Décès de Vito Tambone à l’âge de 65 ans

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Vito Tambone est décédé dimanche 5 juillet des suites d’une longue maladie. Il était âgé de 65 ans. Cette figure de la distribution automobile a œuvré au sein de différents groupes pour prendre en mains des établissements Peugeot, Mercedes-Benz, Toyota mais surtout BMW. Une marque qu’il a bien connu, notamment au sein du groupe Cloppenburg.

Crédit photo : Famille Tambone
Crédit photo : Famille Tambone

Vito Tambone est décédé dimanche 5 juillet des suites d’une longue maladie à l’âge de 65 ans. Ce dirigeant bien connu au sein de la distribution automobile a débuté sa carrière en tant que vendeur dans la concession Carles & Fils de Yerres (91). Ses bons résultats attirent l’attention de la famille Ferreira, qui le recrute pour prendre en mains les ventes de ses points de vente Renault Villeneuve St Georges (94) et Quincy-Sous-Sénart (91). Il passe ensuite chez Renault Pompe où il se fait remarquer par le groupe CICA, qui lui offre sa première place de management chez Peugeot NCA à Bondy (93). Sa personnalité et sa capacité à fédérer les équipes lui permettent de franchir une marche supplémentaire en prenant la direction de la concession Mercedes-Benz de St-Herblain, récemment acquise par le groupe. Il rentabilise cet investissement en moins de cinq ans. Plus qu’un directeur de site, il devient le « cost-killer » du groupe CICA, qui lui confie le redressement de ses concessions en difficultés. Il passe ainsi par Toyota Marseille puis à nouveau au sein de Peugeot Bondy (93), avant d’arriver chez Mercedes HSA (92).

Entrée dans l’univers BMW

Encouragé par ses expériences positives au sein de différentes entreprises, il souhaite tenter l’aventure de l’entrepreneuriat et cherche une concession à reprendre. L’établissement BMW VPA Athis-Mons (91) est en difficulté et Vito Tambone soumet son projet au tribunal pour la reprise de l’affaire mais il se retrouve au coude à coude avec le groupe SEFICO BERGE. Sur le conseil de BMW France, Frank Gentin lui propose alors de redresser la concession qu’il vient de racheter. Ce challenge constitue le point de départ de ce qui est aujourd’hui BMW Indigo Juvisy (91). Cette relance réussie, Frank Gentin lui confie Horizon Paris, qui comprend les sites BMW de « la Tombe Issoire », de MINI « Boulevard Brune » et l’annexe BMW d’Ivry sur Seine (94).

La bataille de Paris

Une course à la rentabilité et au développement débute alors, dans un contexte de concurrence exacerbée entre des poids lourds comme Indigo, le Garage du Bac, Charles Pozzi et Neubauer. Une époque qui voit également le début de la politique anti-voitures menée par la mairie de Paris. Nicolas Tambone, l’un des deux fils de Vito Tambone, se souvient de ces épisodes rocambolesques. « La concession disposait un trafic exceptionnel, grâce à un accès direct depuis le périphérique sur une voie de désencombrement des accès principaux. Elle disposait même d’une station-service, qui donnait à la concession une position exceptionnelle. La mairie a coupé la distribution de carburant, coupé l’accès direct depuis le périphérique et a changé deux fois le sens de circulation, pour finir par la mise en place d’un sens interdit nécessitant un parcours du combattant pour accéder à la concession ». Un « acharnement de la mairie de Paris » comme le souligne Nicolas Tambone, qui n’aura pas raison de la ténacité de son père. L’activité se poursuit, jusqu’à ce que Vito Tambone entre au sein du groupe Cloppenburg.

Cloppenburg et le Garage du Bac

Le groupe allemand décide de confier le Garage du Bac (94) au dirigeant. Familier de l’univers BMW et du commerce automobile de la région parisienne, Vito Tambone a le profil idéal pour prendre en charge une structure dans une situation particulière. En effet, l’établissement a vécu un drame quelques temps auparavant avec l’accident d’un avion qui transportait le dirigeant du site et plusieurs journalistes. Cet événement mêlé à d’autres difficultés rendent la situation complexe. L’établissement a même été le théâtre de la première grève répertoriée dans une concession BMW en France. Vito Tambone arrive donc dans un contexte difficile mais remet peu à peu la concession dans le bon sens pour rendre ses lettres de noblesse au Garage du Bac, véritable symbole pour la marque BMW en banlieue parisienne, grâce notamment à un riche passé en compétition automobile. Ce retour sur de bon rails encourage le groupe Cloppenburg à lui confier son nouvel investissement réalisé à Nice, composé de sites BMW-Mini, Land Rover, Kia, Opel, Suzuki, Chevrolet et d’un centre de véhicules d’occasion. Il devient ainsi responsable de la plaque niçoise du groupe de distribution allemand. Une vie professionnelle vouée à la distribution automobile « avec un niveau de stress au-delà de la raison » remarque Nicolas Tambone. Un constat qui pousse aujourd’hui sa famille à agir, au-delà du chagrin provoqué par ce deuil.

Un projet de fondation

Le décès de Vito Tambone ne marque pas un point final pour ses proches puisque ses deux fils souhaitent prolonger la mémoire de leur père de manière pragmatique et originale. « Mon frère et moi avons une peine incommensurable mais cette peine, nous allons, comme lui, la transformer en force. Nous allons créer une fondation dédiée aux hommes de l’automobile et à sa mémoire » explique Nicolas Tambone. Une décision partie d’un constat personnel mais partagé par de nombreuses familles. « Nous avons assisté impuissants à sa fin de carrière, qui ressemble à tellement d’autres, où les premiers soucis de santé arrivent par le stress permanent, où le rythme des fusions-acquisitions chamboule tous les plans. Ces ténors qui ont permis aux groupes et aux marques de briller en France n’ont pas à ce jour un support sur lequel s’appuyer pour faire valoir leurs droits. Personne pour être présent et aider dans les moments difficiles de perte d’emploi, de santé dégradée ». La fondation imaginée par les deux frères se positionnerait ainsi comme un organisme de soutien, qui pourrait notamment faciliter les démarches administratives lors de contextes difficiles. « Combien d’entre eux n’ont pas pu accéder à leur capital de fin de carrière. Combien de familles n’ont pas su accompagner dans la maladie. Combien de dossiers d’aides n’ont pas été déposés tellement tout est complexe et que finalement toute une vie de labeur ne donne pas droit au minimum. Tout reste encore à faire » souligne Nicolas Tambone. Un chantier en perspective pour la mémoire d’un père parti à 65 ans. La rédaction d’Auto Infos adresse ses sincères condoléances à la famille et aux proches de Vito Tambone.

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