Et si le futur de la mobilité était… l’immobilité ?

Publié le par Jérôme Monjuvent

Aujourd’hui, dans notre monde occidentalisé, la mobilité est une évidence, comme boire, manger, respirer. Maintes fois, en centre-ville, le samedi soir ou piégé dans les embouteillages dont les autoroutes ont le secret, ce concept de mobilité m’est d’un coup apparu abstrait.

Et si le futur de la mobilité était… l’immobilité ?

Il n’y a pas si longtemps encore, la mobilité était une aventure. Moyens de transports limités et parfois même dangereux, chers et pour certains réservés à une élite. Traverser la France était une sorte d‘expédition, avec ses péripéties et ses petites histoires que l’on se racontait entre amis pendant l’apéritif. Avant l’avènement de la voiture automobile, la mobilité relevait souvent de l’exploit, tant les éléments, les bandits de grand chemin et bien sûr les moyens de transport eux-mêmes, truffaient un itinéraire de pièges dont les survivants devenaient des héros. Le chemin parcouru en avait d‘autant plus de valeur. À l’époque des « chasseurs-cueilleurs », la mobilité était une nécessité vitale. Trouver le meilleur territoire de chasse et de pêche, l’eau, et se garder des autres tribus qui lorgnaient sur votre bifteck. Se déplacer pour le plaisir a dû un jour apparaître à un de nos ancêtres, lequel, émerveillé par la beauté de ce qu’il avait sous les yeux, a dû se dire que l’herbe devait être encore plus verte ailleurs.

Tout cela est bel et bien, mais quel sens donner dans notre futur proche à la mobilité ? Les hommes sont en train de saturer leur planète de moyens de transport, individuels, collectifs, sur terre, sur mer et dans les airs. De nouvelles routes, autoroutes, tunnels, ponts sont créés sans que nous en voyions la fin. La fonte des glaces va ouvrir de nouvelles routes maritimes, la technologie des supra-réacteurs relancera le rêve de voyager dans la stratosphère pour le commun des mortels.
Les voitures autonomes arrivent, elles sont déjà là. Sans conducteur à bord, elles seront très patientes dans les embouteillages qu’elles n’auront pu éviter, ou bien elles-mêmes créés. Elles seront tellement confortables, cosy, aménagées comme des salons ambulants que nous ne saurons plus faire la différence avec notre maison, si ce n’est par le doux ronronnement de leurs moteurs électriques.

À la fin de l’histoire, l‘immobilité absolue règnera. Tous les moyens de transport seront disponibles mais aucun ne pourra nous emmener à notre destination, faute d’espace de circulation. La mobilité sera alors réinventée et fera de nouveau place au voyage, dûment préparé, sans garantie d’arriver mais avec son plein d’émerveillement et d’émotions. Je vous quitte, ma Caravelle autonome vient me chercher…

Jérôme Monjuvent (jm@alter-d-f.com) est membre de Team Auto

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