Nicolas Hulot sera-t-il efficace dans le nettoyage du parc automobile français ?

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Le gouvernement a dévoilé le 27 septembre dernier son Grand plan d’investissement pour la période 2018-2022, tiré du rapport de l’économiste Jean-Pisani-Ferry. Le document comprend certains détails financiers relatifs au nouveau système de « primes à la conversion » (et non prime à la casse dans un souci de vocabulaire lié à la transition énergétique…).

« Cette prime à la transition permettra d’élargir de manière importante le champ d’application de la prime actuellement en vigueur qui, parce qu’elle finance exclusivement l’achat de véhicules électriques et hybrides neufs, est inaccessible à la plupart des ménages », peut-on lire dans le rapport.
Le coût du nouveau dispositif est évalué à 700 millions d’euros sur cinq ans. Le montant moyen de la prime serait donc de 1 400 euros et cette aide permettrait la mise à la casse d’environ 100 000 véhicules par an, soit 500 000 d’ici à fin 2022. Selon l’auteur, c’est la mise au rebut de 10 millions de véhicules au total (3 millions d’essence d’avant 1997 et 7 millions de diesel d’avant 2006), soit 30 % du parc automobile français qu’il faut accélérer.
Allant de 500 euros à 1 000 euros, elles ne s’appliquent actuellement qu’aux ménages non-imposables achetant un véhicule neuf émettant moins de 110 g de CO2 par kilomètre.

La grande « nouveauté » de cette prime à la conversion est qu’elle sera nettement étendue en 2018. Entre autres nouveautés, la mise à la casse d’un véhicule donnera droit à une aide de 1 000 euros pour tous, ou 2 000 euros pour les foyers non-imposables, lors de l’achat d’un véhicule neuf ou d’occasion (si ceux-ci sont porteurs d’une vignette Crit’Air de catégorie 0, 1 ou 2) en fonction de ses émissions de CO2. Ainsi, tous les véhicules essence immatriculés avant le 1er janvier 1997 ou diesel mis en circulation avant le 1er janvier 2001 sont concernés pour les ménages non imposables. Et tous les véhicules essence immatriculés avant le 1er janvier 1997 ou diesel mis en circulation avant le 1er janvier 2006 pour les ménages imposables.
Les 700 millions d’euros (en cinq ans) nécessaires font partie des 4,2 milliards prévus pour rendre les déplacements plus propres avec notamment des soutiens au développement de nouvelles technologies, aux moyens de transports plus écologiques (vélo, autopartage...) ou encore à la rénovation du réseau ferré. Les détails du financement de ces mesures restent – comme toujours – à connaître.

En 2018, le bonus à l’achat d’un véhicule électrique neuf restera de 6 000 euros comme en 2017. Il est associé à la prime à la casse d’un vieux véhicule essence ou diesel, prime de 8 500 euros. En revanche, le bonus accordé à l’achat d’un véhicule hybride rechargeable neuf sera supprimé. Il est de 1 000 euros en 2017… Le barème du malus écologique va se durcir en 2018. Dès 120 grammes de CO2/km émis, un malus de 50 euros sera mis en place (contre 127 grammes comme premier seuil en 2017). À 126 grammes de CO2/km, ce seront 140 euros de malus qui seront appliqués contre 0 en 2017. À 127 grammes, ce seront 173 euros de malus appliqués contre 50 en 2017. Les gains espérés du nouveau barème sont de 500 millions d’euros par an.

Quand on sait par ailleurs que les radars rapportent désormais presque 1 milliard d’euros par an, et que la hausse des deux carburants essence et diesel devrait rapporter au moins 2 milliards supplémentaires, le gouvernement empochera près de 3,5 milliards de plus par an et va donc consentir moins de 150 millions d’euros par an – soit un superbe effort de 4 % – dans le même temps à nettoyer le parc français. On mesure donc malheureusement le peu de réelle volonté politique d’aider les Français à rouler dans des voitures réellement plus sûres et plus propres ! C’est donc plus une séquence « frisson » qu’une séquence « émotion » qui s’annonce pour tous les automobilistes !

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