Ethanol, superéthanol : où en est-on ?

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À l’heure où Peugeot profite de l’exonération du malus appliqué sur les véhicules flex-fuel pour relancer sa 308 Bioflex, Jérôme Bignon, directeur de la FCB (Fédération nationale des coopératives de collecte et de transformation de la betterave) fait le point sur la production d’éthanol en France.

Ethanol, superéthanol : où en est-on ?

Qu’est-ce que la FCB ?

Cette fédération regroupe un ensemble de coopératives sucrières dont le leader s’appelle Cristal Union. Je défends donc l’intérêt des producteurs d’éthanol en France qui compte cinq usines majeurs.

Quel regard portez-vous sur la polémique liée à l’exploitation de matières agricoles pour la fabrication de carburant ?

Il y a une grande différence entre la perception des choses et la réalité qui vient en partie du fait que les gens confondent déjà éthanol et le carburant E85. Nos usines produisent avant tout du bioéthanol pour répondre à la directive européenne qui exige un taux d’incorporation d’éthanol dans le Super sans plomb de 7 % d’ici à 2010 et de 10 % d’ici à 2020 contre 5 % actuellement. C’est-à-dire que lorsque les gens mettent de l’essence dans leur voiture, ils ignorent souvent qu’ils mettent un peu d’éthanol. La France est en avance, notamment en raison de la grande disponibilité de biomasse sur le territoire. Reste que moins de 3 % des surfaces françaises de betteraves et de céréales seront utilisées pour produire les 10 millions d’hectolitres de bioéthanol... La polémique n’a pas lieu d’être. Depuis 2004, le gouvernement nous incitent à investir dans des sites modernes pour produire ce carburant végétal. Il est question de milliards d’euros. Je rappelle que les distributeurs – pétroliers et grandes surfaces – sont taxés s’ils n’appliquent pas la directive.

Et le Superéthanol ?

Le E85, c’est autre chose ! Le taux d’incorporation est de 85 %, donc il ne fonctionne qu’avec des véhicules flex-fuel (308 bioflex, Focus/C-Max/Mondeo en version E85, C4 bioflex, Mégane/Modus/Clio III, tous les modèles Saab...). L’essor de ce carburant comme de la vente de ces modèles a souffert du bonus-malus écologique puisqu’ils se sont trouvés paradoxalement malussés ! Le malus a été retiré, mais ils ne bénéficient toujours pas d’un bonus. C’est en réflexion. On dénombre donc un peu moins de 8 000 véhicules flex-fuel en France pour un peu plus de 300 pompes. Il reste évident que ce marché va développer l’éthanol, surtout quand le delta sera de 30 % entre le prix de l’essence et du E85.

Dans l’immédiat, vous misez donc sur l’E10...

Oui, le SP95-E10 existe. C’est donc une essence sans plomb composée à 10 % de bioéthanol et à 90 % d’essence. Elle est disponible depuis le 1er avril dernier dans les stations-services françaises avec une disponibilité qui sera évidemment progressive. Toutes les voitures mises en circulation à partir du 1er janvier 2000, c’est-à-dire 60 % du parc actuel des véhicules essence (9 millions de voitures) peuvent l’utiliser. Elle est 3 centimes moins chère que le SP95.

La production d’éthanol est-elle, de ce point de vue, appelée à se développer ?

Nous sommes les seuls, dans ce secteur, à avoir des contraintes de durabilité. Nous sommes effectivement sereins.

Ne parle-t-on pas quasi-essentiellement d’hybride et d’électrique pour évoquer le futur de l’automobile ?

Sur ce point, je tiens juste à souligner que développer l’électrique revient à développer à 90 % le nucléaire. C’est un choix de société. Il n’y a pas de pensée unique dans ce domaine.

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