Carlos Ghosn : « Je n’ai pas fui la justice, j’ai échappé à l’injustice »

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Après sa fuite du Japon vers le Liban, terre de refuge, Carlos Ghosn a tenu ce mercredi 8 janvier une conférence de presse à charge contre Nissan et la justice japonaise.

Carlos Ghosn : « Je n’ai pas fui la justice, j’ai échappé à l’injustice »

Promesse tenue. Comme il l’avait annoncé, Carlos Ghosn est sorti de son silence, à 13 h 55 ce jour (heure française), à Beyrouth au Liban, devant un parterre de journalistes triés sur le volet (environ 150, les médias japonais étant quasiment tous exclus). Durant 1 h 15, l’ex-patron de Renault est revenu, d’abord dans un monologue en anglais, sur les conditions de sa détention au Japon et les quatre chefs d’accusation dont il fait l’objet. Puis, il s’est soumis à une série de questions/réponses, alternant ses prises de parole avec la presse en arabe, en français et en anglais. Soit 2 h 30 d’échange au total.

« Je ne suis pas là pour expliquer comment j’ai organisé mon départ du Japon, mais pour quelles raisons », a-t-il mis en garde dès le début de son allocution. « Je ne suis pas ici pour me victimiser mais pour rétablir ma réputation et laver mon nom », a-t-il insisté rappelant qu’il attendait l’occasion de pouvoir s’exprimer depuis 400 jours. Carlos Ghosn est revenu avec chronologie, point par point sur son arrestation à propos de laquelle il assure ne rien avoir suspectée. « Aviez-vous vu que l’attaque de Pearl Harbor allait se produire ? », a-t-il demandé à ceux qui mettaient sa parole en doute.

Ne pas mourir au Japon

À plusieurs reprises, Carlos Ghosn s’est attaqué au système judiciaire japonais, criant dès les premières heures son innocence et affirmant avoir été forcé d’avouer des crimes qu’il n’aurait pas commis. « J’ai été un otage dans ce pays (Japon). Un pays où j’ai servi pendant dix-sept ans ». Le dirigeant déchu cite également le nom de ceux qu’il juge responsable : Hiroto Saikawa (P-DG de Nissan) et Hari Nada, ancien bras droit de l’homme d’affaires.

Après avoir rappelé des conditions de détention difficiles dans les cellules japonaises – « six jours sans contacts humains pendant la période des fêtes », « deux douches par semaine » et des interrogations nuit et jour – Carlos Ghosn a martelé que sa fuite du Japon était nécessaire s’il ne voulait pas mourir là-bas. Selon ses avocats, il aurait dû attendre cinq ans avant d’espérer un jugement et avait 99,4 % de chance d’être condamné. « Je n’ai pas fui la justice, j’ai échappé à l’injustice ».

Enfin, l’ex-président de l’Alliance affirme que les finances de Renault, Nissan et Mitsubishi sont au plus mal depuis sa première arrestation en novembre 2018. « Ils ont perdu plus de 40 millions de dollars par jour pendant cette période ». Avant d’ajouter : « Ils ont voulu tourner la page Ghosn et ils ont réussi car il n’y a plus de croissance ». Plus loin, l’homme d’affaires de 65 ans ne comprend pas que le groupe FCA et Renault n’aient pas fusionné. Un véritable gâchis selon lui. « Ils me décrivent comme avide d’argent mais j’ai refusé de quitter Nissan pour prendre les rênes de General Motors à la demande d’Obama alors qu’on me proposait le double de mon salaire » regrette-t-il.

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