La Chine, terre promise des ventes de pièces automobiles

Publié le par

Le marché automobile chinois est en plein boom. Celui des pièces de rechange est en passe de connaître une accélération similaire. Gros plan.

La Chine, terre promise des ventes de pièces automobiles

Alors que la Chine apparaît comme un eldorado où les constructeurs réalisent déjà 40 % de leurs profits annuels tout en affichant une marge opérationnelle moyenne de 12 % selon le cabinet Mc Kinsey, le cabinet de conseil TNP vient à son tour de consacrer une étude au sujet de la montée en puissance de la distribution de pièces de rechange dans l’Empire du Milieu.

Un marché qui va doubler

Consultant en charge du sujet chez TNP, Matthieu Lebeurre rappelle d’emblée que le marché Chinois, qui devrait à nouveau enregistrer une progression de quelque 7 % cette année, a généré la vente de 23 millions de véhicules en 2014. Il héberge un parc roulant composé de modèles dont la moyenne d’âge est déjà passée de 3 à 4,5 ans en quelques années. Ce qui implique une augmentation naturelle des besoins d’entretien, donc de vente de pièces détachées. Il convient de préciser que les constructeurs tirent déjà près de 40 % de leurs bénéfices du négoce des PR et des accessoires destinés à leurs modèles. Par ailleurs, la clientèle qu’ils doivent satisfaire est particulièrement attachée à l’utilisation de produits d’origine, sur fond de recours à la contrefaçon trop souvent décrié.

Enjeu environnemental

De même, les estimations retenues par TNP portent à croire que le volume des pièces vendues sur place devrait doubler d’ici à 2018. Il convient d’ajouter que les modes d’approvisionnement des points de stockage et de commercialisation de ces produits, mais aussi de ceux vers lesquels sont envoyés des véhicules finis vont se déployer en tenant compte d’un enjeu environnemental particulièrement important aux yeux du gouvernement Chinois. De fait, ce dernier ne peut que définir des règles d’activité établies au regard de taux de pollution qui sont parmi les plus importants. Pour mémoire, les mêmes instances avaient mis en cause la tarification appliquée par les importateurs sur le front de la Supply Chain au fil des mois passés. Ce qui semble avoir poussé ces opérateurs étrangers à réviser rapidement leur tarification à la baisse…
Parmi les solutions susceptibles de diminuer l’impact de la pollution attachée à l’acheminement des pièces, TNP évoque des initiatives visant à favoriser le transport ferroviaire et fluvial, tandis que celui de la route est choisi aujourd’hui à raison de 88 % des besoins traités.

Classe moyenne et e-commerce

Autre joker de nature à bousculer la donne de la distribution PR telle qu’elle est connue et réalisée en Europe : les consommateurs chinois qui font l’acquisition de leurs premiers véhicules neufs appartiennent à une classe moyenne qui dispose d’un pouvoir d’achat conséquent. Ces mêmes consommateurs affichent un âge médian de 35 ans, largement moins élevé que sur le Vieux Continent (55 ans). Ce qui ramène au fait qu’ils sont particulièrement demandeurs de produits à forte valeur ajoutée… Ils se tournent volontiers vers le e-commerce. En effet, 800 millions d’utilisateurs se connectent en permanence sur Internet, via un prestataire local dénommé WeChat. De quoi aboutir à un modèle sectoriel où le nombre de sites de livraison soit moins important ?
En tout cas, TNP évoque dans son analyse une possible montée en puissance d’espaces exploités par les opérateurs industriels directement, et qui ne déstabiliseraient pas le business traditionnel des concessionnaires de marques à l’exemple des salons et autres malls de grand passage… Il est enfin clair que la machine chinoise à vendre des pièces va devoir progressivement investir des zones territoriales encore mal occupées, où les réseaux de vente et de services des constructeurs font également peu à peu leur entrée. Il s’agit de celles qui se déploient vers l’intérieur du pays.

Production locale et logistique

Simultanément, elle est de nature à être alimentée par les unités de production locales des constructeurs nationaux tels que FAW Xiali, Chery, Geely, Hafei Motors, Jiangling, Landwind, Zotye Auto ou DFM Fengxing. Puis par les chaînes que les marques importées installent en nombre croissant dans le cadre de coentreprises intégrant la présence de partenaires chinois. À l’exemple de la Shanghai General Motors Company mise en activité par GM en liaison avec le groupe SAIC (Shanghai Automotive Industry Corporation), de Dong Feng Peugeot-Citroën ou encore de Changan PSA automobile, via la JV que PSA a concrétisée avec cet opérateur asiatique.
À noter en outre l’intervention affirmée de plusieurs sociétés expertes en logistique, notamment la suédoise Wholl Wallenius Wilhemsen, les européennes APL Logistics, BLG Logistics et DB Schenker, ou la chinoise Enji Logistic. Cette dernière dispose d’une cinquantaine d’entrepôts occupant près de 3,7 millions de mètres carrés d’installations à l’intérieur des terres. Les moyens d’intervention sont en place et sont visiblement susceptibles de déboucher sur une success story annoncée.

En partenariat avec le En partenariat avec CNPA
A la une
La quotidienne Auto-infos