Confinement 3 : les concessions automobiles sauvées par le gong

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Les concessions automobiles pourront finalement rester ouvertes sur rendez-vous uniquement pendant ce troisième confinement. Une respiration salutaire que les distributeurs doivent au CNPA qui s’est fortement mobilisé en coulisses depuis l’annonce du nouveau confinement le 18 mars.

© Auto Infos
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Mise à jour 19/03/2021 à 22 heures

D’après un communiqué de Bercy tombé à 22 heures le vendredi 19 mars, les concessions automobiles font partie des établissements qui peuvent rester ouverts pendant le confinement au même titre que les librairies, disquaires, salons de coiffure, magasins de bricolage, magasins de plantes et de fleurs, chocolatiers, cordonniers et visites de biens immobiliers. Au total, près de 90 000 commerces fermeront à cette occasion (en incluant les quelque 25 000 commerces déjà fermés dans les centres commerciaux sur l’ensemble du territoire national). Une communication confirmée quelques heures plus tard dans un décret n° 2021-296 du 19 mars 2021 modifiant le décret n° 2020-1310 du 29 octobre 2020, qui prescrit les mesures générales nécessaires pour faire face à l’épidémie de covid-19 dans le cadre de l’état d’urgence sanitaire.

Ouverture sur rendez-vous uniquement

Cette ouverture des points de vente automobiles se fera uniquement sur rendez-vous. En cas de contrôle, le professionnel devra prouver que la prise de rendez-vous a précédé l’arrivée et l’accueil du client. Une ouverture possible que les distributeurs doivent au CNPA qui a réussi à convaincre le gouvernement de ne pas laisser la distribution automobile s’enfoncer encore un peu plus dans la crise.

« Le travail de pédagogie mené par le CNPA mais aussi le sérieux de la profession ont permis de convaincre sur le fil le gouvernement, explique Xavier Horent, délégué général du CNPA. Nos entreprises seront à la hauteur malgré toutes les difficultés d’un contexte instable, et sont aussi solidaires avec tous les commerces qui ne bénéficient pas de cette autorisation d’ouverture. Il faut rapidement redonner une perspective à tous les acteurs économiques dans leur ensemble, et, de ce point de vue, la politique sanitaire et économique la plus efficace, c’est le vaccin ».

Reste à savoir si cette ouverture sur rendez-vous pourra amortir un peu le troisième confinement. Le printemps 2021 risque d’être très compliqué pour les ventes automobiles. Le marché, en recul sur les deux premiers mois de l’année, devrait subir encore une forte baisse sur l’ensemble du premier trimestre.


Suite aux annonces du Premier ministre, le 18 mars 2021, un confinement 7j/7 est décidé dans seize départements à compter de ce vendredi soir minuit et pour une durée de quatre semaines. Ainsi, l’ensemble de la région Île-de-France, de la région des Hauts-de-France, les départements des Alpes-Maritimes, de Seine-Maritime et de l’Eure passent en confinement.

« Cette communication (du gouvernement) est confuse et inquiétante »

« C’est un terrible retour en arrière, avec la restauration d’une absurdie administrative basée sur le caractère essentiel ou non des activités, a réagi Xavier Horent, délégué général du CNPA. Les impacts seront considérables, le gouvernement étant incapable de dresser les modalités d’une possible sortie de crise qu’il avait pourtant lui-même évoqué en début de semaine. Cette communication est confuse et inquiétante ».

Seuls « les commerces vendant des biens et services de première nécessité seront autorisés à ouvrir » ; la notion de bien de première nécessité sera étendue au livre et à la musique pour permettre aux disquaires et aux libraires de rester ouverts. À cela s’ajoute l’ouverture des salons de coiffure.

La question de la fermeture des concessions automobiles est encore une fois posée. Lors du second confinement, une fermeture administrative avait été décidée tout en laissant la possibilité d’un click & collect concernant les véhicules déjà commandés.

Un flou général sur le périmètre des secteurs autorisés

Depuis quelques heures, le CNPA s’active pour avoir des réponses et faire des propositions pour défendre les intérêts de la filière aval. Après une première réunion, ce vendredi à 9 heures avec le ministre en charge des PME, Alain Griset, un flou général manifeste perdure sur le périmètre des secteurs autorisés à ouvrir - avec cette nouvelle notion d’activités de première nécessité.

Texte et décret attendus d’ici à la fin de la journée

Aucun texte ne devrait être publié avant la seconde partie de journée, au plus tôt, voire cette nuit, par voie de décret plutôt que par des arrêtés préfectoraux.

« Sauf surprise, le périmètre de nos métiers autorisés à ouvrir devrait rester stable par rapport aux modalités définies lors du second confinement et aux textes publiés dans le Pas-de-Calais et les Alpes-Maritimes, explique le délégué général du CNPA. Nous plaidons en faveur d’ouvertures élargies, en particulier au niveau de la distribution ou des écoles de conduite, tout en veillant aux possibilités de l’appareil de formation initiale et continue ».

« Les aides de l’État devront être à la hauteur des sacrifices effectués »

Pour Xavier Horent : « Au stade actuel, à l’instar des arrêtés pris dans les départements du Pas-de-Calais et des Alpes-Maritimes, les dispositions indiquées hier soir présagent à nouveau d’un périmètre strict des activités dites de “première nécessité”, et, par conséquent, à l’exclusion de certains secteurs tels que la distribution. Les aides de l’État, indispensables, devront donc être à la hauteur des sacrifices effectués par les entreprises et leurs équipes, toute modulation des mesures de soutien évoquée lors de la dernière conférence sociale en début de semaine par le Premier ministre étant de fait sans objet compte tenu d’une situation générale non maîtrisée ».

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