La profession réagit vivement aux mesures pro-industrielles du gouvernement

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La gestion purement " industrielle " faite par le gouvernement de la crise qui frappe le secteur automobile pousse les représentants de l’aval de la filière à plaider leur cause.

La profession réagit vivement aux mesures pro-industrielles du gouvernement

Les États généraux de l’automobile ont laissé un goût amer aux distributeurs et réparateurs du secteur qui se sont, à juste titre, sentis oubliés des débats, voire écartés des enjeux. Les mesures qui ont découlé de cette journée consultative - cristallisées par les aides accordées aux constructeurs et leurs filiales bancaires ainsi qu’aux équipementiers - ont achevé d’entériner l’ordonnance industrielle choisie par l’État français pour soigner le malade automobile. Ainsi, à quelques jours d’intervalle, le Conseil national des professions de l’automobile (CNPA) et l’association européenne des distributeurs indépendants d’automobile (EAIVT) ont, chacun à sa façon, tiré la sonnette d’alarme :

Réaction du CNPA

« La filière ne se résume pas à sa seule composante manufacturière. La crise n’épargne pas la distribution et les services de l’automobile : les marchés du véhicule particulier, notamment du véhicule d’occasion, du véhicule industriel ou de la location sont dans une situation économique difficile qui risque de s’aggraver à court terme. 450 000 salariés travaillent dans la distribution et les services de l’automobile. Ces emplois non délocalisables irriguent l’ensemble des territoires par le biais de 90 000 entreprises. À quoi bon soutenir la production de véhicules s’il ne reste plus de professionnels pour les vendre, les louer, les entretenir et les recycler...? En tant que membre du Comité pour l’avenir de l’automobile, ainsi que du Groupe de travail sur le véhicule décarboné, le CNPA continuera de suivre très attentivement les travaux à venir et de défendre ses propositions. La pérennisation de ce comité augure d’un processus qui n’en est qu’à son commencement. »

Réaction d’Alain de Wagter, fondateur et porte-parole de l’EAIVT* (photo ci-contre)

« Je suis scandalisé par les propos de certains intervenants et les décisions annoncées lors des États généraux du 20 janvier dernier. Les réseaux de distribution primaires et secondaires n’ont pas été pris en compte ! Si rien n’est fait pour les soutenir, il n’est pas exclu qu’ils subissent le même sort que les stations-services 28 ans plus tôt. Il y en avait 40 000 en 1980. Il n’en reste plus que 10 000 aujourd’hui. Plus de 30 % des distributeurs peuvent disparaître ! Pensez-vous qu’il soit normal que la rentabilité moyenne d’une concession de marque généraliste soit de 0,6 % ou que la marge nette obtenue pour la vente d’un modèle à succès du segment B soit de 85 euros ? Nous déplorons qu’aucun thème de réflexion n’ait été mené sur un nouveau mode de distribution en France, dont le e-commerce. Rien, non plus, n’a été dit au niveau de l’échéance 2010 et la fin du régime spécial dont bénéficie l’automobile depuis 30 ans. N’est-il pas temps de l’assimiler à tous les autres produits commercialisables comme l’ordinateur, le téléphone portable (...) dont le réseau de distribution est véritablement leur vecteur de ventes ? Personne n’a rapporté, pendant ces États généraux, la situation désespérée d’une majorité de distributeurs agréés qui subissent les conséquences désastreuses d’un contrat de distribution complexe, imposé suite à la décision de 2002 de la Commission européenne. Connaissez-vous, par ailleurs, un autre secteur qui fasse l’objet d’une braderie permanente aussi excessive ? Nous demandons donc le retour au tarif de référence. Comme les autres commerces, il y aurait deux périodes annuelles de solde - janvier et juillet - en vue de déstocker ! Le reste du temps, le tarif serait appliqué ! Par ricochet, il n’y a plus, aujourd’hui, de valeur de référence sur le VO. La dépréciation actuelle est à son comble. Qui va payer le manque à gagner ? Enfin, puisque le remède choisi a été de prêter 6 milliards d’euros aux constructeurs, nous demandons une traçabilité de ces milliards. La contrepartie, c’est la transparence. Enfin, la préservation de la production en France étant le sujet principal des débats, nous nous étonnons que personne ne se soit étonné de l’absence d’un représentant de Toyota Valenciennes. »

*European Association of independant vehicle traders.

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