Le contrôle technique d’un extrême à l’autre

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Le secteur du contrôle technique a connu une année particulièrement chahutée en 2020. Derrière un bilan en hausse en matière d’opérations de contrôle, l’année a été marquée par la crise sanitaire. Une situation qui a entrainé une activité irrégulière, alternant fermetures et plannings surchargés.

Crédit photo : Sécuritest
Crédit photo : Sécuritest

Les chiffres bruts du bilan annuel du contrôle technique communiqués par l’UTAC-OTC ne reflètent pas une année 2020 très particulière. Si l’année s’est terminée sur une hausse des contrôles périodiques de 2,17 %, ces opérations se sont concentrées sur des périodes particulières. Ainsi, 20 394 196 contrôles ont été effectués l’année dernière, dont 17 615 696 pour les véhicules particuliers, 2 577 717 pour les utilitaires légers, 173 452 pour les véhicules soumis à une réglementation spécifique et 27 331 pour les véhicules de collection. « Au-delà d’une année proche en chiffres d’une année normale, nous avons dû mener une action volontariste et collective pour demander la fermeture des centres de contrôle technique. Nous redoutions d’être des lieux accélérateurs de la pandémie » explique Laurent Palmier, président de Sécuritest. Un arrêt de l’activité dans un contexte alors favorable aux centres agréés, qui connaissaient une bonne fréquentation. « C’est compliqué pour un chef d’entreprise de fermer lorsqu’il a une grosse activité » remarque le président, qui souligne cependant que dès la reprise autour du 20 avril, « tout s’est emballé, avec de nombreux automobilistes en retard, auxquels s’ajoutaient ceux qui ne l’étaient pas ». Une situation qui a engendré une activité soutenue jusqu’à l’été, malgré l’annonce par l’Etat d’un délai supplémentaire pour les retardataires.

Baisse des contre-visites

A l’issue de cette année compliquée, le taux de véhicules particuliers ne comportant aucun défaut a légèrement baissé, passant de 10,69 % en 2019 à 10,39 % en 2020. Cette baisse est plus marquée pour les utilitaires légers, avec 7,39 % en 2019 et 6,69 % en 2020. Parallèlement à cette légère dégradation, le pourcentage de contre-visites a baissé, avec un taux de 21,21 %, contre 21,67 % en 2019. Sur ce nombre, 0,86 % des véhicules ont dû subir une contre-visite pour défaillance critique. Un pourcentage faible dans l’absolu mais qui représente tout de même 175 000 véhicules dangereux. Pour mémoire, près de 129 points de contrôle peuvent conduire à une défaillance critique. Sur les seuls véhicules particuliers, le taux atteint 0,80 %. Il s’élève à 1,28 % pour les utilitaires légers, soit un peu moins de 33 000 VUL. Sur l’ensemble du parc des véhicules légers contrôlé, les défaillances critiques proviennent notamment des pneumatiques et des freins.
Année après année, les principaux motifs de contre-visites restent les mêmes. Globalement, feux et pneumatiques concentrent une bonne partie des défauts rencontrés par les contrôleurs. Trop de pneus sont usés ou abimés, trop de feux sont absents ou mal réglés et les niveaux d’opacité des fumées pour les véhicules diesel sont trop élevés.

Hausse des indépendants

Autre phénomène croissant sur le secteur du contrôle technique, le nombre de centres agréés sans enseignes augmente. Au nombre de 1006 en 2019, ils étaient 1054 en fin d’année 2020. De son côté, le nombre total de centres a augmenté de 66 établissements, en passant de 6400 à 6466 sites. Cette croissance est donc largement due aux indépendants. Les candidats à l’ouverture d’un centre de contrôle se heurtent aujourd’hui à un maillage serré des grandes enseignes. Pour s’installer là où ils le souhaitent, ils doivent donc faire cavalier seul. Leur nombre augmentant, leur part de marché suit le même chemin. Un poids qui atteindrait 14,9 % du marché selon Sécuritest.

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