Est-ce bien raisonnable d’interdire tous les véhicules thermiques dès 2040 ?

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Est-ce bien raisonnable d’interdire tous les véhicules thermiques dès 2040 ?

Les députés ont décidé d’interdire la vente des voitures à moteur thermique à compter de 2040. Dans le cadre de l’examen du projet de loi d’orientation des mobilités (LOM), les parlementaires ont voté il y a quelques jours en commission la fin de la vente des véhicules à carburants fossiles (essence, diesel et gaz naturel). Pour cela, la commission du Développement durable a adopté un amendement du co-rapporteur Jean-Luc Fugit (LREM), avec l’aval de la ministre des Transports Élisabeth Borne.
Comme s’il y avait un intérêt stratégique à être le premier pays à prononcer cet interdit, qui n’est rien d’autre qu’ouvrir grand la porte à la concurrence des pays émergents.

Ceux-ci vont pouvoir s’improviser constructeurs automobiles à bon compte puisqu’ils n’auront plus à rattraper l’immense avance prise par les Occidentaux sur les moteurs thermiques. Un avantage compétitif extrêmement précieux lorsque le marché mondial représente 92 millions de véhicules vendus chaque année. La concurrence chinoise sur la voiture électrique suffisait déjà largement à assombrir l’horizon de l’industrie automobile européenne pour ne pas en rajouter avec la suppression du thermique.

Au lieu de laisser le soin aux ingénieurs de faire toujours progresser les technologies et de les faire coexister, un pouvoir politique décide, sans avoir aucune compétence technique dans le domaine, quelle sera la bonne solution pour l’automobile du futur. Cédant au concert actuel de louanges immérité de l’électrique – qui est loin d’avoir fait ses preuves et ne pourra pas, avant longtemps, satisfaire aux besoins de la planète –, l’amendement grave dans le projet de loi l’objectif pour le pays « d’atteindre, d’ici à 2050, la décarbonation complète du secteur des transports terrestres ».

Pour cela, des « objectifs intermédiaires » sont fixés pour une sorte de tableau de marche, avec la montée en puissance des véhicules à faibles et très faibles émissions à échéance 2030. Ce plan, dans la continuité des objectifs européens, implique la fin de la vente des voitures particulières et des véhicules utilitaires légers neufs utilisant des énergies fossiles, d’ici à 2040. Tous les cinq ans, un rapport d’évaluation devra être rendu par l’Office parlementaire d’évaluation des choix scientifiques et technologiques. Cela ne fait que condamner une technique loin d’être obsolète et dont les progrès en termes de dépollution sont compatibles, à peu de frais comparé à l’électrique, avec les objectifs souhaités par l’Europe.

Les véhicules utilisant de l’énergie fossile représentent aujourd’hui 93,6 % des ventes, auxquels s’ajoutent les 4,2 % d’hybrides non rechargeables et les 0,7 % d’hybrides rechargeables. Inverser ces proportions en 2050 relève de l’utopie et d’un aveuglement à l’égard de l’électrique qui rappelle fâcheusement la promotion du diesel dans les années 80. Le projet de loi « mobilités » doit être examiné en commission jusqu’au 24 mai et en séance du 3 au 14 juin, en espérant que ce court délai de réflexion permettra aux députés de jauger l’attitude suicidaire du projet pour l’économie et l’industrie française !...

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