Ivan Segal, Renault : « Nous avons la certitude que la transition écologique est irréversible »

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Ivan Segal, directeur du commerce France du groupe Renault, dresse le bilan des immatriculations des neuf premiers de l’année. Avec une confiance retrouvée depuis l’arrivée de Luca de Meo, le groupe travaille avec son réseau pour terminer l’année 2020 le mieux possible et préparer l’avenir.

© groupe Renault
© groupe Renault

Auto Infos : Comment analysez-vous le marché français en septembre 2020 ?

Ivan Segal : Le marché français bénéficie d’un jour ouvré supplémentaire en septembre. Il baisse donc plus que ce que l’on voit en données brutes. C’est un sujet d’inquiétude car nous sommes tous partis avec de gros portefeuilles et nous avions annoncé que le mois de septembre allait résorber tout ceci. Finalement, on ne l’a pas trop vu.

Au niveau du groupe, nous avons récupéré beaucoup de portefeuilles Dacia, pris lors de la prime à la conversion. Côté Renault, il faut regarder les choses sur l’ensemble de la période. Je remarque que le groupe Renault prend 0,7 % de part de marché, ce qui n’est pas anodin sur un marché VP à 29 % à fin septembre.

A. I. : Quel atterrissage envisagez-vous pour la fin d’année ?

I. S. : Peut-être moins négativement que nos concurrents car il nous reste beaucoup de livraisons à faire en 2020. Nous travaillons avec le réseau sur notre rebond tout en le préservant pour passer cette période. Il a notamment travaillé sur le VO et l’après-vente pour compenser les pertes sur le marché VN.

Le vrai sujet qui nous occupe aujourd’hui est l’évolution du marché à long terme. À court terme, tout comme le CCFA, nous pensons que le marché devrait enregistrer une chute de - 25 %. Le marché « vert » confirme sa percée de mois en mois, pas seulement sur le full électrique mais également au niveau des hybrides et même le gaz. Nous avons une certaine visibilité sur ces énergies, c’est le point positif d’une évolution qui semble irréversible.

A. I. : Comment envisagez-vous les prochains mois en termes de rentabilité ?

I. S. : Sur une année très atypique, nous faisons le job grâce aux effets de la nouvelle Clio et Captur. La marque Renault est leader sur le canal des particuliers. Nous sommes très concentrés avec notre réseau, que nous avons rencontré cette semaine, pour les faire atterrir proprement à la fin de l’année. Je pense qu’ils sont tous rassurés. Nous allons faire une année qui sera, certes blanche financièrement parlant, mais positive pour la suite. En trésorerie, tout est rentré dans l’ordre. Nous allons ainsi démarrer l’année 2021 correctement pour essayer de gagner de l’argent.

A. I. : Le mois de septembre montre un déstockage sur les canaux tactiques. Est-ce une volonté de la marque ?

I. S. : Nous sommes en train d’assainir nos canaux de ventes. C’est une volonté du constructeur, qui est en phase avec le réseau. Nous nettoyons tous les canaux pour ne pas pousser des voitures additionnelles dans les derniers jours. Nous ne leur demandons pas des véhicules tactiques qui pourraient impacter leur fonds de roulement. Nous avons présenté une visibilité en stock réseau la semaine dernière. Nous avons rassuré nos distributeurs sur ce plan.

A. I. : Quels sont vos délais de livraison actuellement ?

I. S. : Les portefeuilles ne se livrent pas à la vitesse que l’on avait imaginée. On se mesure tous les uns, les autres. Il nous reste du portefeuille à livrer. À notre niveau, nous sommes mieux que les autres sur ce plan depuis la sortie du confinement. Il y a certes des endroits où nous avons des délais notamment avec les e-Tech et nos technologies hybrides avec des livraisons en novembre-décembre. Nous avons un peu de tirage également sur les véhicules utilitaires sur certaines versions avec des transformations un peu spécifiques.

A. I. : Peut-on déjà parler d’un effet Luca de Meo sur le groupe ?

I. S. : Je laisserai Luca de Meo s’exprimer dans les prochains mois. Mais oui, il a croisé le réseau et les équipes en interne. Il est vrai que nous ressentons une réelle adéquation avec ses premières paroles et ses premières idées. Je le dis d’autant plus qu’au niveau du réseau, les patrons de groupe sont rassurés sur l’avenir à ce niveau.

A. I. : En raison de la crise sanitaire, n’y a-t-il pas un problème au niveau de la confiance du client, qu’il soit particulier ou professionnel ?

I. S. : C’est exactement les questions que l’on se pose dans les constructions de notre budget. En revanche, nous avons la certitude d’une transition écologique irréversible. C’est une tendance sociétale depuis la sortie du confinement. On voit aussi que le régulateur, européen ou français, va plutôt nous emmener vers une sévérité des rejets. Nous essayons de le percevoir comme une force pour être au rendez-vous de cette transition. Rappelons que le marché de l’électrique a été multiplié par trois cette année. Nous avons une technologie hybride et hybride rechargeable qui va donner ses effets sur les prises de commande. Restera à traiter le sujet des flottes d’entreprise. Nous espérons que le régulateur aidera les clients flotte à faire la même bascule que les particuliers. Il faut un TCO qui se rapproche plus du thermique.

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