Entre dépit et incompréhension, le SOS des loueurs de courte durée

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A l’initiative du CNPA via la branche métier de la mobilité partagée, les loueurs de courte durée ont manifesté leur incompréhension d’être exclus de la liste S1 du Plan d’aides au tourisme. Ils préviennent les pouvoirs publics que ce choix pourrait avoir un effet dévastateur sur le secteur et ses emplois.

© Auto Infos
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Prenant la parole au nom de la branche métier de la mobilité partagée au sein du CNPA, Robert Ostermann (Europcar), Jean-Philippe Doyen (Sixt), Laurent Sculier (Avis Budget France Cars) et Agnès Parmentier (représentation des loueurs indépendants) font grise mine. La profession a été touchée de plein fouet par la crise du Covid-19, maintenant un filet d’activité pour les demandes urgentes, et n’entrevoit pas la sortie du tunnel, car les activités dans les gares et les aéroports restent naturellement à un faible niveau. Europcar a été sauvé par les états français et espagnol, Hertz s’est placé sous le Chapter Eleven, la loi des faillites américaine, Avis Budget Group a lancé un plan de redressement, Sixt a vu ses résultats s’effondrer…la liste est funeste.

Panne d’affluence et d’influence

En avril 2020, les entreprises du secteur ont perdu 75 % de leur chiffre d’affaires, sachant que dans le contexte, un euro de chiffre d’affaires correspond à deux euros de pertes. La reprise n’est pas vigoureuse et les loueurs estiment que les réservations entrantes seront en baisse de 60 % dans les mois à venir par rapport à un contexte de marché normal (2019). Dès lors, l’inquiétude est forte, surtout que la relation avec le gouvernement n’est pas bonne.

Ainsi, les loueurs de courte durée ont été exclus de la liste S1 du « Plan tourisme ». Or la liste S1 bis est « restrictive et exclut les ETI des dispositifs, ces derniers ne s’adressant qu’aux entreprises de moins de 250 salariés ». « Le critère du chiffre d’affaires est injuste, car il ne tient pas compte des charges », ajoute encore Jean-Philippe Doyen. Des charges qui restent élevées (loyers, personnel, véhicules, sans oublier la notion de dépréciation d’actifs en l’espèce), les loueurs de voitures ne parvenant pas à gagner leur bras de fer avec les directions des aéroports et des gares. « On continue à payer des loyers et des redevances, alors que l’activité est arrêtée ou fortement ralentie », déclarent les dirigeants qui en appellent à la médiation de l’Etat.

Retour de bâton ?

Mais le gouvernement semble peu enclin à aider le secteur, comme l’a démontré le retrait de la liste S1 alors qu’il est de notoriété publique que les loueurs de courte durée réalisent 50 % de leur chiffre d’affaires avec le tourisme. Un contentieux qui trouve peut-être sa source dans les réserves que les loueurs avaient avancées lorsqu’ils furent sollicités pour jouer un rôle de locomotive dans le verdissement des véhicules. Les dirigeants dénoncent un faux procès : « Nous avons rempli notre mission, mais nous avons simplement alerté sur l’insuffisance des infrastructures de charge, sur la réelle capacité des constructeurs, notamment français, à garantir des livraisons massives, et sur la question des terres rares qui ne sert pas nécessairement les intérêts de la France. Mais nous sommes bel et bien un acteur majeur du verdissement, promouvant une mobilité bas carbone adaptée aux usages. En outre, nous sommes un important fournisseur de VO peu polluants, récents et peu kilométrés ». Des arguments qui ne portent pas pour l’instant, les dirigeants reconnaissant de nombreux non-dits dans les discussions avec les ministères du Tourisme, des Transports, mais aussi de l’Économie et des Finances.

Violente réduction des parcs

Les loueurs de courte durée tirent donc la sonnette d’alarme. Les parcs ont été réduits de 30 à 60 % (restitutions anticipées, gel des achats…) et la menace de défaillances d’entreprises et de destruction d’emplois se précise. Sachant que la demande restera faible dans les prochains mois (tourisme international réduit, tourisme d’affaires quasiment réduit à néant, événements annulés…), les loueurs demandent au gouvernement de les réintégrer dans la liste S1. Et le temps presse, car les décrets du Plan tourisme sont attendus au début du mois de juillet 2020. Le compte à rebours est enclenché dans un jeu de lobbying où les rapports de force sont désormais connus. D’où cette initiative médiatique du CNPA pour tenter d’inverser le cours des choses.

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