Controletechniquegratuit.com en manque d’acheteurs de données

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La start-up Controletechniquegratuit.com se retrouve en bout de course faute d’acheteurs de données. Un résultat en contradiction avec l’importance supposée de la data aujourd’hui.

Controletechniquegratuit.com en manque d’acheteurs de données

Jonathan Haberstrau, fondateur du portail Controletechniquegratuit.com, se retire de la société. S’il reste à la recherche d’un repreneur, le dirigeant reste réservé sur l’état du marché actuel de la donnée dans l’automobile. L’explication mérite un retour en arrière. Le portail Controletechniquegratuit.com a vu le jour en 2015 pour récolter des données. Grâce à un partenariat avec des centres de contrôle technique, le site promettait un contrôle gratuit à tous les internautes qui acceptaient de fournir des informations en lien avec leur véhicule, leurs habitudes d’entretien et leur assurance. La start-up avait convaincu plusieurs investisseurs, avec une dernière levée de fonds de 2,7 millions d’euros au mois de mars dernier. Cependant, le marché aurait fait défaut selon Jonathan Haberstrau. « Nous sommes passés de 400 contacts par semaine à 1 800 depuis quelques mois. Nous ne trouvons pas d’issue pour ces données supplémentaires. Nous perdons donc de l’argent sur chaque contrôle technique », explique-t-il. Si les internautes paraissent intéressés par cet échange, les acquéreurs de données ne se bousculent pas. « Nous sommes certains du potentiel de cette activité dans l’avenir mais pour le moment, le marché n’existe pas », conclut Jonathan Haberstrau. Un constat en décalage avec l’effervescence générée par la data et son importance croissante dans toutes les activités commerciales.

Tout ne va pas si mal

Le traitement et l’utilisation des données clients occupent le devant de la scène dans de nombreux secteurs de l’économie. L’entrée en vigueur du règlement européen sur la protection des données personnelles a permis de déterminer un cadre légal. « Le marché de la data dans le monde est estimé à 26 milliards d’euros pour 2019. La France est au cinquième rang avec une projection de 400 millions d’euros pour l’année prochaine, ajoute-t-il. Cependant, l’essentiel de ce volume est réalisé par des entreprises comme Salesforce ou Oracle ». Depuis 2015, près de 80 000 personnes auraient transmis leurs données à la start-up, avec une nette accélération ces derniers mois. « Les acteurs de l’après-vente n’ont pas suivi. Nous n’avons jamais réussi à commercialiser les informations générées par les 170 000 factures d’entretien et de réparation collectées », constate le dirigeant. Loin de renvoyer la faute vers des clients en manque de clairvoyance, Jonathan Haberstrau reconnaît que « le marché n’en a pas besoin ». Le dirigeant fait un parallèle avec l’échec des boîtiers OBD, « qui sont confrontés à l’absence d’un marché ». Si les constructeurs investissent dans l’acquisition de données, « les budgets partent chez Google ou Facebook mais pas chez des acteurs comme nous », regrette-t-il. « Si la data est le pétrole du XXIe siècle, encore faut-il que le marché en ait besoin », conclut le dirigeant. Une pensée à méditer pour tout chef d’entreprise.

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