Guillaume Couzy (Peugeot) : « Vente de VN en ligne : nous devrions franchir une nouvelle étape à la mi-2019 »

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Entretien avec le directeur général France de Peugeot à l’occasion du Mondial de l’automobile.

Guillaume Couzy (Peugeot) : « Vente de VN en ligne : nous devrions franchir une nouvelle étape à la mi-2019 »

Auto Infos : Votre réseau est-il inquiet face à la mise en place de la nouvelle norme WLTP ?
Guillaume Couzy :
S’il y a un réseau qui s’inquiète moins que les autres, c’est bien le nôtre. Nous lui avons donné les preuves de notre avance sur le sujet depuis le début. Beaucoup de constructeurs avaient des difficultés bien supérieures, c’est pourquoi nous n’avons pas suivi ce mouvement d’immatriculations tactiques pendant l’été. Globalement, notre réseau est très serein sur le sujet. La question des 10 % de stock en Euro 6.1 pour Peugeot ne se posait absolument pas.

A. I. : Allez-vous déployer une stratégie de déploiement de bornes de recharge dans les points de vente ?
G. C. :
Absolument. C’est un sujet majeur pour les années à venir. Ce dossier est en cours de traitement pour avoir les infrastructures adéquates d’ici le milieu de l’année prochaine. Globalement, les distributeurs ont tous un point de recharge, mais il faut renforcer ces équipements pour faire face à la série de produits hybride plug-in et électrique qui arriveront en 2019.

A. I. : Y a-t-il une viabilité économique sur l’électrique aujourd’hui ?
G. C. :
C’est l’un des facteurs clés que nous avons à traiter dans les prochaines années. Dans un premier temps, nous avons un surcoût qui est très important qui sera en partie gommé par les aides gouvernementales mais il va falloir baisser les coûts pour valoriser le business model final auprès du client final. Il faudra travailler aussi avec notre réseau avec des marges VN qui seront probablement sous tension. Il faudra chercher d’autres sources profit autour de la pièce de rechange et des nouvelles mobilités.

A. I. : Autre sujet de rupture dans l’automobile : la digitalisation des services. Où en êtes-vous aujourd’hui ?
G. C. :
Nous sommes convaincus qu’il vaut mieux être parmi les premiers. D’autres industries l’ont vécu ainsi. Nous avons lancé un premier test pilote en Angleterre il y a un an et demi avec une plateforme full online. Nous devons être à une centaine de véhicules vendus par mois. Nous sommes également en phase de test en France avec une plateforme légèrement différente. D’ici au milieu de l’année prochaine, nous allons compléter cette plateforme par un engagement de reprise ferme sur le VO et par le financement. Nous devrions franchir une nouvelle étape à la mi-2019. Nous avons fait un premier pas à l’occasion du Mondial avec l’achat de 508 SW First Edition totalement en ligne. Le réseau est associé à cette initiative. C’est un partenaire essentiel sur ce business on-line.

A. I. : Comment s’organise aujourd’hui votre après-vente ?
G. C. :
Nous avons opéré une mini-révolution dans ce domaine. Nos plaques PR sont performantes. Nous partageons néanmoins avec les autres constructeurs une pénurie de main-d’œuvre qualifiée, essentiellement au niveau des mécaniciens et des carrossiers. Il y a très certainement un travail à faire autour de la valorisation de cette filière pour attirer à nouveau des profils jeunes au niveau de l’apprentissage. Nous souhaiterions travailler avec le GNFA et le CNPA pour réfléchir à une meilleure valorisation de notre métier.

A. I. : Quelle est la rentabilité du réseau Peugeot ?
G. C. :
À fin août 2018, elle est de 1,2 % du chiffre d’affaires, un ratio stable par rapport à la période en 2017. L’an passé, la rentabilité tournait autour de 1,5 %. Nous sommes dans le trend pour terminer l’année dans ces mêmes proportions tout en ayant des chiffres d’affaires qui ont progressé de 20 à 25 %, ce qui est tout à fait intéressant pour le réseau.

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