La filière automobile espère une sortie du tunnel

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Même si une réouverture très encadrée des concessions est espérée pour les 27 et 28 novembre prochains, celle-ci est soumise à la décision finale du président de la République qui interviendra une nouvelle fois le mardi 24 novembre.

© Pixabay
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Lors de la réunion du vendredi 20 novembre 2020, en présence de plusieurs ministres, dont Bruno Le Maire, ministre de l’Économie, les échanges ont porté sur le protocole sanitaire et les adaptations à mettre en place dans la perspective d’une réouverture des secteurs commerciaux présents autour de la table des discussions, dont celui des services de l’automobile, représenté par le CNPA.

« Un protocole de réouverture est envisagé. Il comprendra notamment le respect d’une jauge minimale de 8 m2. Le principe de l’accès aux commerces sur rendez-vous obligatoire est écarté, a commenté Xavier Horent, délégué général du CNPA. La décision finale de réouverture et la confirmation de la date précise seront annoncées mardi prochain par le président de la République. Sa décision est particulièrement attendue alors que nos derniers chiffres enregistrent une nette aggravation au cours des quinze derniers jours ». Et d’ajouter : « Il semblerait donc que notre mobilisation ait porté ses fruits et nous ne pouvons que nous en féliciter. Il reste cependant de nombreuses questions en suspens, et le CNPA reste par conséquent très vigilant ».

Une adaptation du confinement plutôt qu’un déconfinement

Suite à un premier déconfinement raté en mai dernier, le gouvernement préfère parler d’une adaptation du confinement plutôt que le mot « déconfinement »... Les mots ne changent pas grand chose. Les actes et une certaine cohérence dans les mesures seraient un grand progrès. In fine, le président Macron prendra seul toutes les décisions concernant ce déconfinement et nous ne sommes jamais à l’abri de surprises.

Lors de cette réunion, l’opposition entre le ministre de la santé, Olivier Veran, et le ministre de l’Économie et des Finances a été patente. C’est désormais un classique de ce gouvernement réputé dans toute l’Europe pour ses mesures les plus drastiques contre les commerces, dont l’automobile. Un gouvernement qui se distingue aussi par l’originalité de ses contraintes. On retiendra les éternelles attestations de déplacement et la fermeture des rayons non essentiels dans les grandes surfaces. On retiendra aussi bien évidemment la fermeture des concessions automobiles : encore un cas unique en Europe pour des points de vente, avec une surface moyenne supérieure à 400 m2, qui sont sans risques au niveau sanitaire. Toutes les études récentes le démontrent sans aucune difficulté.

Une sortie espérée pour les 27 ou 28 novembre prochains

Une réouverture serait envisagée les 27 et 28 novembre 2020 mais rien n’est pas moins sûr à ce stade.

Trois évolutions ont été évoquées lors de cette réunion :

- L’adaptation de la jauge : celle-ci, de 4 m2 par personne aujourd’hui, passerait à 8 m2 – calculés à partir de la surface globale du point de vente ou de l’entreprise recevant du public, et sans y intégrer le personnel dédié. Les personnes d’un même foyer ou les accompagnants compteront pour une seule personne. La nécessité de renforcer les affichages d’ordre sanitaire à l’entrée des établissements, les points de mise à disposition de gel hydroalcoolique et les signalisations internes de circulation ont également été évoqués.
- De même, un accord a été trouvé pour procéder à un comptage et à un contrôle à l’entrée pour les établissements de plus de 400 m2. Enfin, les secteurs présents se sont engagés à assurer, en particulier, la promotion systématique du téléchargement de l’application TousAntiCovid.
- Concernant les prises de rendez-vous, dont l’obligation ou non a été discutée, il en ressort qu’ils resteraient facultatifs afin de ne pas ajouter de contraintes dans les différentes formes et tailles de commerces. Une simple recommandation sera préconisée, notamment pour l’accueil des personnes vulnérables.

Une sortie du tunnel qui devient très urgente

Pour la filière automobile, la sortie du tunnel devient désormais très urgente. Comme le démontre le baromètre réalisé par le CNPA sur la période du 1er au 15 novembre, l’effondrement des activités des services de l’automobile exige en effet des mesures d’urgence de la part du gouvernement.

Ainsi, la baisse de nouvelles commandes de voitures neuves par rapport à l’année 2019 atteint - 68,5 %, les commandes de ventes de véhicules d’occasion chutant à - 78 %. Cela représente une importante baisse de TVA perçue par l’État, estimée à 1,8 milliard d’euros.

L’illusion du « click & collect » pour les achats de voitures en ligne

Malgré le développement du digital, la vente à distance et le « click & collect » montrent leurs limites dans un commerce qui reste fondamentalement présentiel : 72 % des clients souhaitent réaliser un essai du véhicule ; 86 % des clients de véhicules neufs pensent que le contact humain en concession est essentiel, selon une étude ICDP menée pour le CNPA en octobre 2020. Il est illusoire d’imaginer qu’un achat automobile puisse s’opérer intégralement en ligne, même si un système de distribution multicanal complémentaire se développera progressivement. Selon une enquête effectuée par Identicar du 12 au 15 octobre 2020 auprès de 23 000 membres du club éponyme, 3 % des achats s’effectuent en ligne.

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