Fidéliser les plus jeunes dans la distribution automobile

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Fidéliser les plus jeunes dans la distribution automobile

Selon différentes études les salariés de moins de 30 ans représenteraient déjà près 30 % des effectifs des entreprises au plan européen. Les acteurs de la distribution automobile devraient viser au moins le même objectif pour accélérer la mutation du secteur. Si certains groupes de distribution prennent maintenant des initiatives intéressantes dans ce sens en innovant dans la formation ou en créant des pôles de gestion de compétences au centre de leur service RH, nous constatons aux dires des candidats au-delà des polémiques environnementales et malgré la communication dans les médias de la profession que celles-ci restent encore peu visibles pour le grand public. Même si tout est important pour attirer à soi les plus jeunes talents, organiser l’accueil, l’intégration et les plans de carrières ne doit pas faire oublier l’indispensable communication externe et l’adaptions du management.

Pourquoi les générations concernées font-elle l’objet de tant de commentaires chez les professionnels de la gestion RH dans tous les secteurs d’activité ? Pourquoi leurs intégrations dans l’entreprise posent elles questions ? En quoi seraient-elles si différentes ? Selon certains, pour bien recruter et intégrer les jeunes talents, l’entreprise devrait mieux connaître et comprendre ces nouveaux entrants dans leurs façons de penser la vie, comprendre d’où ils viennent et comment ils voient leur avenir mais aussi et plus qu’avant leur tenir un discours de vérité. Le manager devrait être « cash » et capable de tout dire sur le monde où ils vont évoluer et dans lequel ils doivent travailler.

Les chercheurs soulignent que ces jeunes collaborateurs sont souvent des enfants qui ont grandi dans un milieu où on a pu leur dire depuis toujours qu’ils étaient spéciaux. On leur aurait également souvent répété qu’ils pourraient obtenir tout ce qu’ils souhaitaient dans la vie, juste par la force de leur volonté. On constate parfois que certains ont même pu progresser dans leurs études, non au mérite, mais parce que leurs professeurs n’ont pas su s’opposer au discours ambiant ou voulu affronter les parents. Toute la génération, dont beaucoup sont diplômés de l’enseignement supérieur, se retrouve confrontée à la vie réelle avec le premier emploi ou sa recherche. Leur arrivée dans le monde de l’entreprise est plus qu’avant un choc, car même si ces jeunes adultes sont pleins de certitudes, ils réalisent rapidement qu’ils ne sont pas considérés comme si spéciaux qu’on a bien voulu leur dire et l’image qu’ils ont d’eux-mêmes risque d’en pâtir. La soif du tout « tout de suite » inassouvie génère la frustration car malheureusement la gratification immédiate n’existe pas. La réalité est différente et il n’y a pas d’évidence ou d’immédiateté pour la satisfaction au travail. Peut-être faudrait-il inventer une application pour ça, mais pour le moment, elle n’existe pas.

C’est dans ce cadre que la manager a un message à faire passer. Les relations sociales au travail, l’apprentissage d’une fonction, la découverte d’un environnement professionnel sont des processus longs, sinueux, éventuellement chaotiques, parfois inconfortables, qui exigent de la patience. Tout ce qui touche à l’humain, à soi ou aux autres, comme l’esprit d’équipe et la confiance, prend du temps. A cette génération stimulée par les notifications qui tombent sur les réseaux sociaux ou les messages qui arrivent sur les portables, le manager doit enseigner la notion du temps plus long, celui qui permet de construire des relations durables, peut-être plus solides et plus profondes. Il n’est pas question de briser des rêves ou de changer une philosophie car ces nouveaux entrants devront façonner la société avec leur vision d’un monde nouveau qu’ils vont contribuer à créer. Le management a toutefois la responsabilité de les accompagner dans leur passage à une réalité plus dure. Là où il peut être nécessaire de se battre pour réussir, là où il faut déjouer les comportements politiques, là où l’être humain peut s’exprimer dans ce qu’il a de meilleur ou de moins bon ou là où la compétition est accentuée par la situation économique.

Pour que ces jeunes entrants, qui sont l’avenir de la profession, puissent réussir à prendre en charge les évolutions et les contraintes des métiers de la distribution automobile les managers doivent les accompagner dans la découverte d’un présent dans lequel ils devront pouvoir facilement s’intégrer et pleinement s’épanouir.

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