La Fiev dénonce la marche forcée vers le tout électrique

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À l’occasion d’une conférence sur l’avenir de la filière automobile, la Fiev a estimé que le choix imposé du tout électrique n’était pas fondé, tout en pointant des risques de destruction d’emplois de grande ampleur.

© Fiev
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Lors d’un webinar organisé en présence du député Jean-Marc Zulesi, rapporteur du titre « Se déplacer » du projet de loi Climat et résilience et responsable du texte de la loi d’orientation des mobilités (LOM, décembre 2019), la Fiev a d’abord mis en garde contre une situation préoccupante. « Les conséquences de la crise sanitaire ont été extrêmement pénalisantes et se poursuivent, notamment pour les équipementiers, à l’instar de ce qu’ils subissent avec la pénurie de semi-conducteurs et l’inflation des matières premières. Une situation qui perdure et qui ne fait que renforcer les effets néfastes d’un marché qui s’est globalisé à outrance au fil des ans et dans lequel l’industrie équipementière française a vu ses effectifs réduits de plus d’un tiers faute d’être suffisamment compétitive (- 35 % entre 2007 et 2016) », expose la fédération. Et de poursuivre : « La profession s’inquiète aujourd’hui de la capacité de survie de nombreuses entreprises si rien n’est fait avec le concours de ceux qui font le tissu industriel français. La Fiev souligne que l’étude récente à laquelle elle a contribué, menée par l’Observatoire des métiers de la métallurgie, envisage une perte de 32 000 emplois directs à un horizon de trois ans ».

La Fiev souligne que ses adhérents et tous les acteurs de la filière sont engagés dans une démarche environnementale, tout en appelant à promouvoir la neutralité énergétique et par extension, la diversité énergétique (combustion, hybride, hybride rechargeable, gaz, hydrogène…). « Aujourd’hui le constat est rude : les changements technologiques au profit du tout électrique sont imposés aux équipementiers sans tenir compte de la science et de la réalité du temps industriel. La classification Crit’Air décriée par une récente étude de l’Ifpen (Institut français du pétrole et énergies nouvelles) ou encore le malus masse ne s’appuyant sur aucun apport issu de la R&D en sont les tristes illustrations », dénonce la Fiev, tout en réclamant une plus forte stabilité fiscale et réglementaire du gouvernement.

À l’heure de la globalisation, la Fiev appelle à revitaliser le site France, pour lui redonner de la compétitivité. Dans cette optique, elle se félicite de plusieurs mesures : les mesures du plan de relance pour les projets industriels d’investissements de la filière automobile et ce dans un contexte, de verdissement des sites de production ; la création du Comité d’orientation de la recherche automobile et mobilité (Coram) ; la trajectoire de réduction de l’impôt sur les sociétés (IS) ; la baisse des impôts de production réalisée, le syndicat rappelant qu’il conviendra de sanctuariser la seconde baisse prévue après 2023 et de la compléter par des étapes supplémentaires.

« Parce que nous comptons parmi les adhérents de la Fiev des groupes internationaux qui approvisionnent un marché mondialisé, nous disposons d’une expertise, tant sur le plan technique que sur le plan de l’attractivité. En tant que syndicat professionnel, notre objectif est donc de contribuer à maintenir sur le territoire français un tissu fort d’équipementiers, synonyme également d’emplois et de création de valeur. Mais pour ce faire, il est essentiel que la politique publique soit définie de manière concertée, dans le respect de la neutralité technologique d’une part et la stabilité réglementaire d’autre part. C’est pourquoi, nous avions à cœur d’initier cette dynamique en conviant les représentants parlementaires impliqués sur nos sujets à venir débattre avec nos adhérents et entendre nos analyses et retours d’expérience », conclut Claude Cham, président de la Fiev.

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