L’État avance 6 milliards aux constructeurs français

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L'État avance 6 milliards aux constructeurs français

Le plan de soutien aux constructeurs français a été dévoilé le 9 février dernier. Le gouvernement a annoncé qu’il prêtait à Renault et PSA 6 milliards d’euros, soit 3 milliards chacun. Il s’agit d’une aide sous forme de prêts à taux préférentiels ou bonifiés (environ 6 à 7 % au lieu de 11 à 12 % habituellement). Comme l’avait souligné le Premier ministre lors des États Généraux de l’automobile, le 20 janvier dernier, l’acceptation de cette somme s’accompagne, pour Carlos Ghosn et Christian Streiff, d’un engagement formel à ne pas licencier ou fermer d’usine en France (du moins pendant la durée du prêt, donc cinq ans), à réduire les dividendes versées aux actionnaires et à soutenir les équipementiers et leurs sous-traitants. Une partie de cet argent devrait donc servir à renforcer le fonds de soutien aux équipementiers qui avait été doté - le 20 janvier justement - de 300 millions d’euros. « Ce prêt permettra au groupe de soutenir en particulier son programme de développement de véhicules plus propres, plus économes en énergie et abordables pour ses clients », a déclaré PSA. De son côté Renault salue cette avance qui lui est accordée et qui est « bienvenue en pleine crise du crédit ». « Il va également nous permettre de poursuivre nos développements et investissements dans le domaine de la mobilité durable », a déclaré C. Ghosn qui s’engage à développer principalement en France les systèmes de technologies pour des véhicules propres.

Bruxelles qui tousse

Si l’on additionne ce nouveau prêt aux millions d’euros déjà prêtés aux filiales bancaires des constructeurs (RCI Banque et PSA Finance) et les 500 millions d’euros supplémentaires accordés à Renault Trucks (ndlr : son propriétaire, Volvo, refuserait pour l’heure de l’accepter en raison des contraintes associées), l’État aura consenti plus de 7,6 milliards d’euros à l’industrie automobile tricolore. De plus, Nicolas Sarkozy devrait supprimer une partie de la taxe professionnelle pour accroître la compétitivité nationale des entreprises, et notamment des constructeurs automobiles. Les réactions n’ont pas tardé. Selon Reuters, la Commission a déjà écrit aux autorités françaises pour demander un certain nombre d’éclaircissements au sujet de ce plan. Si l’aide venait à être soumise à des conditions en contradiction avec le principe du marché unique (...) elle serait alors considérée comme étant illégale et par conséquent non autorisée par la Commission a précisé Bruxelles lors d’une conférence de presse. À suivre...

Photo : Nicolas Sarkozy, à côté de Christian Streiff, visitant le site de production de Vésoul.

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