Carsten Isensee (Seat) : « Le deuxième trimestre sera difficile car nous allons ressentir l’impact du Covid »

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A l’occasion d’une conférence de presse, les équipes dirigeantes de Seat ont dévoilé les ambitions de la marque pour les cinq prochaines années. Une étape importante pour la firme espagnole qui célèbre cette année son soixante-dixième anniversaire au sein de l’industrie automobile.

Carsten Isensee (Seat) : « Le deuxième trimestre sera difficile car nous allons ressentir l’impact du Covid »

Il fallait y penser et Seat l’a fait. Loin d’être freiné par les mesures de sécurité sanitaires, Seat a su rebondir en proposant une conférence de presse digitale, en direct et internationale. Si une cinquantaine de journalistes espagnoles ont pris place au sein de la Casa Seat à Barcelone, les professionnels étaient en réalité beaucoup plus nombreux à suivre l’événement depuis leur pays respectif. Menée par Christian Stein, Carsten Isensee et Wayne Griffiths, la conférence a permis de retracer les soixante-dix années de l’histoire de l’entreprise, mais également de faire la lumière sur sa stratégie pour l’avenir.

Alors que Seat affichait une croissance de ses ventes de l’ordre de 6 % sur les deux premiers mois de l’exercice actuel, la pandémie a bousculé les prévisions. « Le premier semestre de l’année a été l’un des plus difficiles et éprouvants dans l’histoire de Seat » souligne Carsten Isensee, président de Seat, avant de poursuivre : « la Covid-19 nous a obligé à revoir toutes nos prévisions ». La marque espagnole a consolidé le premier trimestre 2020 avec un résultat financier de - 48 millions d’euros. « Le deuxième trimestre sera pire car nous allons ressentir l’impact du Covid » prévient le dirigeant. Sur les sites de production, la cadence est presque revenue à la normal. L’usine de Martorell produit 1 900 voitures par jour. Les usines de Barcelone et de Componentes sont également sur le point de retrouver les volumes d’avant-crise. Carsten Isensee constate que les plans de relance mis en place par les différents marchés ont eu un effet bénéfique sur les commandes de véhicules. Il anticipe ainsi une reprise digne de ce nom au cours du second semestre 2020.

Une complémentarité assumée

Lors de la conférence, Carsten Isensee a également insisté sur la complémentarité entre Seat et Cupra, réfutant toute forme de concurrence : « Seat et Cupra sont essentiels pour le développement de l’entreprise. Chacune a un rôle clair, une personnalité, des attributs propres et s’adresse à une typologie de clientèle différente. Elles se complètent donc parfaitement et ne peuvent se substituer l’une à l’autre. Seat est la porte d’entrée du Groupe Volkswagen : nos clients sont plus jeunes et ont en moyenne 10 ans de moins que la moyenne du marché. De plus la plupart sont primo-accédant. Cupra, en revanche, vise un nouveau segment de marché qui se situe entre les généralistes et le marché haut de gamme. Nous sommes convaincus qu’il existe un fort potentiel de croissance parmi les clients qui recherchent le caractère unique de Cupra ». Il ajoute par la suite que « Seat offre à Cupra une base de croissance en volume en matière de production, de R&D et de ressources humaines. De son côté, Cupra permet à Seat de se positionner sur le segment des voitures plus chargées émotionnellement, avec une montée en gamme ».

Depuis le lancement de la marque Cupra en 2018, celle-ci a connu une forte croissance qui a dépassé toutes les attentes, alors même qu’elle s’est développée avec seulement deux modèles (Ateca et Leon). La marque sportive a d’ailleurs pris la décision de s’émanciper en créant son premier modèle incarné par le Formentor. Sa production rythmera le second semestre à l’usine de Martorell. « Les bouleversements qui se produisent dans l’industrie automobile sont une occasion idéale pour l’émergence de nouvelles marques comme Cupra. Nous sommes convaincus que son potentiel est tel que nous pourrons engendrer un revenu d’un milliard d’euro lorsque toute la gamme sera disponible sur le marché » se montre confiant Wayne Griffiths, vice-président des ventes et du marketing de Seat et PDG de Cupra. La production de la nouvelle Seat Leon hybride rechargeable et l’arrivée du Tarraco PHEV sont également prévus sur cette période. « Notre timing est parfait et en accord avec la demande élevée en faveur des voitures hybrides, grâce notamment aux plans d’incitation menés dans de nombreux marchés européens » insiste-t-il.

Un acteur de la mobilité électrique

Sur le plan industriel, Seat compte investir 5 milliards d’euros sur les cinq prochaines années qui seront alloués à des projets de recherches et développement visant à concevoir de nouveaux modèles, mais aussi à l’équipement des sites de production afin de permette l’électrification progressive de la gamme. Seat entend conserver son leadership sur le marché espagnol (le secteur automobile représente 10 % du PIB), mais aussi continuer sa progression sur des marchés stratégiques tels que l’Allemagne, la Suisse, l’Autriche et le Royaume-Uni. Un combat que la marque ne peut pas mener seule estime Carsten Isensee : « Pour garantir l’avenir de l’industrie automobile en Espagne, nous avons besoin de la collaboration des collectivités centrales, régionales et locales. Nous n’y parviendrons pas seuls ».

La production des véhicules électriques sera donc attribuée à l’usine de Martorell à partir de 2025. Jugée comme une décision tardive par certains journalistes, Carsten Isensee évoque la maturité du marché de la voiture électrique pour justifier cette échéance. En parallèle, l’entreprise espagnole va également travailler sur le développement de l’entité de mobilité Seat Mo. Celle-ci a dévoilé il y a trois semaines le 125 eScooter 100 % électrique et la trottinette eKickScooter 65, qui doivent être pensés comme des « options complémentaires aux transports publics » selon Wayne Griffiths. Dès demain, Seat Mo lancera un nouveau service de mobilité avec abonnement à Barcelone. Tout compris (entretien, assurance et recharge), celui-ci permettra de louer un scooter électrique au jour, à la semaine ou au mois, avec un abonnement sans engagement de 149 euros/mois à partir de trois mois de location. Toujours à Barcelone, Seat Mo va également lancer un service de partage avec des scooters Seat Mo 125. « Barcelone sera notre terrain de jeu pour les solutions de mobilités avant que nous les propositions au monde entier » conclut-il.

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