Groupe Vulcain : une bonne année perturbée par des événements exceptionnels

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Le distributeur lyonnais poursuit sa progression en 2018 même s’il a connu quelques soucis au niveau du déploiement de sa plaque de pièces de rechange.

Groupe Vulcain : une bonne année perturbée par des événements exceptionnels

Le groupe Vulcain, présidé par Jean-Pierre Rinaudo, et dont le directeur général est Vincent Girerd, tenait ce jour sa traditionnelle réunion de transparence financière à Lyon. Il est toujours utile de noter le courage de ses dirigeants. En effet, peu de groupes de distribution s’essayent à cet exercice devant ses partenaires et la presse chaque année.

Un chiffre d’affaires en progression et une assise financière saine

Au bilan de l’année 2018, le distributeur lyonnais poursuit sa progression en termes de chiffre d’affaires même s’il a connu quelques soucis d’allumage au niveau du déploiement de sa plaque de pièces de rechange la première année. Le groupe possède néanmoins une assise financière très forte et bien orientée sur les premiers mois de l’année 2019. Il s’appuie également sur la propriété de son immobilier qui lui permettra d’être totalement désendetté dans les trois prochaines années.

Dans un contexte de forte concentration des groupes de distribution, où les dix premiers représentent 30 % du marché total, le groupe Vulcain s’inscrit dans cette dynamique de croissance. Il fait partie du club des 52 groupes dont le chiffre d’affaires est supérieur à 300 millions d’euros par an.

Des changements dans la distribution à l’horizon 2020

Dans la perspective de la réglementation européenne CAFE (Corporate Average Fuel Economy), avec des objectifs de CO2 en moyenne fixés à 95 g de CO2/km, les distributeurs comme Vulcain se posent des questions sur les immatriculations des stocks polluants. Mais aussi sur la montée en puissance des motorisations hybrides et l’arrêt de certains modèles. Une pression accrue sera faite sur les réseaux de distribution pour vendre des voitures propres dès janvier 2020. Mais également des changements profonds des structures d’accueil concernant les LVE (Low Vehicle Emission).

Une croissance ininterrompue depuis cinq ans

Le groupe, qui représente les marques Mitsubishi, Volvo, Citroën, Opel, Toyota, Mazda, Kia, Fiat, DS, Honda et Land Rover, possède deux plaques régionales (Auvergne-Rhône Alpes et Île-de-France). Fort de 560 collaborateurs, il a commercialisé 17 600 véhicules neuf et d’occasion en 2018 et réalisé un chiffre d’affaires total de 318 millions d’euros. Depuis cinq ans, le groupe a gagné plus de 6 000 VN et VO, ce qui lui a permis de développer des services transversaux. En 2018, le top 3 des livraisons VN se compose comme suit : Opel (3 046 unités), Citroën (2 010 véhicules) et Kia (1 661 unités). Le groupe est le premier distributeur Kia et le deuxième distributeur Opel en France, mais aussi le deuxième distributeur Volvo et le quatrième pour les marques Mazda et Honda.

Une actualité riche sur le premier semestre 2019

En janvier dernier, le groupe a ouvert VPS Autos à Vénissieux, un centre de préparation et de stockage VO. En mars dernier, il a racheté la concession moto BMW Euro Motos à Lyon et le rachat du groupe Autos Vienne Développement. Il s’installe ainsi à Vienne, Bourgoin et Annecy avec les marques Kia, Mazda et Honda. La fusion des sociétés Oppidum Automobiles et Auvergne Automobile a permis l’ouverture d’un site trimarques (Citroën, Opel et DS) à Clermont-Ferrand. Sans oublier l’ouverture d’un centre VO sous label Easy VO à Clermont-Ferrand également. Ce nouveau centre de vente de véhicules d’occasion VO a pour objectif de commercialiser 750 véhicules en année pleine. Ce point de vente gèrera la revente à marchands des véhicules de la plaque Oppidum. « Ce centre VO est important dans notre équation de rentabilité globale d’aller vers le commerce du véhicule d’occasion à travers une vraie demande sur ce type de véhicules », remarque Vincent Girerd.

Un groupe favorisé par son désendettement

Au niveau de l’analyse de la Banque de France, présente comme chaque année lors de cette restitution des résultats du groupe lyonnais, on remarque que le budget moyen des acheteurs d’un véhicule neuf est de 22 900 euros. « On constate toujours une large diffusion des crédits à la consommation même si les ménages font preuve de plus de prudence en raison des incertitudes économiques, explique le représentant de la Banque de France. Même si le nombre de défaillances a baissé de 1 % en 2018, ce n’est pas le cas pour la distribution automobile qui serait dans le rouge avec une augmentation de 18,3 % des défaillances ». C’est un secteur où il y aurait de moins en moins d’entrants, affirme l’analyste présent.

Les meilleures progressions des bilans dans la distribution automobile dans l’ensemble des consolidés accessibles sont de + 20 % avec 2,43 % en marge brute et un taux de résultat net de 1,54 %. Le chiffre d’affaires du groupe Vulcain est en augmentation constante depuis 2014. Il est en progression de 8,5 % en 2018. En revanche, au niveau du résultat net, il serait de 0,42 % hors l’effet négatif de la plaque PR. « Si une nouvelle hausse d’activité est constatée, le poids de la production des services (impact réseau flotte et agents) dans le groupe demeure inférieure à celle de ses concurrents », souligne l’analyste de la Banque de France.

Une marge commerciale dans les standards du secteur

Au niveau de la performance, le taux de marge commerciale du secteur oscille entre 9,8 et 13 %. Pour les sociétés du groupe Vulcain, il se situe entre 9,2 et 12,7 %. Du côté de la marge brute d’exploitation, celle-ci varie entre 0,9 et 1,3 %. Les sociétés du groupe, quant à elles, sont dans l’ensemble en deçà de ses concurrents.

Un groupe totalement désendetté dans trois ans

Au niveau de l’endettement, le secteur oscille entre 100 et 150 %. La grande force du groupe est son endettement inférieur à 100 % dans l’ensemble des filiales. L’année 2018 a été perturbée pour le groupe Vulcain. Si le volume d’activité a connu une progression, hormis des éléments exceptionnels, comme la plaque PR ACA et son impact direct sur Oppidum, les différentes structures financières ont franchi l’année sans aucune difficulté. Les tendances sont positives pour 2019 et la plaque PR ACA enregistre désormais bons résultats.

Une bonne santé financière que Vulcain doit depuis toujours à sa stratégie vis-à-vis de son immobilier. « Même si certains disent que ce n’est pas toujours indispensable de posséder son immobilier, nous allons poursuivre sur la voie contraire en étant propriétaire de notre immobilier si bien que dans trois ans le groupe sera totalement désendetté grâce aux loyers », explique Jean-Pierre Rinaudo.

Gérer la transition électrique et consolider la rentabilité en 2019

Pour l’année 2019, déjà bien entamée, le groupe lyonnais s’est fixé quatre grands objectifs. Outre son ambition de livrer 20 850 véhicules, le groupe va s’atteler à la gestion de la transition électrique dans les différentes concessions. Le groupe souhaite également poursuivre le développement et la diversification de ses affaires. La consolidation de la rentabilité opérationnelle est également une priorité majeure.

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