L’empire Jean Rouyer Automobiles vise le milliard d’euros

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Si la Californie possède sa Silicon Valley, Cholet peut se targuer de détenir la « Vallée Rouyer ». L’opérateur est un acteur économique prépondérant dans le bassin choletais depuis près de quatre décennies. À la vente de voitures, le distributeur a associé divers services comme un lieu de restauration (O’TO), ainsi qu’un espace de garde d’enfant.

L’empire Jean Rouyer Automobiles vise le milliard d’euros

Jean Rouyer Automobiles voit le jour en 1982 lorsque son fondateur Jean Rouyer, autodidacte breton, achète l’ancien site Simca-Peugeot-Talbot de Cholet (49) et le transforme en concession Renault. Trois ans plus tard, il se lance dans la location de voitures avec l’enseigne Europcar. En 1990, l’entrepreneur décide de diversifier son portefeuille de marques en intégrant progressivement Volkswagen, Volvo et Nissan, mais c’est à partir des années 2000 que la toile de l’entreprise familiale commence véritablement à s’élargir. Plaque après plaque, le groupe grignote rapidement le Grand Ouest de l’Hexagone au point de détenir l’ensemble des affaires Renault et Volkswagen en Vendée (85), ainsi que celles de la firme allemande en Gironde (33).

Aujourd’hui, le groupe compte 60 concessions réparties sur 14 départements, allant de Cherbourg à Bordeaux, et dirige une armée de 1 700 collaborateurs. Depuis le décès de Jean Rouyer en mai 2016, sa femme Colette siège à la tête du conseil de surveillance entourée de ses enfants (Lionel, Christophe et Bénédicte) et ses plus proches collaborateurs à l’image de Florent Prezelin, président du directoire et ancien bras droit du dirigeant. L’âme de ce dernier est encore très présente au sein des bâtiments. Son portrait accroché dans les espaces de vie en témoigne. Car si le groupe figure parmi les dix meilleurs distributeurs automobiles français c’est grâce à ses ambitions sans limite et sa vision à long terme. « Pour résister dans l’environnement économique de la distribution automobile de demain, M. Rouyer pensait qu’il était nécessaire de créer une économie d’échelle en matière de distribution de voitures et de pièces, souligne Florent Prezelin qui a intégré l’entreprise il y a 25 ans. Les constructeurs vont probablement être plus économes, donc nous devons être plus autonomes sur la création de richesses, notamment à travers la diminution de charges de fonctionnement et de structure ».

L’un des aboutissements de ce raisonnement a été la création d’un magasin centralisé à la Roche-sur-Yon (85) en 2014. L’établissement gère l’approvisionnement en pièces de rechange Renault pour toute la Vendée. La collaboration avec la marque au losange s’est imposée comme une évidence : entre les agents et les MRA, le groupe livre près de 800 clients. La relation entre l’opérateur et le constructeur s’est renforcée à mesure des années. En 2010, Jean Rouyer Automobiles est même devenu importateur Renault au Vietnam (Auto Motors Vietnam). Une aventure périlleuse puisque la marque n’y était plus commercialisée depuis 1958. Trop coûteuse, cette incursion a tenue huit ans.

Relancer l’apprentissage

En dépit des perturbations sociales survenues en 2019, le groupe choletais a maintenu ses résultats en vendant 49 700 véhicules (25 800 neufs et 23 900 d’occasion) contre 50 100 il y a deux ans. « Nous avons constaté une certaine hésitation de la part des particuliers alors que les ventes à société sont restées globalement stables, voire même en hausse, analyse le président. C’est d’ailleurs ce que l’on observe encore depuis le début de l’année. Par contre la bonne nouvelle de l’exercice précédent qui se confirme en 2020 est la bonne tenue de l’activité après-vente de toutes les marques, que ce soit pour la mécanique, la vente de pièces et la carrosserie ».

Pour relever les objectifs de croissance des constructeurs, le groupe prévoit d’accentuer trois leviers que sont le véhicule d’occasion (notamment via le canal du digital qui représente 25 % des ventes du groupe), le financement et l’activité après-vente. Sur ce troisième point, l’opérateur doit faire face à une réalité économique : la pénurie de main d’œuvre dans les Pays de la Loire, l’une des régions de France le moins touchée par le chômage. Pour y remédier, la relance de l’apprentissage se montre nécessaire. Là encore, Jean Rouyer avait anticipé cette difficulté en créant en 2005 le premier centre de formation intégré à un groupe automobile, Cefodis Auto. Pendant onze mois, entre 15 et 20 candidats suivent une formation de vendeur automobile en alternance. En 15 ans, 180 diplômés ont foulé les bancs de l’académie.

Ce centre répond également à la formation continue des collaborateurs déjà en place. « Il permet de s’assurer de la qualité professionnelle des vendeurs, mais aussi d’adapter le parcours de formation, en plus du programme fournit par le GNFA, en fonction de nos besoins (financement, connaissance produits, qualité de service etc). Cette originalité nous a permis d’intégrer chaque année en interne une vingtaine de jeunes qui revendiquent une appartenance plus forte à notre ADN familial ». Depuis leur alternance, la moitié des candidats travaille toujours au sein du groupe et a gravi les échelons au fil des années. Florent Prezelin compte sur l’ensemble des équipes pour relever un défi commun : passer la barre symbolique du milliard d’euros de chiffre d’affaires (905 millions d’euros enregistrés en 2019). Pour y parvenir, le groupe anticipe une croissance externe nécessaire, d’autant que le dernier rachat remonte à janvier 2019 avec la concession Renault/Dacia à Clisson (44). La représentation d’un nouveau panneau sur le territoire actuel ou voisin est l’une des pistes envisagées.

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