L’Australie n’a plus d’industrie automobile

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Une page vient de se tourner en Australie avec Holden, la dernière usine automobile du pays, qui ferme ses portes. Le symbole est fort, car Holden c’est le constructeur national, celui qui a débuté la production de véhicules de masse en Australie avec la 48-215, il y a près de 70 ans dans son usine CKD au nord d’Adélaïde.

L’Australie n’a plus d’industrie automobile

Bien que propriété de General Motors, Holden fut longtemps vendue comme "La voiture australienne", un symbole de l’essor économique australien de l’après-guerre. L’évènement est important localement, puisque le premier ministre australien a fait une déclaration plutôt émouvante à la radio : "Je me sens très triste, comme nous tous, car c’est la fin d’une ère".
C’est le dernier épisode d’une situation qui a commencé avec la crise. C’est d’abord Mitsubishi qui a fermé son usine, elle aussi, située proche d’Adélaïde en 2008.

Dès 2014, les trois constructeurs restant après le départ de Mitsubishi avaient annoncé la mort programmée de l’industrie automobile locale avec la fermeture de leurs usines d’assemblage CKD respectives. La dernière Ford fabriquée en Australie est sortie de la chaîne de montage il y a tout juste un an, en octobre 2016. Toyota a fermé son usine de Melbourne, il y a quelques semaines, fin septembre 2017.

Pour l’UMWA, le syndicat des travailleurs de l’industrie australienne, la faute appartient au gouvernement qui a retiré les subventions à l’industrie automobile en 2014. Le gouvernement s’en défend en rappelant que les constructeurs automobiles ont bénéficié de 30 milliards de dollars australiens - près de 20 milliards d’euros - d’aides entre 1997 et 2012 (1 AUD = 0.66 EUR).

D’une part le marché australien ne produit pas assez de voitures pour que ses usines soient rentables face aux sites asiatiques et d’autre part sa main d’œuvre coûterait en moyenne 30 % de plus qu’aux États-Unis, d’après le quotidien économique japonais Nikkei. C’est, pour sûr, un argument de poids pour ceux qui plaidaient pour une importation pure et simple de built-ups depuis des sites plus rentables.

Dernier coup d’éclat pour la marque Holden quand elle a dévoilé en 2014 l’ultime déclinaison sportive de son pick-up, le HSV GTS Maloo, avec son V8 de 6,2 litres délivrant 577 chevaux, soit le plus puissant pick-up de série au monde. Un utilitaire de 577 chevaux…pour une production de 250 unités. La dernière voiture, une Commodore, est sortie de la ligne de production le 20 octobre avec sa bannière « Last Car ».

Notre production automobile est, elle aussi, confrontée aux mêmes difficultés que l’industrie automobile australienne, bien que nous ne soyons pas dans la même situation. Rappelons-nous l’onde de choc dans le pays quand Peugeot avait annoncé en 2012 la fermeture du site d’Aulnay pour 2014 avec ses 3 000 employés ou encore la disparition de Heuliez en 2013. Malheureusement il y a probablement d’autres sites qui seront amenés à disparaitre aussi chez nous.

Bernard Coste (bc@bernard-coste.com) est membre de Team Auto

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