Daimler prône de jouer cartes sur table sur les pertes d’emploi liées à l’électrification des véhicules

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Après les remous provoqués par l’étude Ifo pour le VDA au sujet des destructions d’emplois liées au passage aux véhicules électriques, Ola Källenius, directeur général de Daimler, a estimé qu’il fallait avoir une discussion honnête sur le sujet. Un sujet qui va devenir très sensible.

Ola Källenius, patron de Daimler. (DR / Daimler)
Ola Källenius, patron de Daimler. (DR / Daimler)

Pour Ola Källenius, patron de Daimler, si l’Union européenne veut accélérer le processus de transition énergétique vers des véhicules ne polluant pas, elle ne doit pas s’exonérer d’un débat transparent sur l’impact de l’électrification sur les emplois du secteur automobile.

Précisant qu’il ne s’agit pas d’une menace, Ola Källenius souligne que son groupe est favorable à la transition énergétique et qu’il s’est déjà engagé dans cette voie, mais il demande une discussion honnête et transparente au sujet de son volet social. Sous-entendu à peine voilé : responsables politiques et associations, ne venez pas nous reprocher une réduction des effectifs dans quelques années.

Le dirigeant ne cache pas son jeu : « Chacun sait qu’il faut plus de temps et de main-d’œuvre pour assembler des véhicules thermiques, notamment le groupe motopropulseur, que des véhicules électriques ». Dans les usines de moteurs, la casse sociale pourrait être lourde, Joerg Hofmann, dirigeant syndical allemand du puissant IG Metall ayant mis en garde contre un « fiasco annoncé sur l’emploi ». L’étude Ifo présentée par le VDA faisait état d’un facteur risque réel portant sur 100000 emplois en Allemagne d’ici 2025…

« C’est une situation qu’il ne faudra pas faire mine de découvrir, elle est déjà sous nos yeux », a asséné Ola Källenius, tout en appelant à une responsabilité sociale des différents acteurs, histoire de faciliter les reconversions professionnelles et de stimuler la création de nouveaux emplois, notamment dans le domaine des logiciels. Mais nul n’ignore qu’il n’est pas aisé d’accompagner la reconversion d’un opérateur de 50 ans, spécialiste des blocs essence ou diesel, vers un métier de développeur ou d’informaticien. C’est ce chapeau là qu’Ola Källenius ne veut pas qu’on fasse porter à Daimler dans quelques années. Ses homologues, pas seulement en Allemagne, seront vraisemblablement sur la même ligne.

(avec Reuters)

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