La filière automobile auditée par le Sénat

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Renault, PSA Peugeot-Citroën, la Fédération des industries des équipements pour véhicules (Fiev) et le Conseil national des professions de l’automobile (CNPA) ont été audités ce matin (mercredi 25 mars) sur le Pacte automobile par la commission des Finances présidée par Jean Arthuis ainsi que par la commission des Affaires économiques présidée par Jean-Paul Emorine. Morceaux choisis.

Patrick Pelata, directeur général délégué de Renault

"L’automobile est une industrie mondiale et la crise qui la frappe est mondiale. Les marchés se sont retournés début 2008 aux États-Unis avant de toucher les autres pays. Aujourd’hui, l’ensemble de l’industrie est sur un décrochage de l’ordre de 25 % dans le monde."

"Il s’agit d’une crise à la fois financière, économique puisque le marché automobile enregistre un recul de 50 % en Espagne, de 35 % aux États-Unis ou encore de 77 % en Ukraine ; et structurelle en raison de surcapacités et d’excès du nombre de marques et modèles offert à la clientèle."

"En 2008, notre free cash flow (ndlr : le flux de trésorerie disponible) a été négatif. Cet obstacle est cependant derrière nous, notamment grâce à l’appui du gouvernement français."

"La santé de Renault repose sur trois piliers : la Mégane, la Logan et le véhicule utilitaire."

"Grâce à la réactivité du gouvernement qui a instauré la prime à la casse, le nombre de commandes enregistrées par Renault à ce jour est supérieur au score de l’an passé à la même période."

"Le prêt gouvernemental de 3 milliards d’euros (ndlr : dont les exemplaires ont été signés par Patrick Pélata le 24 mars) était indispensable. Il constitue pour nous un emprunt relais vital qu’aucune banque ne voulait nous accorder."

"Nous ne fermerons pas d’usine d’assemblage en France pendant toute la durée de ce prêt."

"Nous nous préparons à l’après-crise et pensons que les marchés émergents vont peser de plus en plus lourd."

"La suppression de la taxe professionnelle représente un gain de 170 millions d’euros pour Renault et contribuerait donc à renforcer la capacité d’innovation du tissu industriel français."

"Le pire est derrière nous en terme de production."

"Il n’y aura pas de stock-option."

"Nos coûts fixes deviennent insupportables et nous n’avons pas d’accès au crédit en dehors du prêt gouvernemental."

"L’industrie automobile américaine représente quatre fois l’industrie automobile française en terme de production."

"Nous misons sur le véhicule électrique car nous pensons que l’hybride n’est pas une technologie de rupture. En Europe, 30 % du parc automobile n’est utilisé qu’à l’occasion de déplacements domicile/école/travail ou le week-end. À considérer que nous touchions 10 % de ce potentiel, cela représenterait 1,5 million de voitures. C’est considérable ! Il faut maintenant investir un réseau de recharge et nous travaillons déjà avec EDF. Le véhicule électrique est une pépite que nous protégeons dans la traversée de la crise."

"Je rappelle qu’avec Nissan, nous sommes le quatrième constructeur mondial en volume."

Christian Streiff, président du directoire et Isabelle Marey-Semper, directeur financier, directeur de la stratégie et de l’innovation de PSA peugeot-Citroën

"Nous représentons 14 % du marché européen, nous avons réalisé un chiffre d’affaires de 55 milliards d’euros en 2008, nous avons vendu 3,3 millions de véhicules dans le monde et nous employons 109 000 collaborateurs en France."

"Nous avons plusieurs métiers : Banque PSA Finance, l’équipement avec Faurecia et la logistique avec Gefco."

"PSA est le leader incontesté des véhicules à basse consommation. Nous avons commercialisé 500 000 véhicules émettant moins de 120 g de CO2/km."

"Nous sommes mobilisés dans l’amélioration du rendement des moteurs thermiques, la technologie stop & start et l’hybride. Nos ingénieurs travaillent aussi sur le véhicule électrique."

