Enquête CNPA : 30 % des établissements automobiles craignent la faillite

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Selon le CNPA, l’apprentissage doit également faire partie des mesures d’urgence faisant l’objet d’un soutien du gouvernement. Une forte baisse des contrats en alternance est à redouter en septembre 2020, le recrutement des jeunes étant fortement corrélé à l’emploi dans le secteur.

Enquête CNPA : 30 % des établissements automobiles craignent la faillite

Si la reprise est amorcée depuis le 11 mai 2020, 76 % des 2 000 dirigeants du secteur automobile interrogés par le CNPA estiment que la reprise sera lente et progressive. Malgré la réouverture des établissements et la levée partielle des restrictions de déplacement (100 kilomètres maximum autour du domicile), la fréquentation des concessions affiche un recul net en comparaison avec les mois qui précèdent le Covid-19. Pour rappel, la chute d’activité des entreprises a oscillé entre 80 et 100 % pendant les deux mois de confinement. Ce ralentissement des activités automobiles suscitent donc l’inquiétude des dirigeants. 30 % d’entre eux craignent la faillite.

Sans surprise, à l’issue de la première semaine de reprise, les constats demeurent alarmants. Les ventes de véhicules (neufs et d’occasion) restent maigres, et ce, en dépit des stocks très importants dans les réseaux et les offres promotionnelles proposées par les constructeurs depuis le début du mois de mai. En revanche, une fréquentation plus soutenue est constatée dans le secteur de l’entretien-réparation. Les carnets de commande sont remplis jusqu’à début juin, mais les règles sanitaires mises en place ralentissent cependant le nombre d’entrées en atelier.

Dans ce contexte, plus de 60 % des entreprises envisagent de prendre des mesures financières et sociales pour leur exploitation, en particulier les concessionnaires (70 %) et les loueurs de courte durée (92 %). 51 % d’entre elles envisagent de reporter leurs investissements, tandis que 39 % prévoient d’annuler totalement leurs investissements. Plus du tiers des entreprises envisagent un plan de restructuration, un plan social, voire des licenciements. Elles sont plus de la moitié dans le secteur de la vente et de la distribution automobile. Concrètement, entre 40 000 à 50 000 emplois des services de l’automobile pourraient être impactés par la crise du Covid-19 à moyen terme.

Une aide extérieure

Dans ce contexte d’urgence sans précédent, les entreprises de l’automobile ont sollicité massivement les dispositifs d’accompagnement mis en place par l’État : à titre d’exemple, 50 % d’entre elles bénéficient actuellement du Fonds de solidarité. Toutefois, au regard de la sinistralité de la filière, ces mesures d’urgences ne suffiront pas à court terme pour assurer une reprise pérenne de l’activité. 62 % des entreprises demandent ainsi la prorogation des mesures d’urgence jusqu’à l’automne (chômage partiel, prêts garantis par l’État, Fonds de solidarité), tandis que 84 % des entreprises demandent une exonération totale de charges fiscales et sociales.

De plus, dans le cadre d’une relance de l’activité, les entreprises plébiscitent le retour à l’ancienne prime à la conversion, avant sa réforme en juillet 2019, pour stimuler la demande des ménages et permettre l’écoulement des stocks de véhicules récents. Pour l’heure, la masse de véhicules en stocks représente une immobilisation de trésorerie de l’ordre de 10 milliards d’euros, ce qui place les entreprises dans une situation économique particulièrement difficile.

Le CNPA entend publier son Plan de Relance R3 afin de permettre un réel redémarrage de l’activité automobile en France. Plusieurs solutions sont mises en avant comme une exonération de charges pour les entreprises des services de l’automobile, un soutien juridique et financier de l’alternance à la rentrée 2020 et enfin une priorisation de la demande par des mesures « coups de fouet ».

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