Citroën lance son ovni Ami

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Citroën se lance sur un nouveau segment de marché avec la commercialisation d’Ami, quadricycle à moteur électrique destiné aux déplacements quotidiens en milieu urbain et péri-urbain. Un véhicule basique, qui s’intercale entre le deux-roues motorisé et l’automobile.

© Citroën/Stéphane sby Balmy
© Citroën/Stéphane sby Balmy

Ami n’est pas une voiture. Malgré la présence de quatre roues, d’une carrosserie et d’un moteur, ce véhicule est un quadricycle 100 % électrique. Son moteur de 6 kW lui offre une vitesse de pointe de 45 km/h, soit l’équivalent d’un scooter thermique de 50 cm3 ou d’un deux-roues électrique de même catégorie. Ainsi, comparer Ami à n’importe quelle voiture n’a pas de sens. Ses concurrents directs sont bien des deux-roues motorisés et des véhicules sans permis. « Ami s’adresse à des gens qui ne souhaitent pas ou ne peuvent pas se mettre au deux-roues pour leurs déplacements quotidiens », explique Arnaud Belloni, directeur marketing de Citroën. Proposé à partir de 6 900 euros, bonus non déduit, Ami constitue une solution unique sur le marché de la mobilité électrique. Un tel modèle nécessitait donc un nouveau mode de commercialisation. Visible dans une quarantaine de magasins Fnac et Darty, Ami n’est présente physiquement que dans une centaine de points de vente volontaires du réseau Citroën. Au-delà de cette présence physique, qui permet non seulement de voir le véhicule mais aussi de l’essayer, le seul canal de vente reste Internet.

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© Citroën/Stéphane sby Balmy

Vente uniquement par Internet

Le client intéressé par Ami n’a qu’une seule solution pour acheter ce modèle : le site internet spécifique déployé par Citroën depuis le mois de mai. Un portail sur lequel il peut choisir l’un des quatre niveaux de finition et le mode d’achat ou de location. En effet, Ami peut être payée comptant ou louée en LLD selon une formule très flexible. Le client peut ainsi choisir d’effectuer un premier versement plus ou moins élevé, afin d’avoir des mensualités situées entre 20 et 78 euros pour la version de base et 40 à 110 euros pour la finition la plus haute. Les acheteurs désireux de s’approprier le véhicule doivent débourser entre 6 000 (bonus de 900 euros déduit) et 7 360 euros (bonus de 900 euros déduit). Parallèlement à ce portail, Ami est disponible en location au sein de Free2Moove. Une centaine d’exemplaires s’apprêtent ainsi à arpenter les rues de Paris dans un premier temps.

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Mission urbaine accomplie

Volant en mains, après avoir ouvert la porte « suicide », le conducteur s’installe sur un siège au confort rudimentaire. Assis quasiment sur le train arrière, l’impression de conduire depuis les places arrière est bien présente, même s’il n’existe pas de places arrière. Porte « suicide », structure métallique apparente et vitres relevables en deux parties rappellent une certaine 2cv. Une évocation renforcée par l’unique couleur disponible, proche de celle arborée par les premières 2cv. Un demi-tour de clé et un appui sur le bouton D situé à gauche du siège conducteur permettent de se mêler à la circulation. Malgré la puissance limitée, les démarrages restent efficaces et personne ne klaxonne lorsque le feu passe au vert. En revanche, les irrégularités de la chaussée remontent directement dans les lombaires, plus par la faute d’un siège digne d’un bus urbain des années 80 que par une mauvaise suspension. Le coussin en accessoire risque d’être indispensable, tout comme le rideau occultant pour le toit fixe en verre, afin d’éviter toute surchauffe des occupants en plein été. Des accessoires que Citroën souhaite multiplier pour améliorer l’ordinaire de son Ami. Sur le trajet parisien concocté par la marque, l’Ami démontre cependant ses avantages en matière de gabarit. En cette période de lancement du modèle, seule une Lamborghini orange attirerait autant l’attention dans les rues de la capitale. Sa motorisation électrique devrait cependant offrir un plus bel avenir à l’Ami dans les grandes villes qu’au bolide italien.

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Des limites à connaître

Cet outil de mobilité reste cependant limité par ses caractéristiques techniques. Le client doit donc en être conscient lors de l’achat. Dotée d’une batterie de 5,5 kW, l’Ami annonce une autonomie de 75 kilomètres. Un rayon d’action qui se réduit assez vite dans des conditions de conduite classiques. Cependant, sa recharge complète prend 3 heures sur une prise 220 V. Un adaptateur disponible en option permet de se brancher sur les bornes publiques. Son statut de quadricycle accessible à partir de 14 ans grâce à un permis AM, lui interdit en revanche l’accès aux grands axes routiers. Actuellement, 1 000 commandes auraient été enregistrées par Citroën. Des clients plutôt CSP+, pour leurs déplacements personnels ou pour motoriser un adolescent. La vague suivante d’acquéreurs pourrait être différente. Elle devrait aussi inclure des flottes et des entreprises, dans le cadre d’utilisations adéquates. Avec Ami, Citroën poursuit sa tradition de constructeur pionnier, avec ses réussites et ses échecs. L’avenir dira dans quelle catégorie se rangera l’Ami.

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