La Proovstation sort de l’ombre

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La jeune entreprise française Proovstation vient de présenter officiellement son scanner de véhicules. Un appareil aux ambitions mondiales, pour des applications dans l’industrie, la logistique et le remarketing VO.

© Auto Infos
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Quatre ans après la naissance du projet, la Proovstation sort de l’ombre pour aborder le marché de l’inspection automobile. Un potentiel estimé par la firme à 5 milliards d’inspections annuelles au niveau mondial. « Le temps moyen d’une inspection manuelle est de vingt minutes par véhicule. Notre solution nécessite moins de deux minutes par voiture », explique Cédric Bernard, co-fondateur de Proovstation avec Gabriel Tissandier. Bien connu dans le monde de la distribution automobile, le groupe Bernard est l’un des principaux partenaires financiers de ce projet. Cependant, Cédric Bernard, issu du groupe éponyme, est aujourd’hui lancé pleins gaz dans le projet Proovstation. Un concept en pleine phase d’accélération, puisque 73 portiques sont aujourd’hui en portefeuille, avec des clients comme le logisticien GCA et le spécialiste du VO BCAuto Enchères. Ce dernier a commandé 40 portiques pour accélérer les inspections dans ses différents sites en Europe.

Gain de temps

L’inspection d’un véhicule est aujourd’hui une étape chronophage et fastidieuse.« C’est un processus qui coûte cher et qui peut générer des erreurs », poursuit Cédric Bernard. « L’intelligence artificielle ne peut pas se tromper, il suffit de lui apprendre tous les cas de figure possibles », ajoute-t-il. En effet, le système du portique Proovstation repose non seulement sur un savant et secret mélange entre 25 caméras et capteurs, mais aussi sur de l’intelligence artificielle (IA). Le principe est simple mais le procédé technique complexe. Le véhicule roule lentement sous le portique en étant mitraillé par plus de 1 000 photos captées sous tous les angles. L’opération prend quelques secondes et le logiciel donne son compte rendu en une minute. Comme toute innovation basée sur l’intelligence artificielle, la réussite passe par l’apprentissage. Il faut nourrir la machine pour qu’elle reconnaisse chaque cas de figure et l’interprète correctement. Une étape qui a nécessité de longs tests avec les premiers clients et qui se prolonge aujourd’hui grâce aux dix portiques déjà en fonction. « Nous détectons actuellement 80 % des dommages à partir de 4 ou 5 mm, soit le niveau d’un inspecteur », explique Gabriel Tissandier.

Nourrir l’intelligence

Le travail mené actuellement devrait permettre au portique d’identifier 95 % des dommages d’ici à la fin de l’année. « Le travail d’apprentissage ne cessera jamais car nous continuerons à enrichir l’intelligence artificielle », poursuit Gabriel Tissandier. Cet enrichissement est effectué en interne au sein d’une AI Super Factory implantée en France. « Nous préférons intégrer cette fonction pour garantir un niveau de qualité supérieur pour ces données », précise-t-il. Sur les cinquante collaborateurs de la firme, la moitié travaille au sein de ce Data Center. Si Proovstation reste à l’origine du portique et de son cœur informatique, la fabrication passe par un partenaire français issu du monde de la défense. « Nous sommes prêts aujourd’hui à produire 20 à 30 portiques par jour grâce à ce partenaire industriel », ajoute Cédric Bernard.

Ambitions mondiales

Ce rythme de production en dit long sur les ambitions de la jeune entreprise. Le potentiel représenté par le nombre d’inspections de véhicules dans le monde ouvre un marché considérable à Proovstation et à ses concurrents. En effet, plusieurs firmes développent des outils similaires, dont une société israélienne issue de la défense. En France, Tchek déploie une solution assez proche mais cible plutôt le remarketing VO à une échelle différente. En effet, une Proovstation coûte cher et ses concepteurs en sont conscients. « Notre modèle passe par un leasing d’un montant global de 5 000 euros par mois, sur 48 mois », annonce Cédric Bernard. « Ce coût nécessite de forts volumes de véhicules, ce qui explique le positionnement industriel de notre portique. Sa précision et sa rapidité permettent de passer jusqu’à 1 500 véhicules par jour », poursuit-il. La firme travaille actuellement avec trois constructeurs, dont l’un a adopté le portique en sortie de chaîne, pour contrôler la qualité de ses voitures neuves et certifier leur état avant leur transport. En plus de ces clients d’envergure, Proovstation cible les logisticiens et les négociants VO B to B. Cependant, cette cible s’élargit aujourd’hui à certains acteurs de la distribution automobile, comme l’explique Cédric Bernard. « Des groupes sont en train d’investir massivement dans des usines de reconditionnement VO et des carrosseries mutualisées. Des installations qui fonctionnent selon des processus industrialisés, donc notre produit peut leur convenir. C’est une cible potentielle qui s’ouvre à nous plus rapidement que prévu ». Les deux fondateurs travaillent également sur l’expertise à distance pour le compte des assureurs. Un autre marché potentiel pour une innovation dont on devrait entendre parler dans les mois à venir, qu’elle s’appelle Proovstation, Tchek ou UVeye.

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