L’Observatoire Cetelem confirme la fracture automobile

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Dans le cadre de son étude annuelle, l’Observatoire Cetelem a mesuré l’écart entre grandes villes et campagne en matière d’utilisation et de perception de l’automobile et des transports en commun. Un constat sans grande surprise.

L’Observatoire Cetelem confirme la fracture automobile

Pour la 35e année, l’enquête annuelle de l’Observatoire Cetelem avait choisi de mettre l’accent sur « la fracture automobile ». Selon l’institut d’études du groupe BNP Paribas Personal Finance, « après la fracture sociale et la fracture numérique, une troisième démarcation s’installe progressivement dans notre société : c’est la fracture automobile ». Un constat qui n’est pas nouveau mais qui est peut-être moins visible depuis la capitale. Cependant, cette enquête ne s’en tient pas à la France, avec 10 000 personnes interrogées dans l’Hexagone mais aussi en Europe et dans le monde. Un périmètre qui permet de comparer chiffres et tendances tout en mesurant l’évolution du marché global de l’automobile. Ainsi, ce dernier devrait baisser de 4,4 % cette année au niveau international. Il s’agirait de la plus forte baisse depuis dix ans. Une tendance qui doit pourtant être relativisée en raison du niveau élevé des immatriculations. Pour 2020, l’Observatoire Cetelem table sur une stabilisation, avec une reprise des ventes en Chine, une légère baisse aux États-Unis et un recul de 3 % au niveau européen et en France. Au-delà de ces fluctuations, l’automobile n’est pas perçue de la même manière dans le monde mais aussi en France.

Moyen de transport indispensable

Avant de parler de la perception de l’automobile, il paraît utile de remarquer que le marché français actuel reste orienté vers les flottes. En effet, les particuliers ne représentent plus que 45 % des acheteurs en 2019. Le taux d’achat des ménages se limite donc à 3 % cette année. En France comme dans le reste du monde, les conducteurs sont attachés à leur voiture. Elle reste un moyen de transport indispensable pour les déplacements quotidiens et un objet de liberté pour l’ensemble des personnes interrogées. Près de 81 % des personnes interrogées en France se disent attachées à leur véhicule. Lorsqu’on leur demande s’ils imaginent ne plus posséder de voiture pour le reste de leur vie, près de 43 % répondent oui. Un taux plus faible que la moyenne européenne (55 %) et mondiale (57 %). La perception de l’automobile en tant que cause principale de la pollution diffère également d’un pays à l’autre. Allemands et Français restent les plus sceptiques à ce sujet, avec des taux de 42 % et 46 %, pour une moyenne européenne de 60 % et de 66 % au niveau mondial. Des résultats peu étonnants pour ces deux bastions de l’industrie automobile. En matière de dépenses, le carburant s’impose au premier rang des coûts pour les répondants. Un sujet particulièrement sensible et au sujet duquel l’écart se creuse entre grandes métropoles et petites villes.

Auto des villes, auto des champs

Le fossé se creuse dès que l’étude aborde la possibilité de ne plus posséder de véhicule. Si la moyenne française est déjà basse avec 43 %, l’écart est important selon la zone géographique des répondants. Dans les villes inférieures à 100 000 habitants, le taux atteint seulement 38 %, alors qu’il remonte à 61 % au-dessus de ce seuil. Malgré le coût du carburant, seulement 32 % des conducteurs issus de petites villes et de zones rurales renoncent à certains trajets en raison du prix du gasoil ou de l’essence. Ils sont 67 % dans les grandes métropoles de plus d’un million d’habitants. Lorsque l’enquête demande si les pouvoirs publics devraient augmenter ou baisser les taxes sur les carburants, 15 % des répondants se disent favorables à une hausse. Dans les petites villes, 75 % des habitants sont favorables à une baisse et dans les grandes métropoles, ce taux atteint 50 %. Face à l’importance de l’automobile pour de nombreux Français, l’Observatoire Cetelem s’est intéressé aux transports en commun. L’occasion de constater que 61 % des Français n’utilise jamais ce mode de transport. Seulement 28 % ont un abonnement, même si 41 % des répondants disent avoir un arrêt à moins de cinq minutes de chez eux. Cependant, il est dommage que l’enquête ne se soit pas intéressée aux arrêts situés à proximité des lieux de travail de chacun. Enfin, le covoiturage pour les trajets liés au travail ne concerne que 10 % des jeunes dans l’Hexagone et l’auto-partage atteint péniblement les 7 % pour l’ensemble de la population. Cette étude démontre bien que la mobilité évolue, mais ces changements concernent surtout les grandes ville, ce qui n’étonnera que certains citadins.

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