Crise sanitaire et reconfinement : le CNPA détaille ses préconisations

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Comme prévu, un Comité stratégique de la filière automobile s’est réuni le vendredi 6 novembre 2020. L’occasion pour le CNPA de préciser ses recommandations, notamment l’ouverture des showrooms automobiles, et de militer pour un plan de soutien dédié aux services de l’automobile et de la mobilité.

© CNPA
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Afin d’étayer ses demandes exprimées en Comité stratégique de la filière, le CNPA a d’abord posé des données de cadrage qui valent mieux que bien des discours. Ainsi, une semaine après le début du nouveau confinement, certes assoupli par rapport au premier, on constate une baisse de 70 % de ventes de VN et de 90 % de ventes de VO. « Si le flux de livraisons de véhicules commandés de longue date se maintient (grâce au click and collect), le flux entrant se situe à un niveau en chute libre depuis quelques jours », précisent les dirigeants de l’organisme professionnel. De même, au niveau de la demande, les appels de clients en concessions subissent un abrupt repli de 60 %. En outre, une baisse de 30 % de l’activité d’entretien-réparation (voire de 50 % pour la carrosserie) est déplorée. Et les carnets de rendez-vous des ateliers sont remplis à seulement 20 % pour la deuxième semaine de confinement.

Dès lors, le CNPA met en avant cinq mesures pragmatiques pour faire face à la crise.

1/ Ouvrir les showrooms automobiles avec des mesures sanitaires renforcées

« Le CNPA demande la réouverture des showrooms des concessions avec des mesures sanitaires renforcées (10 m2 par client). Le classement réglementaire des concessions permet de gérer la réduction de la densité de clientèle et d’assurer le respect de consignes sanitaires renforcées. Le CNPA prend acte de la tenue d’un Conseil de défense dans le courant de la semaine prochaine, où ce point fera l’objet d’arbitrages ».

2/ Lever toute ambiguïté dans les autorisations de sortie

« Le CNPA demande la suppression de la notion de “première nécessité” dans l’attestation dérogatoire de déplacement. Les clients peuvent se rendre dans les établissements qui ne sont pas fermés administrativement. Aucune confusion ne doit être possible sur ce point, pour les consommateurs comme pour les forces de l’ordre, et ce dans l’ensemble des métiers de l’automobile autorisés à ouvrir. Enfin, le CNPA attend des clarifications importantes pour certains métiers tels que les stations-service ou le lavage automobile, placés dans une situation d’ambiguïté depuis l’instauration du second confinement ».

3/ Prolonger et renforcer les incitations à l’achat de véhicules propres

« Les 200 000 primes à la conversion déployées de juin à août 2020 en réponse au premier confinement avaient connu un réel succès. Elles répondaient à une attente des consommateurs et à la nécessité de relancer l’activité du secteur (services et industrie). L’intérêt du dispositif est double : il permet, d’une part, de soutenir l’activité de l’ensemble de la filière automobile en augmentant les ventes et, d’autre part, d’accélérer le renouvellement du parc automobile français conformément aux objectifs du gouvernement.
Le Comité stratégique de la filière automobile accueille favorablement le principe de proroger les dispositifs existants de six mois, comme le soutenait le CNPA, qui prend acte de ces orientations, tout en soulignant l’importance d’une communication positive pour garantir un flux de clients dans la durée et sans à-coups.
Le CNPA demande une prorogation des dispositifs d’aides à l’achat à l’attention des ménages sur 2021, au-delà du 1er janvier 2021, et pour les six prochains mois :
- la pérennisation de la prime à la conversion dans sa version actuelle (incluant les véhicules Crit’air 2)
- la prorogation du bonus écologique dans sa version actuelle (7 000 euros pour les particuliers et 5 000 euros pour les personnes morales).
Sauver la filière automobile doit également permettre de tenir le cap de la transition écologique, notamment par le renouvellement des véhicules des ménages les plus modestes. L’arrêt sans doute prématuré du dispositif “bonifié” de la prime à la conversion en août 2020 devrait permettre de dégager des marges de manœuvre budgétaires supplémentaires à l’Etat en cette fin d’année »
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Le CNPA demande :
- une neutralisation en 2021 du malus, en maintenant les barèmes de l’année 2020. Il ne serait pas raisonnable d’augmenter la fiscalité automobile dans un contexte de crise, imprévisible pour l’ensemble des entreprises de la filière, comme pour l’ensemble de ses clients. Il ne faut pas ajouter des difficultés aux difficultés.
- la confirmation d’un rapport d’évaluation, remis au Parlement par le gouvernement, des dispositifs d’aides à l’achat, tel qu’adopté par l’Assemblée nationale dans le cadre du PLF 2021.

4/ Permettre aux auto-écoles d’ouvrir et de finaliser la formation des candidats au permis de conduire

« Le CNPA demande à ce que les auto-écoles puissent dispenser des leçons de conduite afin de permettre aux élèves de parachever leur formation avant l’examen ».

5/ Mettre en place un plan de soutien dédié aux services de l’automobile et de la mobilité (142 000 TPE et PME, pour quelque 500 000 emplois)

« Un nouveau plan de soutien doit être anticipé par les pouvoirs publics, au travers de deux axes :
- La création de dispositifs d’aides complémentaires : aide à l’entretien-réparation du parc roulant, soutien à la location de véhicules propres, soutien aux start-up de la mobilité (soutien au programme d’accélération Moove Lab, éligibilité des start-up aux mesures économiques de soutien dédiées aux secteurs protégés, …).
- L’éligibilité des services au Fonds de modernisation aujourd’hui réservé à l’industrie : digitalisation des services, déploiement des bornes de recharge, déploiement des énergies propres et diversification des stations-service, modernisation des process de recyclage…
Le CNPA demande la mise en place d’un plan de soutien orienté vers les services de l’automobile et de la mobilité.
La filière automobile ne peut se résumer à l’industrie. Les véhicules produits doivent être vendus ou loués, réparés, stationnés, etc. sans quoi l’ensemble de la filière sera mis à l’arrêt. Le plan de soutien à la filière doit marcher sur ses jambes, autour d’une stratégie équilibrée »
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