La mobilité francilienne continue de subir l’impact de la crise du Covid-19

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Depuis cet été, le cabinet de conseil Inov360, en lien avec l’Ifpen, analyse les évolutions de la mobilité en Île-de-France, sous l’effet de la crise du Covid. Les impacts sont nombreux (trajets domicile-travail, déplacements professionnels et de loisirs) et les mentalités évoluent.

© DR / Île-de-France Mobilités
© DR / Île-de-France Mobilités

Le cabinet Inov360, en lien avec l’Ifpen, s’est associé avec 22 acteurs du transport et de la mobilité en Île-de-France pour mieux comprendre l’impact de la crise du Covid-19 sur les déplacements dans la région. « Ils représentent une très grande variété de services ou de solutions (transports en commun capacitaires, nouvelles mobilités à bases de véhicules légers (scooters, trottinettes, vélos) ou de voitures (électriques et thermiques) solutions pour la logistique urbaine, paiement à distance, flottes de véhicules, etc.). Aux côtés d’acteurs publics comme l’institut Paris Région, les territoires de Grand Paris Seine Ouest et de Paris Ouest La Défense, et le consortium So Mobility, lancé par la ville d’Issy-les-Moulineaux (92), on y trouve de grands groupes (Orange, Transdev, Mappy, SNCF Réseau ou Total Fleet, par exemple) et des entreprises innovantes de mobilités (Cityscoot, Communauto, Cyclez, Dott, Karos, Marcel, PayByPhone, Stuart, Troopy, Virtuo, Zoov…) », précise Éric Legale, directeur général d’Issy Media.

Le télétravail, une variable en passe de devenir incontournable

Le dernier rapport d’Inov360, le troisième depuis la mise en place du dispositif en juin dernier, indique que 53 % des personnes actives interrogées ne pratiquent pas le télétravail. Pour une grande majorité (60 %), c’est incompatible avec leur activité. On peut relever que pour ceux qui le pratiquent encore à plein temps en raison de la crise sanitaire, 60 % souhaitent retourner au bureau et 91 % considèrent que la combinaison du bureau et du télétravail constitue la meilleure solution. Ils indiquent également 2,3 jours par semaine en moyenne comme leur niveau de pratique idéal.
« Si l’on considère que le télétravail pourrait concerner deux jours par semaine en moyenne environ 40 à 45 % des Franciliens, il permettrait d’éviter durablement un nombre de déplacements très significatifs, de l’ordre du million par jour, avec tous les bénéfices environnementaux induits », commente Vincent Pilloy, fondateur d’Inov360 et coordinateur du collectif.

Des usages en mutation

Par ailleurs, le rapport révèle que les déplacements pour les loisirs sont les plus impactés, avec 54 % des sondés qui indiquent en réaliser beaucoup moins ou un peu moins. Ils sont également 42 % à indiquer une baisse de leurs trajets pour la vie quotidienne. En outre, ils sont 42 % à pointer une baisse de leurs trajets domicile-travail. Et 68 % de ceux qui avaient l’habitude de réaliser des déplacements professionnels les déclarent en baisse. Sans surprise, certes, mais c’est significatif. Si cette « démobilité » est largement subie, dans la perspective d’un retour à la normale, l’examen des réponses fait apparaître que les usages changent. Par exemple, « si par rapport à l’enquête de juillet, + 18 % des répondants ont repris un usage normal des transports en commun, ces derniers restent moins fréquentés qu’avant la crise, au profit des véhicules individuels, mais aussi des mobilités partagées : scooter, trottinettes, vélos, ou voitures en libre-service ou de location ».

Les intentions d’achat « verdissent »

68 % des répondants se disent favorables aux restrictions de circulation pour les véhicules les plus polluants et 67 % affirment être favorables à la pérennisation totale ou partielle des pistes cyclables temporaires mises en place en Île-de-France, ces derniers mois. « Cette volonté de changement apparaît également dans les intentions d’achats de voitures, dans lesquelles la motorisation diesel arrive nettement en troisième position, derrière l’essence, mais surtout l’hybride, l’hybride rechargeable et l’électrique recueillant ensemble 26 % des intentions, en moyenne ». Cette tendance se vérifie aussi sur les intentions d’achat de deux-roues qui concernent 17 % des répondants pour la période du deuxième semestre 2020, dont 63 % se portant sur les vélos et VAE. Cette évolution des mentalités est particulièrement marquée dans la catégorie d’âge des 25-34 ans, souligne Vincent Pilloy. Ils sont notamment 34 % à avoir utilisé les pistes cyclables temporaires et 61 % à plébisciter le forfait mobilités durables.

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