Décès de Jacques Calvet

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Jacques Calvet est décédé le 9 avril, à l’âge de 88 ans. « Grand patron » médiatique, il a notamment dirigé le groupe PSA entre 1984 et 1997.

Capture d'écran Citrovidéo
Capture d'écran Citrovidéo

Si le nom de Jacques Calvet n’évoque rien aux jeunes générations, ce « grand parton » est resté dans la mémoire de nombreux français. Au-delà des amateurs d’automobile, les millions de téléspectateurs des Guignols de l’Info sur Canal+ n’ont pas oublié sa marionnette essoufflée, arrivant toujours sur le plateau retardée par un problème de « ouature »
Au-delà de cette caricature, Jacques Calvet a dirigé le groupe PSA de 1984 à 1997, entre tempêtes et réussites. L’une de ses plus belles réussites restera sans doute la transformation de Peugeot et Citroën en PSA, au-delà des simples appellations. Un défi remporté grâce à une main de fer pas toujours gantée de velours. En interne, les plus anciens s’en souviennent, aussi bien parmi les cadres dirigeants que les représentants syndicaux.

Du public au privé

Formé à l’ENA, ce boulonnais a débuté sa carrière de haut fonctionnaire à la Cour des Comptes, avant de devenir un proche collaborateur de Valéry Giscard d’Estaing. Après ces années au service de l’Etat, Jacques Calvet arrive au sein de la BNP, qui n’est pas encore une banque privée. Il en deviendra directeur général en 1976, puis président quelques années plus tard, peu de temps avant l’arrivée de François Mitterrand à la présidence de la République. Une élection à laquelle Jacques Calvet ne survivra pas très longtemps professionnellement. Ce bouleversement politique précipitera son arrivée dans le privé, au sein d’un groupe PSA Peugeot Citroën en difficultés financières.

Croissance et diète

Jacques Calvet devient ainsi président du directoire de PSA Peugeot Citroën en 1984. La firme est alors l’agrégation plus ou moins forcée de Peugeot et Citroën, avec des mentalités très différentes au sein des deux marques. Peu soucieux des susceptibilités de chacun, le nouveau patron veut faire marcher tout le monde au même pas. Les amoureux de Citroën l’accuseront d’avoir étranglé la créativité de la marque. Les syndicalistes n’oublieront pas les milliers de licenciements. Un « cost-killer » avant l’heure diront certains.

Peugeot 205 et Citroën AX

Dans les années 80, Jacques Calvet arrive au sein d’un groupe hétérogène mais non dépourvu de talents. En 1982, Peugeot présente un nouveau modèle sur un segment important : la 205. En 1986, Citroën lance l’AX. Si toutes les voitures du groupe ne sont pas des modèles de fiabilité, d’où les problèmes de « ouature » de sa marionnette au sein des Guignols, le patron surfe sur le succès commercial et populaire de ses citadines. Des résultats qui galvanisent sa verve naturelle. Le « grand patron » devient ainsi de plus en plus médiatique, en décalage avec une famille Peugeot attachée au capitalisme protestant. En ferraillant contre les socialistes, les technocrates européens, les constructeurs japonais et certains journalistes, Jacques Calvet devient le Don Quichotte de l’automobile française. Un rôle qu’il se plaira à jouer jusqu’à son départ en 1997.

L’hommage de Carlos Tavares

Jacques Calvet s’est éteint à Dieppe, jeudi 9 avril. Ses obsèques se dérouleront dans la plus stricte intimité familiale selon les propos de son fils à l’AFP. Il restera une personnalité importante de l’industrie automobile française et indissociable de l’histoire du groupe PSA. Un « grand patron » à l’ancienne, entre paternalisme et autoritarisme. Le constructeur n’a pas manqué de saluer sa mémoire, à travers les mots de son président actuel, Carlos Tavares. « Je tiens à saluer la mémoire de ce grand capitaine d’industrie qui nous quitte, doté d’un rare courage et d’une détermination sans faille qui doivent nous inspirer ».

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