Le gouvernement enclenche l’examen d’un futur plan de relance automobile

Publié le par

Au moment où le gouvernement enclenche cette semaine l’examen d’un plan de relance pour l’automobile, qui devrait être mis en oeuvre en septembre prochain, l’incertitude est totale concernant la relance par la consommation. Celle-ci concernera-t-elle uniquement les véhicules électrifiés ? Les véhicules thermiques propres seront-ils inclus dans le dispositif ? Et cela change tout pour l’avenir de la filière.

© gouvernement.fr
© gouvernement.fr

Le 4 mai 2020, le ministre de l’économie et des finances Bruno Le Maire a annoncé le lancement de l’examen des prochains plans de soutien pour les deux secteurs clés de l’économie : l’aéronautique et l’automobile.

Soutien aux véhicules électrifiés ou "propres"

Au niveau de l’automobile, secteur à l’arrêt depuis le 17 mars dernier, le ministre envisage d’ores et déjà de soutenir la consommation des véhicules électriques et propres. Pour rappel, en avril 2020, les ventes de voitures particulières ont enregistré une baisse de près de 90% des immatriculations et 48% depuis le début de l’année.

Rappelons qu’avec près d’un million de véhicules neufs et d’occasion récents en stock dans les réseaux, l’automobile a grandement besoin d’un plan de relance de la consommation. A l’occasion de cette crise, les Français auront épargné près de 55 milliards d’euros, une somme importante qui pourrait favoriser la reprise de la filière automobile. La relance par la consommation est donc la seule voie possible pour remettre la machine en route.

Les mauvais choix des pouvoirs publics avant la crise

Pourtant, avant la crise sanitaire, n’oublions pas que le gouvernement français avait déjà fait les mauvais choix en favorisant uniquement les véhicules électrifiés en rupture complète avec les motorisations thermiques, taxant ces derniers à travers de nouvelles grilles de malus renforcées par la nouvelle homologation WLTP. Des décisions qui avaient abouti avant le 17 mars dernier à un ralentissement important des ventes. Sous le seul prétexte environnemental, l’économie de la filière automobile n’a pas les capacités de suivre une révolution totale vers l’électrique. Tout le monde l’a bien compris : cette évolution doit être mesurée afin de permettre à l’automobile d’absorber les investissements nécessaires pour y parvenir tant au niveau de la filière amont que l’aval.

40% de la valeur ajoutée d’un véhicule électrique détenue par la Chine

Si dans sa déclaration, le ministre entend par "véhicules propres" les motorisations essence et diesel moins polluantes, ce plan de relance aura toutes les chances de réussir. Dans le cas contraire, un plan qui ne concernerait que les véhicules électrifiés n’aurait aucune chance de permettre à la filière automobile de se relever rapidement pour au moins trois raisons majeures : 40% de la valeur ajoutée d’un véhicule électrique est détenu par la Chine majoritairement à travers les cellules de batterie lithium-ion, un véhicule électrifié coûte de 20 à 30% plus cher qu’un véhicule thermique classique et l’après-vente sur un véhicule électrifié est réduit d’au moins 40% par rapport à un thermique.

L’arbitrage entre une vraie relance de la consommation automobile et la ligne environnementale vers le tout électrique suivie depuis quelques années sera déterminant pour l’avenir la filière automobile à partir de septembre prochain.

Voir aussi :

En partenariat avec le En partenariat avec CNPA
A la une
La quotidienne Auto-infos