Jan Löning (Oscaro) : « Nous sommes restés debout et avons retrouvé la croissance »

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Oscaro a traversé la crise comme de nombreuses autres entreprises de l’après-vente automobile. Le site internet de vente de pièces appartenant au groupe Parts Holding Europe (PHE) a dû se concentrer sur le quotidien, tout en étant conforté dans la pérennité de son business-model basé sur la vente de pièces techniques aux particuliers. Jan Löning, son directeur général, fait le point sur la situation en cette sortie de crise.

Crédit photo : Oscaro
Crédit photo : Oscaro

Auto Infos : Oscaro a-t-il poursuivi ses activités pendant le confinement ?

Jan Löning : Tout à fait. Nous devions montrer à nos clients que nous étions là pour eux dans ce moment difficile. C’était très important. Cela n’a pas été facile car nous avons dû mettre en place des règles sanitaires strictes en interne.

A. I. : Quelles ont été vos difficultés en tant que spécialiste du commerce en ligne ?

J. L. : Le plus difficile a été de maintenir le fonctionnement de notre entrepôt, car les colis se préparent à la main et la présence humaine est indispensable. Nous nous sommes heurtés à des peurs légitimes et aux difficultés personnelles de chacun, ce qui est normal. Nous avons composé avec tous ces paramètres et nous avons surtout appris à écouter chacun et à bien communiquer nos actions à tous nos collaborateurs. Nous avons vu qu’il était capital de bien transmettre l’information en interne pour que tous connaissent les mesures qui étaient en place. Nous avons notamment mis en place des comités sanitaires avec les représentants du personnel. Ces derniers fonctionnent toujours à l’heure actuelle.

A. I. : Comment a évolué l’activité pendant cette période ?

J. L. : Au cours de la deuxième quinzaine de mars, nous avons vu une chute importante mais très irrégulière. Selon les journées, la baisse allait de 15 à 40 %. Ces chiffres sont remontés progressivement et nous avons enfin retrouvé de la croissance dès la fin du mois de mai. Nous avons perdu des plumes dans cet épisode.

A. I. : Quelles ont été vos principales difficultés ?

J. L. : Nous redoutions des problèmes d’approvisionnement mais cela n’a pas été le cas. Nous avons connu des délais rallongés mais globalement, tout a fonctionné. La partie la plus difficile a été le transport jusqu’aux clients finaux. Près de 60 % de nos livraisons passaient par Relais Colis. Nous avons donc dû trouver des solutions alternatives. Nous avons donc eu recours à Colissimo, Chronopost, France Express, GLS, UPS et Mondial Relay depuis le 11 mai. Les délais se sont donc rallongés mais nous avons maintenu notre service client pour répondre aux interrogations de ces derniers.

A. I. : Le modèle Oscaro a-t-il souffert pendant cette crise ?

J. L. : Non, nous sommes sortis de cette crise confortés dans la pérennité de notre business-model. Nous sommes restés debout et avons retrouvé la croissance. Cela a été une mise à l’épreuve mais notre modèle a montré qu’il était résilient.

A. I. : Comment envisagez-vous l’avenir ?

J. L. : Comment se projeter après une telle épreuve ? Je ne me risque plus à faire des prévisions. Notre modèle économique est bon. Le marché de la vente de pièces techniques affectées à des particuliers pour des véhicules de 10 ans et plus est porteur. Nous voulons gagner des parts de marché en France et à l’international. L’ouverture d’un nouveau pays est toujours à l’ordre du jour, même si elle interviendra en toute fin d’année ou au début de l’année prochaine. Rien n’a été remis en cause. Nous avons simplement suspendu les projets à moyen terme pendant le confinement pour nous concentrer sur la gestion du quotidien.

A. I. : Maintenez-vous le déploiement de votre offre de pneumatiques et de votre MDD ?

J. L. : Oui, nous élargissons notre offre en pneumatiques car ils représentent actuellement 1 % de notre chiffre d’affaires et nous aimerions arriver entre 5 et 10 %. Nous ne souhaitons pas devenir un spécialiste du pneu mais offrir à nos clients la possibilité de trouver leurs enveloppes sur le site. A la base, il s’agit d’ailleurs d’une demande de nos clients. Notre MDD devrait également voir le jour dès cette année. Notre force reste la pièce technique affectée à une plaque d’immatriculation. Nous pouvons encore prendre des parts de marché sur ce secteur. La crise a renforcé le e-commerce, ce qui est positif pour nous. Je reste confiant, même si toute prévision est hasardeuse aujourd’hui. Nous espérons que la croissance se maintiendra au second semestre et quoi qu’il arrive, restons attentifs et soyons réactifs, comme nous l’avons été pendant la crise.

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