Des arrêts maladie plus longs et un absentéisme en hausse dans les entreprises !

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Des arrêts maladie plus longs et un absentéisme en hausse dans les entreprises !

C’est le constat auquel on aboutit à la lecture de la parution récente des derniers chiffres en la matière. Une étude annuelle de chercheurs analysant les raisons et la durée des absences des salariés comparées aux postes occupés et aux profils des personnes concernées, décrit l’évolution du phénomène en Europe et plus particulièrement dans près de 40.000 entreprises françaises, petites moyennes et grandes.

L’absentéisme apparait ici comme un phénomène complexe sur lequel pourrait agir une entreprise qui l’aurait mieux pris en compte.

L’analyse nous apprend qu’après s’être stabilisé pendant plusieurs années à plus ou moins 4.5%, le taux global de l’absentéisme en France, arrêts maladie, accidents de travail et maladies professionnelles, est reparti à la hausse à 4,72 % en 2017. L’estimation de cette augmentation serait de l’ordre de 16 % en quatre ans.

Paradoxalement, cette hausse notable n’apparait pas due à une augmentation du nombre des arrêts de travail, ni à l’élévation du nombre des salariés concernés mais s’expliquerait d’avantage par le seul allongement de la durée annuelle moyenne des arrêts. Cette durée représenterait maintenant une moyenne totale de 51 jours pour les arrêts de quatre jours et plus avec un poids de 40 % des arrêts de plus de six dans le calcul.

Certaines populations apparaissent pourtant plus concernées que d’autres par le phénomène :

• Chez les jeunes de moins de 25 ans, le taux d’absentéisme (+ de 4 j) reste modéré à 2,21 %, mais en revanche les absences sont fréquentes, avec des impacts directs sur l’organisation quotidienne du travail. L’explication principale viendrait du désengagement vis à vis du poste.

• Chez les seniors, les périodes d’absence sont plus longues, généralement pour cause de pathologie ou maladie grave, ou d’assistance à un proche malade.

• Chez les non cadres le taux d’absentéisme apparait environ deux fois plus élevé à 4,6 % que celui des cadres à 2,2 %. Le métier exercé s’avère déterminant. Souvent pour un secteur donné, l’absentéisme augmente avec le faible niveau de qualification, la pénibilité du travail et la moindre considération, facteurs induisant tous un plus faible engagement.

Plus globalement enfin, l’enquête met en lumière l’importance de l’ancienneté dans l’entreprise : plus celle-ci est élevée, plus l’absentéisme baisse, quel que soit l’âge.

L’absentéisme apparait finalement comme un phénomène relativement concentré. Seul 1 salarié sur 4 aurait posé un arrêt de travail de plus de quatre jours dans l’année étudiée. Le message de cette étude est bien que les salariés ne sont finalement pas plus nombreux à s’arrêter, mais qu’ils s’arrêtent plus longtemps. On peut alors penser que, soit les raisons des arrêts sont plus graves, soit les salariés arrêtés ont plus de mal à revenir.

En focalisant son action pour agir par anticipation sur l’amélioration du bien-être au travail et la limitation des risques sur les aspects sociaux et sanitaires envers ses salariés les plus susceptibles de s’arrêter, les entreprises pourraient peut-être limiter la durée des arrêts les plus longs et agir efficacement sur leur taux d’absentéisme.

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