La mise en garde de Jose Vicente de los Mozos (Anfac – Renault) par rapport à la norme Euro 7

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« Il y aura de la casse avec la norme Euro 7 si on ne respecte pas la neutralité énergétique », a déclaré José Vicente de los Mozos au nom de l’Association espagnole des fabricants de voitures et de camions. Pour le transport lourd de marchandises et de personnes, le péril est considérable.

Euro 7, quand l'Europe s'autodétruit sous couvert d'exemplarité. © Peugeot
Euro 7, quand l'Europe s'autodétruit sous couvert d'exemplarité. © Peugeot

Euro 7 commence à entraîner des réactions virulentes, dans la mesure où ce nouveau seuil de normes tord le bras au principe de neutralité énergétique et pose des problèmes techniques importants, voire insolubles au vu du calendrier, aux industriels automobiles. Comme le rapporte La tribuna de automocion, le président de l’Anfac (l’Association espagnole des fabricants de voitures et de camions), José Vicente de los Mozos, par ailleurs directeur industriel et de la zone Iberia du groupe Renault, a pointé du doigt les grands risques d’une approche trop rigide de la transition énergétique, lors d’une audition devant les députés espagnols.

« On a tué le diesel et on veut faire de même avec tous les moteurs thermiques », alerte-t-il, en soulignant que si on exclut de nombreuses solutions disponibles, on s’expose en fait à un retour de bâton, pas seulement pour le secteur automobile, mais pour la société dans son ensemble. Euro 6d temp et Euro 6d full ont été atteints, mais avec Euro 7, qui exclut les motorisations thermiques, certains segments ne pourront pas suivre. Les véhicules lourds de transport de biens et de personnes sont clairement remis en question, car leur électrification est complexe. Sans le diesel, il reste le gaz et l’hydrogène. Eu égard à l’état de développement des infrastructures d’avitaillement en hydrogène, par exemple, l’Europe est tout simplement loin du compte, et le calendrier de la norme Euro 7 n’est pas tenable.

José Vicente de los Mozos a également rappelé aux députés que la lutte contre les émissions polluantes ne pouvait pas s’exonérer d’un traitement du parc automobile espagnol dans son ensemble. Le Plan énergie et climat prévoit une réduction des émissions de 50 % d’ici à 2030, avec 3 millions de véhicules électriques mis à la route. Mais que faire des véhicules anciens ? D’ici à 2030, on parle de 19 millions de véhicules à mettre à la casse, dont 90 % de plus 15 ans. Si ce n’est pas fait, les objectifs environnementaux ne seront pas tenus. Si c’est fait, comment les gens vont-ils pouvoir se déplacer, étant entendu que les tarifs de véhicules électriques restent élevés ? « On ne passe pas du marché de l’occasion ancienne aux derniers véhicules électriques », lance Jose Vicente de los Mozos qui assène que « le passage à l’électromobilité est une chose de riches ». Il avance quelques solutions comme une prime à la casse incitative pour sortir les véhicules de plus de 12 ans, une réduction de TVA pour les VE et de nouvelles aides à l’achat, un développement beaucoup plus soutenu des infrastructures de recharge. Autant dire que les pays européens vont sponsoriser des véhicules embarquant des batteries asiatiques, car l’Airbus des batteries ne sera pas constitué en 2030, si jamais il l’est un jour, vu le retard pris sur la concurrence…

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José Vicente de los Mozos.

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