La profession demande une prime à la casse pour les VO de moins de trois ans

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Réunis par AutoScout24.fr, divers représentants du secteur de la distribution automobile ont défendu l’idée d’une prime à la casse de 1 500 euros applicable à l’achat de voitures d’occasion de moins de 3 ans (émettant moins de 160 g de CO2/Km). Reste à être entendu des pouvoirs publics.

La profession demande une prime à la casse pour les VO de moins de trois ans

Mardi 24 mars, le site Internet d’annonces automobiles AutoScout24 a convoqué des représentants de la profession afin de mobiliser les consciences et surtout le gouvernement autour de la question du véhicule d’occasion. « Par l’effet conjugué des primes du bonus écologique du gouvernement et des offres complémentaires faites par les constructeurs en faveur du neuf, les occasions récentes se retrouvent avec un prix de vente proche du neuf ! Ainsi, près de 70 % du stock à vendre chez les concessionnaires est à présent constitué de VO récents », explique l’opérateur.
Objectif : convaincre les pouvoirs publics d’étendre la prime à la casse aux VO récents afin de toucher le plus grand nombre de consommateurs, déstocker les parcs des professionnels (et en sauver certains de bilans financiers désastreux) et stimuler vertueusement les reprises et les ventes de modèles neufs. En sus, l’organisateur de cette table ronde propose d’augmenter cette aide de l’État à 1 500 euros pour toute mise à la casse de véhicules de plus de 8 ans sur une période donnée. « Une durée d’un an me semble suffisant pour réguler le marché », estime Xavier Morvan, dirigeant de Saint-Herblain Automobiles et du réseau de distribution Distinxion*. Si une telle mesure – qui reprend les grandes lignes des propositions déjà émises par le CNPA – était adoptée, pas moins de 10,7 millions de véhicules seraient concernés ! Surtout, le coût serait nul pour le gouvernement. « Le montant de la TVA encaissée à chaque revente pourrait compenser le coût de la prime à la casse. Revendue 10 000 euros, la reprise d’une flotte d’un loueur courte durée, par exemple, rapporterait 1 600 euros à l’État », souligne Éric Bataille, directeur général d’AutoScout24.

« Il n’y a pas de citadelles imprenables »

Interrogé sur les chances d’instauration d’un tel dispositif, Olivier Lamirault, président de la branche VP du CNPA répond : « Il n’y a pas de citadelles imprenables, il n’y a que de mauvais assaillants. Nous essayons d’être de bons assaillants ». Il a, en outre, précisé que Patrick Bailly, président national du Conseil national des professions de l’automobile, faisait partie du comité Chatel. Peu enclin à montrer, jusqu’ici, sa compassion envers l’aval de la filière automobile, le secrétaire d’État chargé de l’Industrie et de la Consommation a peut-être l’occasion de se rattraper... D’autant que, sur la base d’une étude réalisée par le CNPA auprès de 500 professionnels du commerce et de la réparation automobile, 15 000 emplois pourraient être supprimés dans le secteur en 2009 si rien n’est fait pour enrayer la dégradation du chiffre d’affaires de dizaine de milliers d’entreprises qui le composent.

« Il faut inciter les clients à investir dans l’automobile »

« La crise actuelle du VO nous oblige à prolonger nos contrats de location longue durée. C’est autant de voitures neuves que nous n’achetons pas », ajoute Jean-François Chanal, président du Syndicat national des loueurs de véhicules longue durée (SNLVLD). Par effet de cascade, c’est donc toute la chaîne qui est grippée. « Cette mesure serait d’abord bénéfique pour les clients français ! Ils sont nombreux à chercher et à ne pas trouver d’occasion à 6 000 euros. Nous les recherchons actuellement pour eux en Pologne quand, en France, des concessionnaires agonisent. C’est illogique ! », souligne Jean-Roch Piat, directeur général de BCA France et Belgique. Mais l’ennemi numéro un reste l’attentisme de la clientèle. « Il faut les inciter à investir dans l’automobile », interpelle Dominique Allain, directeur général d’EurotaxGlass’s. « Cet abandon des pouvoirs publics vis-à-vis du marché VO est incompréhensible », s’insurge Xavier Morvan. « Il y a un vrai tas de sable qu’il faut faire exploser », renchérit Jean-charles Herrenschmidt, président du groupement des concessionnaires Peugeot. Le gouvernement appuiera-t-il sur le détonateur ?

* 12 000 ventes/an via 75 distributeurs.

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