendre en termes de locations et solutions de partage, il faut le faire sans aucune hésitation ». Un témoigne rempli d’espoir pour cette filière auto en proie à l’incertitude.

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