Guillaume Couzy, Peugeot France : "Notre réseau voit l’électrique comme une nouvelle opportunité"

Publié le par

Entretien avec le dirigeant de la marque Peugeot pour la France à l’occasion de la sortie sur route de la nouvelle 208 et notamment le coup d’envoi de la stratégie électrique de la marque avec la e-208.

Guillaume Couzy, Peugeot France :

Guillaume Couzy directeur général de Peugeot France

Auto Infos : Quel mix électrique envisagez-vous avec la e-208 ?
Guillaume Couzy :
Il est assez difficile de se projeter en dehors des 20% de commandes en électrique déjà enregistrées pour ce nouveau modèle. Il faut tenir compte du fait qu’il y a peut-être au démarrage une surreprésentation d’électrique sur cette offre. Mais c’est le seul indicateur que nous avons pour l’instant et il est plutôt encourageant. Nous avons fait également un choix stratégique assez différent des autres constructeurs en n’ayant pas une silhouette spécifique pour l’électrique. Nous avons l’intuition que nous allons nous adresser à une cible de clientèle plus large. Ainsi, toutes les personnes qui viennent acheter une nouvelle 208 sont susceptibles d’être orientées vers l’électrique si leurs usages sont compatibles. Et c’est là qu’intervient le travail de notre réseau et de nos conseillers commerciaux à travers des questions sur les usages pour lui recommander la bonne solution.

A.I. : Que représente cette entrée dans l’électrique pour la marque Peugeot ?
G.C. :
C’est très nouveau mais là encore là encore notre stratégie multi-énergie nous permet d’y aller progressivement et de manière plus flexible que les autres. Nous avons l’avantage de pouvoir, sur une même ligne de production, de passer de l’électrique au thermique suivant la demande. Même si effectivement, c’est assez structurant pour la marque de présenter une offre électrifiée pour chacun de nos véhicules à un horizon de trois à quatre ans. C’est aussi une vraie révolution au sein de notre réseau qui aura la capacité à adopter cette transition énergétique comme une opportunité. Nous insistons beaucoup sur ce point. Cela redonne de la noblesse au métier de conseiller commercial pour diagnostiquer les usages de nos clients.

A.I. : En prévision de la réglementation CAFE en 2020, allez-vous arrêter certaines motorisations thermiques ?
G.C. :
Nous n’avons pas l’intention de stopper certaines motorisations. Les clients qui veulent des véhicules plus émetteurs en CO2 pourront les commander. En revanche nous ne les mettrons pas en stock dans nos réseaux.

A.I. : Comment abordez-vous l’échéance de réduction de CO2 de 2020 ?
G.C. :
Nous allons nous mettre en situation d’être à l’objectif dès le début de l’année 2020, d’où l’enjeu de la prise de commandes sur nos véhicules à faible émission. Notre réseau a des objectifs assez ambitieux sur ce dernier trimestre 2019 pour démarrer avec un portefeuille qui nous permette d’envisager les choses sereinement. Pour accélérer cette prise de commande sur la e-208, nous organisons un évènement fin octobre pendant un mois à travers un road-show d’une cinquantaine de voitures qui vont parcourir la France région par région afin de recruter des prospects. Cela représentera un total de 12 000 essais et 2500 commandes.

A.I. : Quel est votre planning de sortie de vos prochains modèles électrifiés ?
G.C. :
En début d’année 2020, nous aurons simultanément le lancement de la nouvelle 2008 dont e-2008, puis fin décembre début janvier le démarrage de nos PHEV sur 508, 508 SW et 3008. Le 5008 ne sera pas en PHEV. L’offre électrifiée de la 308 interviendra en 2021 lors du renouvellement du modèle.

A.I. : Comment réagit votre réseau à l’arrivée de l’électrique ?
G.C. :
Globalement, ce qui me rend assez optimiste, les investisseurs sont plutôt assez confiants au niveau des volumes et des objectifs sur e-208 et e-2008. Ils nous demandent plutôt si nous pourrons produire les voitures. Ils ne sont donc pas frileux sur ce point. Au niveau des formations des conseillers commerciaux et services, c’est un nouveau monde avec une vraie transformation des connaissances. Et surtout l’essai de la voiture les séduit beaucoup.

A.I. : Comment allez-vous organiser votre après-vente électrique dans les réseaux ?
G.C. :
Il y a un traitement spécifique sur la partie batterie. Pour intervenir et travailler sur les cellules, il faudra une qualification spécifique que tout le réseau ne pourra pas faire. Il y aura trois niveaux d’intervention. Un premier niveau concernera la maintenance habituelle sur les véhicules sans intervention sur la batterie. Le second niveau concernera tout le réseau primaire, c’est-à-dire nos 400 points de vente qui devra être de faire toutes les interventions, y compris sur la batterie mais sans l’ouvrir. Et on aura un troisième niveau qui sera beaucoup plus technique. C’est un centre d’excellence unique en France qui sera un point constructeur. Nous n’avons pas encore décidé de sa localisation. Nous serons organisés pour faire de l’échange standard de batteries.

A.I. : A quelle date cet après-vente électrique sera-t-elle prête ?
G.C. :
Tout sera opérationnel en début d’année.

A.I. : Quel est votre plan de déploiement des bornes dans le réseau ?
G.C. :
Sur l’ensemble du réseau primaire, tout sera prêt avant la fin de l’année. Nous aurons au moins deux à trois bornes pour un distributeur et jusqu’à 7 à 8 pour un site multimarque. Tout le réseau primaire a déjà signé ses contrats et passé ses commandes avec le prestataire. Ensuite, le réseau secondaire aura des audits dans les jours à venir pour un réseau de bornes installées mi-2020.

A.I. : Allez-vous proposer une option pour la location d’un véhicule thermique dans vos offres électriques de financement ?
G.C. :
Oui absolument. C’est une option qui sera proposée dès janvier. Le produit est prêt. Pour un montant de 15 à 17 euros par mois, il permet d’accumuler des crédits. Cela s’appelle « Mobility Pass ». Cette option permettra la location d’un véhicule thermique. C’est un produit qui est prêt.

A.I. : Comment allez-vous objectiver votre réseau au niveau du CO2 en 2020 ?
G.C. :
Nous avons restructuré nos gammes à partir d’octobre afin d’avoir des modèles beaucoup plus vertueux en terme de rejet de CO2 à travers les différentes combinaisons possibles de finitions. Nos versions diesel et essence s’améliorent de manière continue à ce niveau. Nous allons nous donner d’atteindre les objectifs de CO2 avec le réseau en contrôlant bien nos approvisionnements et en mettant en place des objectifs de CO2 en solidarité avec le constructeur. Mais nous n’allons pas demander de faire moins d’essence et plus de diesel par exemple. La différence sera fera évidemment au niveau du mix électrique et hybride.

A.I. : Ces objectifs de CO2 tiennent-ils compte de l’implantation géographie des différentes concessions ?
G.C. :
Ils tiendront compte de l’historique des marchés bien sûr. C’est dans la définition des objectifs d’une concession.

Voir aussi :

En partenariat avec le En partenariat avec CNPA
A la une
La quotidienne Auto-infos