"PSA est le n°2 européen derrière Volkswagen et nous entendons bien le rester."

"Le prêt gouvernemental de 3 milliards d’euros financera en majorité nos investissements sur les véhicules propres. Cela permet aussi à Banque PSA Finance de maintenir ses offres de prêts à la consommation sur le lieu de vente."

"PSA n’a pas l’intention de fermer d’usine en France et nous ne prévoyons aucun plan de licenciement en 2009 en France."

"PSA est un groupe bien armé pour affronter la crise. Sa situation financière est solide, son taux d’endettement est de 22 %. Les fondamentaux sont bons."

"Banque PSA Finance est un partenaire indissociable de la vente de véhicules Peugeot et Citroën dans le monde, qui assure aussi les besoins en fonds de roulement de notre réseau de distribution. En France, Crédipar représente 40 % de l’activité mondiale de Banque PSA Finance et finance un véhicule sur trois. Sur 23 milliards d’euros, 6 milliards correspondent au financement des stocks portés par les distributeurs et 17 milliards aux crédits automobiles affectés sur le lieu de vente."

"70 % des voitures ’primées’ (à la casse) pour PSA sont de fabrication française."

"50 % de notre production mondiale est faite en France. 25 % de nos ventes sont réalisées en France."

"Les 208 et C3 de l’avenir auront un moteur qui consommera la moitié d’un moteur normal."

"Nous entretenons une relation stratégique avec treize fournisseurs. De manière générale, nous ne tenons pas nos sous-traitants à une simple distance d’acheteurs."

"La voiture purement électrique ne va représenter que 5 à 10 % du parc automobile à l’horizon de 15 à 20 ans."

"Le marché automobile est fondamentalement régional et le deviendra de plus en plus. Notre gamme sud-américaine est différente de notre gamme chinoise et européenne."

"Nous avons mis en place une cellule de crise pour gérer les problèmes de chaque concessionnaire et équipementier. Nous avons la chance d’avoir des distributeurs bien capitalisés."

"L’histoire de PSA et de Renault est celle d’une belle collaboration qui s’est arrêtée quand Renault a fait alliance avec Nissan. Aujourd’hui, nous ne voyons aucun intérêt à collaborer ensemble."

"J’ai renoncé à toucher les 250 000 euros correspondant à ma rémunération variable."

Jacques Monnet, directeur délégué de Fiev

"Les équipementiers représentent 23 milliards d’euros de chiffre d’affaires et 114 000 emplois. Nous pensons qu’en 2009, ils représenteront 15 milliards d’euros de chiffre d’affaires et 90 000 emplois, soit une baisse de 25 % de l’activité. Il est primordial que nos PME deviennent des ETI, c’est-à-dire des entreprises de taille intermédiaire."

Patrick Bailly, président du CNPA

"Nous représentons l’aval de filière de la distribution au recyclage, soit 450 000 salariés, donc plus que les constructeurs et les équipementiers réunis ! Notre tissu est composé en majorité de petites et moyennes entreprises, garantes d’emplois non délocalisables."

"La tendance est aussi à la réduction. 3 500 emplois ont été supprimés au quatrième trimestre 2008 dans les métiers du commerce et de la réparation automobile et encore 3 000 emplois sur les mois de janvier et février 2009."

"Je soulignerais le changement important de comportement de la clientèle. Depuis la hausse du prix du pétrole l’an dernier, les consommateurs ont modifié leur comportement de façon quasiment irréversible. Et leurs critères d’achat sont le prix et le prix d’usage."

"Si le marché des particuliers, soutenu, se porte correctement, le marché des sociétés qui représente 40 % de notre activité est arrêté. Par ailleurs, la situation dans le poids lourds est dramatique pour les distributeurs et réparateurs de véhicules industriels."

"Il faut mettre de l’huile dans les rouages. La principale difficulté aujourd’hui concerne les stocks de véhicules d’occasion récents des professionnels. Je suis donc pour une mesure forte sur quelques mois afin de stimuler ce marché."

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